Heredite des malocclusionsPublié par Flaggada le 17/04/2010 (1185 lus)
Les études principales sur le coté héréditaire des malocclusions
I. HERITABILITE DES CLASSES II• Etude de HARRIS, KOWALSKI, WALKER ; AJO 1975, 67 (5) : 563-69.Cette étude a établi les coefficients de corrélation au sein de plusieurs familles (père, mère, frère, sœur) pour quelques mesures dento-faciales. Résultat :la classe II/1 dépend de l’action combinée de gènes au niveau de différents loci plutôt que sur un seul allèle. Cette théorie, reconnue par plusieurs autres études, reconnaît le modèle polygénique pour la transmission des malocclusions de classe II/1. • Etude de REGAN et SUBTELNY ; AJO 1989, 95 (3) : 192-99.Beaucoup de facteurs interviennent pour créer une malocclusion. Largement, cela inclut le potentiel génétique de l’individu et les facteurs environnementaux ou locaux. Les malocclusions de classe II/1 pourraient résulter à la fois des schémas squelettiques et dentaires transmis héréditairement et d’un facteur environnemental additionnel tel que la succion du pouce ou une autre parafonction. • Etude de PECK, PECK et KATAJA ; Angle Orthod., 1998, 68 (1) : 9-20.La classe II/2 sévère ou « deckbiss » se caractérise par un fort développement vertical postérieur de la mandibule avec rotation mandibulaire antérieure et hypodivergence squelettique. Dans le sens antéro-postérieur, la relation dentoalvéolaire maxillo-mandibulaire est relativement normale, et la région basale du corpus mandibulaire apparaît très développée au niveau antérieur, entraînant une projection osseuse mentonnière antérieure excessive. Au niveau dentaire, les diamètres mésio-distaux des incisives maxillaires et mandibulaires de l’échantillon analysé sont significativement plus petits que ceux de l’échantillon témoin. La réduction de la taille des dents serait un trait systématiquement associé aux malocclusions de classe II/2. Cette découverte d’un schéma caractéristique de transmission d’éléments squelettiques et dentaires (diamètres mésio-distaux) indique la présence d’une forte influence génétique dans la formation des malocclusions de classe II/2. • Etude de PANCHERZ ; Angle Orthod., 1999, 69 (4) : 321-4.Une paire de jumeaux monozygotes avec des phénotypes de malocclusions différents (classe II/1 et classe II/2) est présentée. Cette étude supporte l’hypothèse que l’hérédité n’est pas le seul facteur de contrôle de l’étiologie des malocclusions de classe II/2. II. HERITABILITE DES CLASSES II ET DES CLASSES III• Etude de HARRIS, KOWALSKI, WALKER ; AJO 1975, 45 (2) : 103-6.Bien que l’existence d’une influence héréditaire sur la morphologie dento-faciale et sur l’étiologie de la prognathie mandibulaire est largement acceptée, une revue de la littérature révèle que le mode de transmission de la malocclusion de classe III a été successivement attribué à un seul gène dominant Mendélien, un gène dominant irrégulier, un gène dominant avec pénétrance incomplète, un gène autosomique récessif et un modèle polygénique à seuil, c’est-à-dire un modèle dans lequel la susceptibilité à un trait donné a une distribution normale (Gaussienne), mais la population est divisée en types « normal » et « anormal » par une valeur seuil. La confusion existe même pour savoir si la transmission de la malocclusion de classe III pourrait être liée au sexe. Il semble aujourd’hui clair que le modèle de transmission polygénique (multifactoriel) convient le mieux aux données actuelles pour les malocclusions de classe II et de classe III. Cette étude a montré que ce modèle et bien applicable. Le simple mode de transmission Mendélien (aussi bien dominant que récessif) est insuffisant pour corroborer les observations de modèles familiaux.
