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Les monoblocs

Publié par Flaggada le 24-02-2009 (4959 lus)

THERAPEUTIQUES FONCTIONNELLES MONOBLOCS

THERAPEUTIQUES FONCTIONNELLES MONOBLOCS

 

1-   INTRODUCTION

2-   HISTORIQUE

3-   RAPPELS

3.1- ANATOMIE

3.1.1- L’articulation temporo-mandibulaire

3.1.2- Les muscles masticateurs

3.2- PHYSIOLOGIE MUSCULAIRE

3.2.1- Elasticité et contractilité

3.2.2- Tonus, posture et position de repos mandibulaire

3.3- CROISSANCE

3.3.1- Croissance du maxillaire

3.3.2- Croissance de la mandibule

3.3.3- Théories de la croissance cranio-faciale

3.3.3.1- La théorie génétique (Weinmann Sicher 1955)

3.3.3.2- La théorie cartilagineuse (Scott 1967)

3.3.3.3 - La théorie des matrices fonctionnelles (Moss 1968)

3.3.3.4- La théorie du servosystème de la croissance facial (Petrovic 1974)

3.3.3.5- La théorie de Van Limborg (1970)

4-   L’EFFET MONOBLOC

4.1- LES DETERMINANTS DE L’EFFET MONOBLOC

4.1.1-Les déterminants squelettiques

4.1.2- Les déterminants musculaires

4.1.3- Les déterminants articulaires

4.2- MODIFICATIONS FACIALES PROVOQUEES PAR L’EFFET MONOBLOC

5- CLASSIFICATION DES APPAREILS MONOBLOCS

5.1- LES MONOBLOCS RIGIDES

5.1.1- Le monobloc d’ANDRESEN

5.1.2- Le monobloc de BALTERS ou Bionator de BALTERS.

5.2- LES MONOBLOCS SOUPLES

5.2.1- Gouttière de SOULET-BESOMBES.

5.2.2- Monobloc de MACARY

5.2.3- Monobloc de BIMLER.

5.2.4- Le kinétor de STOCK-FISH

6-LES DIFFERENTES CONCEPTIONS DES APPAREILS MONOBLOCS

6.1- CONCEPTION D’AHLGREN

6.2- CONCEPTION D’HERREN

6.3- CONCEPTIONS D’HARVOLD ET DE WOODSIDE

7- CONCLUSION

 

 

THERAPEUTIQUES FONCTIONNELLES MONOBLOCS

 

 

1- INTRODUCTION

 

La thérapeutique fonctionnelle est un concept de traitement au cours duquel les modifications tissulaires nécessaires pour la correction des malpositions dentaires et des dysharmonies intermaxillaires sont réalisées par l'intermédiaire des stimulus fonctionnels liés à ces organes eux mêmes.  Elle est basée sur l'utilisation des fonctions musculaires dans la correction de la forme squelettique.

 

Les appareils fonctionnels sont donc des appareils orthopédiques qui utilisent les forces engendrées par l'organisme pour corriger les problèmes squelettiques, dento-alvéolaires ou occlusaux et non celles produites par l'appareil lui-même.

Les appareils fonctionnels agissent de deux manières :

- en stimulant ou freinant la croissance des maxillaires

- en éliminant ou en diminuant les effets parasites que les tissus mous exercent sur la denture, favorisant ainsi la normalisation de l'environnement.

 

 

 

2-   HISTORIQUE

 

 

Le premier auteur qui ait dessiné un appareil d'orthopédie visant à corriger la malocclusion de classe Il par un positionnement antérieur de la mandibule est Kingsley en 1876.

 

En 1902, Robin décrit et construit un appareil bimaxillaire appelé "monobloc" et destiné à corriger la glossoptose.

Robin a souligné le rôle essentiel de la rééducation de la fonction dans la glossoptose mais c'est Rogers, en 1918, qui commença à donner une grande importance à la musculature oro-faciale dans les problèmes orthodontiques.  Ce dernier proposa de réaliser des exercices musculaires, essentiellement des lèvres pour «faire des muscles faciaux nos alliés pendant le traitement et pendant la phase de contention».

