Les elastiques inter maxillairesPublié par Flaggada Professionnel orthodontie le 22/10/2009 (3235 lus)L'article avec les schémas en téléchargement c'est par ici Les élastiques intermaxillaires sont des élastiques tendus d’une arcade à l’autre, engendrant des forces inter-maxillaires. Ils sont classés selon leur direction de traction, leur localisation, leur action. Le premier élastique connu fut le caoutchouc naturel extrait de l’hévéa, utilisé par les Incas et les Mayas. En 1892, Calvin Case, est le premier à utiliser les élastiques intermaxillaires pour corriger les malocclusions. Utilisés par Herbst, Angle, Adams, Izard avec des appareillages amovibles, ils sont actuellement des auxilliaires précieux dans la conduite de nos traitements fixes multi-attaches. La prescription d’élastiques intermaxillaires doit être appropriée, individuelle ; elle nécessite la compréhension et la coopération du patient sous peine d’effets indésirables pouvant compliquer le traitement. I DESCRIPTION DES ELASTIQUES INTERMAXILLAIRES I.1 LES MATERIAUX Le terme élastomère est un terme général englobant les matériaux capables de retrouver leur dimension originale immédiatement après la cessation de la force substantielle de distorsion. Le matériau élastique présente généralement trois propriétés :
Sous le terme d’élastomère, on distingue :
Les élastiques orthodontiques sont présentés en différentes tailles, épaisseurs, selon les forces désirées. Ils sont présentés en pochettes plastiques (contenant 100 élastiques), décorées de différents symboles pour aider le patient à reconnaitre les élastiques mentionnés dans la prescription. Le degré de force est indiqué avec des codes de couleurs, de prénom, ou de sports, ou d’animaux, de pays, de plantes, de fruits, de jouets, d’objets.... Les élastiques sont étalonnés en onces (un once correspondant à 28,35 grammes). Ils délivrent la force pour laquelle ils sont prescrits lorsque leur longueur est égale à trois fois la longueur initiale. Le dynamomètre permet de mesurer l’intensité de la force délivrée par l’élastique mis en place. I.2 AVANTAGES :
I.3 INCONVENIENTS DES EIM Les EIM se détériorent et perdent leur mémoire élastique : ils se gonflent et deviennent odorifères avec le temps et le séjour en bouche. Ils sont affectés par l’environnement oral, le pH, la salive, la plaque dentaire, le temps, la nourriture et les boissons. Plus l’élastique est porté, plus la mémoire élastique est faible selon HIXON. Après deux heures en bouche, le module de force élastique décroit de près de 30%, de plus de 40 % après trois heures : cela signifie que les élastiques doivent être changés régulièrement selon la prescription de l’orthodontiste. Les forces ne sont pas constantes : l’activation est augmentée par les mouvements mandibulaires. Des forces variables et imprévisibles peuvent être exercées si la prescription n’est pas bien expliquée et contrôlée. Les élastiques peuvent être placés de façon erronée ou excessive (entrainant une correction excessive, une version excessive des incisives ou des molaires, une perte d’ancrage, une supraclusion ou extrusion indésirable, des rotations exagérées, un problème parodontal et des résorptions radiculaires). Il est à retenir que le port prolongé d’élastiques de classe II peut entrainer une occlusion de convenance (dual bite) : le patient simule la malocclusion corrigée. Ils peuvent entrainer une guidance incisive délétère par béance antérieure ou supraclusion, source de dysfonction Leur action est dépendante de la motivation et de la coopération du patient : L’adhésion du patient est essentielle, et son évaluation clinique est difficile avant le traitement. Certains facteurs prédictifs de cette coopération peuvent être pris en compte : - le sexe : les filles sont généralemnt plus coopératives. - l’âge : les enfants de moins de dix ans sont généralement plus coopératifs que ceux plus âgés. - le statut socio-économique - la personnalité (apathie...) - la douleur, la gêne Le port d’élastiques intermaxillaires peut entrainer des myalgies, des arthralgies, des limitations fonctionnellles mandibulaires, des dyskinésies mandibulaires, des bruits articulaires accrus (claquements, crépitations, laxité ligamentaire), des interférences dentaires source de mobilités, douleurs, problèmes parodontaux, une croissance excessive ou insuffisante. Il est à noter que la coopération n’ets pas liée à la gravité de la malocclusion. La communication, l’explication sont essentielles. La prescription d’élastiques requiert une prescription écrite pour renforcer le message. Le praticien doit expliquer pourquoi le patient doit porter les élastiques, quand, comment. Il doit vérifier la compréhension du message et que le patient effectue correctement la mise en place des élastiques. Le praticien doit veiller à la coopération et à la motivation tout au long du traitement : il doit évaluer l’insuffisance des progrès de correction, l’amélioration des moyens de motivation, et évoquer les menaces decomplication en cas de non compliance (augmentation de la durée du traitement, possibilités d’extractions, ou de chirurgie..) I.4 PRINCIPES DE PRESCRIPTION L’application de la force a une influence stratégique sur le mouvement orthodontique par l’intermédiaire des arcs et des élastiques. Histologiquement,le mouvement orthodontique optimum est observé dans le respect de l’intégrité du système vasculaire. Une force optimum ne devrait pas excéder la pression sanguine capillaire (20 à 25 g/cm2). si les forces sont supérieures à ce niveau, les observations cliniques démontrent une strangulation possible du ligament et quelques fois une résorption radiculaire. Selon l’intensité de la force, on peut distinguer les forces :