Le but de cette étude était de montrer le rôle de l’hérédité dans le développement des malocclusions de classe II et de classe III d’Angle en comparant les différences de morphologie craniofaciale entre les parents d’enfants porteurs de classe Il et ceux de classe III et en analysant les corrélations parents-enfants dans chacun des groupes de classe II et de classe III. A partir de téléradiographies de profil des parents et des enfants, des diagrammes ont été superposés entre les deux groupes de parents et d’enfants. Les résultats obtenus ont été les suivants : 1- les parents de patients atteints de classe II avaient un profil convexe avec une distoclusion dentaire, tandis que les parents de patients atteints de classe III avaient un profil concave avec une mésiocclusion dentaire. Cela suggère qu’aussi bien les malocclusions de classe II et de classe III ont une base génétique. 2- les corrélations entre parents les enfants étaient plus fortes pour les mesures squelettiques dans les deux classes. Le schéma squelettique est ainsi plus directement relié aux facteurs génétiques. 3- des coefficients de corrélation entre parents et enfants ont été en accord avec le modèle supposé polygénique de transmission. 4- des différences significatives entre classe II et III pour certaines variables ont été considérées comme reliées à des facteurs environnementaux. Ainsi, il semble exister une forte tendance familiale dans le développement des malocclusions de classe II et de classe III. Les auteurs concluent que le schéma héréditaire doit être pris en considération dans le diagnostic et le traitement des patients porteurs de malocclusions de telles classes. Ainsi devrait-on tenir compte du schéma familial lors des prévisions de croissance (par exemple de RICKETTS). Dans des études des variations ethniques sur la forme faciale, Enlow a suggéré que la tendance à la classe Il est plus importante chez les Caucasiens car leur fosse crânienne antérieure est longue et étroite, tandis qu’il y a une plus grande tendance à la classe III chez les orientaux, qui développent une forme crânienne de type brachycéphale. III. HERITABILITE DES CLASSES III• Etude de LITTON et al. ; AJO 1970, 58 (6) : 565-77.Revue de la littérature : la fréquence de la prognathie mandibulaire et de la malocclusion de classe III est relativement faible dans la population générale : environ 1%. Cette fréquence augmente chez les noirs où elle est d’environ 4%. Un certain nombre de facteurs environnementaux ont été décrits dans la contribution du développement du prognathisme mandibulaire. Parmi ceux-ci on trouve : grosses amygdales, difficulté de respiration nasale, problème anatomique congénital, maladie de l’hypophyse, perturbations hormonales, déséquilibres endocriniens, une habitude de protrusion de la mandibule, posture, trauma et maladie, perte prématurée de la dent de 6 ans, éruption irrégulière des incisives permanentes ou perte des incisives lactéales. L’influence familiale est clairement établie dans le prognathisme mandibulaire et la malocclusion de classe III, mais l’étiologie est multifactorielle. L’étude d’un grand échantillon de patients a montré que la transmission de la malocclusion de classe III ne peut se faire par un mode autosomique dominant, ni par un simple mode autosomique récessif. Ainsi un modèle polygénique avec seuil pour l’expression pourrait fournir la meilleure explication pour le développement des malocclusions de classe III. La transmission ne semble pas liée au sexe. • Etude de NAKASIMA et al. ; AJO 1986, 90 (2) : 106-16.Les auteurs ont tenté de séparer les facteurs génétiques et environnementaux liés au développement du pseudo- et du prognathisme mandibulaire vrai. Un diagnostic différentiel de ces deux types de mésiocclusions a été fait, en fonction du glissement antérieur de la mandibule ou non par un guidage incisif (pseudo-prognathisme mandibulaire = pseudo-classe III = classe III apparente = classe III posturale = classe III fonctionnelle). À l’aide de téléradiographies de profil faites sur 66 patients porteurs de pseudo-, 48 porteurs de mésiocclusions vraies et 52 sujets contrôle, ainsi que leurs parents respectifs, les caractéristiques morphogénétiques craniofaciales de chaque mésiocclusion ont été déterminées. Une tendance familiale à la prognathie squelettique a été notée à la fois chez les cas de pseudo-mésiocclusion et de vraie mésiocclusion ; donc la distinction de ces deux types de mésiocclusions n’est pas valable puisqu’elles sont toutes les deux liées à l’hérédité. Les caractéristiques de prognathie dans les deux groupes de patients porteurs de mésiocclusion semblent liées au côté maternel plutôt que paternel. Mais à peu près toutes les différences morphogénétiques significatives entre les deux groupes de patients porteurs de mésiocclusions ont été liées aux facteurs environnementaux. L’angle goniaque obtus est une des plus remarquables caractéristiques chez les patients porteurs de mésiocclusion vraie. Cet angle goniaque est significativement plus grand chez les patients porteurs de mésiocclusions vraies que dans les deux autres groupes, et des corrélations hautement significatives entre les patients et leurs parents ont été notées dans tous les groupes. Cependant l’angle goniaque obtus semble lié aux facteurs environnementaux. • Etude de THOMPSON et WINTER. ; J Med Genet 1988, 25 (12) : 838-42.Les auteurs décrivent une famille de trois générations avec les caractéristiques familiales similaires à celle de la famille royale Habsbourg, incluant prognathisme mandibulaire, lèvre inférieure épaisse, nez proéminent, souvent déformé, région malaire plate, et paupières inférieures légèrement éversées. Un enfant avait même une craniosténose qui pourrait faire partie du syndrome.
Le prognathisme mandibulaire est supposé être un trait polygénique dans la très grande majorité des cas. Dans quelques familles, ce phénotype et peut-être un syndrome avec un grand nombre d’anomalies faciales semble être déterminé par un seul gène dominant d’une très faible fréquence (McKusick). Le phénotype est connu pour être apparu indépendamment dans quelques familles nobles européennes. Les auteurs ont construit un pédigree comprenant 13 de ces familles avec 409 membres dans 23 générations dans lesquelles le prognathisme mandibulaire a été mis en évidence. Evidemment, le gène dominant présumé n’est pas entièrement pénétrant. L’analyse de pédigree met en évidence une estimation maximale de ressemblance de p = 0,955 du paramètre de pénétrance. Tags:
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