Selon la théorie de Brian Lee, la valeur moyenne de la prescription de la force permettant de corriger une malocclusion sagittale est de 200 grammes par centimètre carré de surface de face radiculaire. Selon Ricketts, l’intensité de la force serait de 150 g/cm2. La taille de la surface radiculaire exposée à un mouvement sagittal est mesurée en cenitmètres carrés : chacune des dents peut être évaluée par rapport à une force nécessaire basée sur la surface radiculaire impliquée. Cela équivaut à une force de 635 grammes au maxillaire et 550 grammes à la mandibule, pour déplacer l’ensemble des dents. Les arcs continus augmentent les forces frictionnelles , de ce fait , cela implique l’emploi de forces lourdes pour déplacer les dents. Afin d’utiliser des forces plus légères, un système mécanique sans friction peut être préconisé avec des arcs segmentés. L’intervalle des rendez vous peut être régulé selon la gravité de la malocclusion. Plus le décalage de la relation sagittale est important , plus l’intervalle de temps entre les premières visites sera long. Les intervalles de visite et le port des élastiques dépendent de l’ancrage utilisé, de l’importance du mouvement à réaliser, de la typologie et de la croissance du patient, de la technique d’arcs utilisés, de la motivation du patient et de sa situation parodontale. II INTERETS DES ELASTIQUES INTERMAXILLAIRES Ils permettent de déplacer une dent par rapport à une dent antagoniste (correction d’un articulé inversé), par rapport à un secteur d’arcade (distalage d’une canine par exemple), de déplacer une arcade alévéolodentaire par rapport à son antagoniste (correction d’une malocclusion de classe II ou III) . Ils permettent d’établir des rapports entre arcade alvéolodentaire et os basal (la préparation d’ancrage par exemple). Ils peuvent être utilisés afin d’augmenter la résistance au déplacement des zones d’ancrage, afin de contrôler le torque antérieur, ou l’orientation du plan d’occlusion. Ils permettent de modifier l’orientation de la croissance faciale lorsque le sujet présente un potentiel de croissance. Ils permettent de rétablir une esthétique faciale dans le cadre des béances, latéromorphoses (il est à noter que ce facteur esthétique peut constituer une contre indication à l’emploi des EIM). EIM A TRACTION SAGITTALELES ELASTIQUE DE CL II Ce sont des elastiques inter-maxillaires obiliques allant de la molaire mandibibulaire à un dispositif en avant de la canine maxillaire. Ils permettent de réajustement d’une arcade par rapport à l’autre, donc la correction des malocclusions de cl.II Principe biomécanique : Action sur la molaire inférieure : Les coposantes de la force appliquées à cette dent provoquent : son égression , sa version corono-mésiale . Action sur la molaire superieure : Légère ingression, version corono-distale. Action sur les dents inférieures : Les incissives s’ingressent et se versent en avant. L’arcade subit une translation mesiale dans son ensemble.
Action sur les dents supérieures : Elles se versent en arrière, et les incisves supérieures égressent et deviennent plus verticales . L’ensemble de l’arcade inférieure avance par rapport à l’arcade supriéure, ce qui corrige la classe II. Dans le sense transversal, les dents maxillaires recouvre les dents mandibulaires selon des clès de l’occlusion. De c’est fait, le forces élastiques vont provoquer linguoverion des dents maxillaires et une vestibulo-version des dents mandibulaires. Dans le sens vertical, on imprimera de « tip-back-bend » pour contrecarrer les effets non dèsirés. Action sur le plan d’occlusion : Il subit une rotation en bas et en avant. Action sur la mandibule : Du fait de l’égression molaire, la mandibule fait une rotation autour du centre de condyle, le menton s’abaisse et recule . On a une agmentation du FMA. Les sens vertical de l’étage inférieur de la face est augmenté. Action sur l’occlusion : Les sujet peut présenter une modification du réflexe de fermeture,par action prioproceptive, la position des condyles dans ATM est modifiée : la mandibule « proglisse ». INDICATONS DES EL CL II Ils sont indiqués dans les cas de classe II ou cl I dentaire de type squeletique, cl II deep bite ou cl I normal :
CONTRINDICATION Ils sont formellement à exclure dans tous les cas ou le schéma squelettique est open bite, c’est-à-dire en excès vertical. LES ELASTIQUES DE CL III Ce sont des elastiques inter-maxillaires obiliques allant de la molaire maxillaire à un dispositif en avant de la canine mandibulaire. Leurs effets sont donc inverses à ceux des élastiques de classe II, (sauf sans transversal ): Action sur l’arcade supérieure La molaire supérieure subit une extrusion occlusale avec version corono-mésiale. Les incisives supérieures se versent vestibulairement. L’arcade supérieure fait une translation mésiale Action sur l’arcade inférieure La molaire inférieure fiat une version corono-distale. Les incisives inférieures font un mouvementd’ extrusion occlusal avec version linguale. L’arcade inférieure dans son ensemble réalise un mouvement distal. Action sur le plan d’occlusion Les rapports d’occlusion se normalisent en position intercuspidienne correcte. Le plan d’occlusion bascule légèrement ver le haut au niveau antèrieure. Action sur le schéma facial La mandibulefait une rotation postérieure Le menton s’abaisse et recule. Le sens vertivcal de l’étage inférieur de la face est augmentée. LES ELASTIQUES INTERMAXILLAIRES CL II / CL III Ils s’agit d’une combineson d’utilisation avec élastiques de classe II d’un côté et élastiques de classe III de l’autre. Ils sont indiquée pour la correcton des lignes médianes pour autant que la non-coïncidence des poins interincisfs ne soit pas due à une anomalie de la position de la mandibule (latéro-déviations ou latérognathie mandibulaire). Néanmoins, la mise en place de centte mécanique est très dangereuse pour le sens vertical car elle entraîne une bascule du plan d’occlusion dans le plan frontal.
Ils sont dans tous les cas contre-indiqués dans les rotations postérieures de la mandibule. LES ELASTIQUES INTER MAXILLAIRE POUR DISTALER LES CANINES : « JIG DE TWEED » Dans le cas où la distalisation de 13 et 23 s’impose, en EIM est est tendu de la molaire inférieure (qui joue ici un rôle d’ancrage par solidarisation de l’arcade mandibulaire et préparation d’ancrage légère) à un système coullissant sur l’arc supérieur qui permet l’application de la F en mésial de canine. Cela revient au mê me si l’on accroche l’élastique directement sur la canine (Kobayashi) ou sur un crochet coulissant en mésial canine. La canine est guidée et se déplace parallèlment à elle-même. La composente d’égression à ce mouvement est annulée pae solidarisation de l’arcade sur un arc lourd LES ELASTIQUES INTER-MAXILLAIRES POUR ARTICULE CROISE INCISIF Ils sont indiqués quand
EIM A TRACTION VERTICALELES ELASTIQUES VERTICAUX SIMPLES ANTERIEURES OU LATERAUX Leur action : essentiellement verticale, elle amène une égression des dents maxillaires et des dents mandibulaires, ainsi qu’une légère version vestibulaire des dents mandibulaires et une légère version palatine des dents maxillaires. LES ELASTIQUES VERTICAUX EN BOITE , EN ACCORDEON C’est une variente des élastiques verticaux. Ils apportent une composente horizontale et donc ainsi une translation des dents concernées ; INDICATIONS
LES EIM A TRACTION TRANSVERSALE OBLIQUELES EIM OBLIQUES ANTERIEURES Ils permettent le repositionnement du milleu incisif. Les élastiques inter-maxillaires sont tendus de part et d’autre de la ligne médiane et de l’arcade maxillaire à l’arcade mandibulaire. La bascule du plan d’occlusion est difficilement controlable. Il faudrait diminuer les composantes verticales ( celles-ci augmentent quand l’angulation de la F avec le plan d’occlusion augmente). La diminution de la composente d’égression (sur I sup et inf) dépend :
LES EIM POUR ARTICULE CROISE MOLAIRE OU CRISS-CROSS Si l’articulé est serré, l’utilisation d’un plan de surélévation s’avère indispensable car la composante verticale bloque l’occlusion et le « saut d’articule » ne se réalise pas. Ils sont contre indiqués dans tous les cas d’excès vertical. Ce sont des élastiques à surveiller de près car ils peuvent créer parfois une latéro déviation mandibulaire lorsqu’ils sont portés unilatéralement. LES EIM A TRACTION COMBINEEOn peut associer une action verticale et une action sagittale. Par exemple : Les élastiques triangulaires de cl II Ils partent de 3 point d’ancrage mandibulaire (M1,PM2,PM1) à la PM1 maxillaire. Les elastiques triangulaires de cl III
Ils sonr tendus entre 3 points d’encrage maxillaire et la PM mandibulaire. Ils sont indiqués dans les cas de cl III avec rotation antérieure de mandibule. Ils sont contrindiqués dans les cas de cl III avec rotation postérieure de mandibule. CONCLUSION L’action mécanique des élastiques inter-maxillaires doit être attentivement surveillée quel que soit le but dans lequel on les utilise. L’important cependant, avant d’enteprendre un travail est de savoir d’où l’on part, ce que l’on veut obtenir, en fonction de la technique multibague considérée et des connaissances théoriques et pratiques de l’orthodontiste. Tags:
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