 

En 1908, Andresen aidé plus tard de Haupl mit au point un activateur dont le but était de servir de contention biomécanique et d'empêcher la respiration buccale.  Pour sa confection, ils se sont basés sur la plaque de Kingsley à laquelle ils ont ajouté des extensions latérales qui couvrent les faces linguales des dents inférieures et positionnent la mandibule plus antérieurement lorsque le patient ferme la bouche.

L’appareil, qui se déplaçait librement en bouche, réalisait la correction de la malocclusion en transmettant les stimuli musculaires aux dents, aux tissus mous et aux maxillaires.  Ainsi est née l'orthodontie fonctionnelle.

 

 

L’introduction de l'activateur dans le domaine orthodontique fut une véritable révolution.  Les résultats obtenus avec ce simple appareil étaient surprenants.

Cependant la grande mobilité de l'activateur dans la bouche provoquait des pertes fréquentes durant le sommeil.  Pour pallier cet inconvénient, on commença à augmenter la hauteur de la cire d'occlusion, améliorant ainsi l'efficacité de l'activateur.

D'autres auteurs réduisirent ensuite le volume de l'appareil, permettant ainsi son utilisation durant toute la journée.

 

Les activateurs de Herren ou celui de Harvold-Woodside suivirent avec une philosophie de traitement identique.

 

Dès 1967 Pfeiffer et Grobetty décrivent l'utilisation conjointe de l'activateur et d'une force extra-orale et constatent la potentialisation de leur action.

 

 

3-   RAPPELS

 

3.1- ANATOMIE

 

3.1.1- L’articulation temporo-mandibulaire

 

3.1.2- Les muscles masticateurs

 

3.2- PHYSIOLOGIE MUSCULAIRE

 

 

3.2.1- Elasticité et contractilité

 

Toute la physiologie musculaire est basée sur ces deux propriétés caractéristiques du muscle.

 

. L’élasticité : elle dépend de la loi dite de Hooke, qui l'exprime en fonction de la longueur, de la section, de la force et du coefficient d’ élasticité.

 

. La contractilité : c'est le mécanisme par lequel se produit un raccourcissement du muscle sous l'effet d'un influx nerveux.

 

Les fibres musculaires ne possèdent pas de degré variable de contraction ainsi que l'indique la loi du tout ou rien de Sherrington.

 

De plus, la force maximale de contraction est produite lorsque le muscle s'approche de la longueur qu'il possède au repos.  De part et d'autre de cette longueur, la force de contraction est moins grande.

 

 

3.2.2- Tonus, posture et position de repos mandibulaire

 

Chaque segment corporel possède une posture habituelle qui, pour la mandibule, est représentée par la position de repos.  Dans cette position, il existe entre les arcades supérieure et inférieure un espace libre, séparent les dents.  Cet espace d'environ 2 mm, c'est l'espace d'inocclusion.  Le maintien de la posture correspond à une action dont ne découle aucun mouvement; elle présuppose un état de contraction légère et permanente du muscle appelé tonus.

 

Ce tonus musculaire qui lutte contre l'effet de la pesanteur provient du réflexe myotatique lié à l'étirement et à l’activité de la boucle g d'origine centrale

 

Des forces passives viennent s'ajouter au tonus musculaire pour maintenir la position de repos mandibulaire.  Ce sont:

- les forces visco-élastiques développées par les muscles étirés,

- la pression négative développée par rapport à la pression atmosphérique dans l'espace de Donders.

 

Enfin cette position de repos mandibulaire varie d'un instant à l'autre selon l'état émotionnel, les modifications thérapeutiques de la hauteur d'occlusion et selon l'âge.

 

 

 

 

 

3.3- CROISSANCE

 

3.3.1- Croissance du maxillaire

 

3.3.2- Croissance de la mandibule

 

3.3.3- Théories de la croissance cranio-faciale

 

3.3.3.1- La théorie génétique (Weinmann Sicher 1955)

 

Dans cette théorie il y a une égalité hiérarchique entre syndesmoses et synchondroses qui sont toutes les deux sous contrôle génétique et représentent donc des centres actifs de croissance. Pour ces auteurs la croissance de la face est dirigée en bas et en avant sous l’action des sutures, les facteurs environnants et les forces musculaires n’étant responsable que des phénomènes de remodelage.

 

 

3.3.3.2- La théorie cartilagineuse (Scott 1967)

 

Pour Scott les syndesmoses n’ont qu’un rôle compensateur d’adaptation et de remplissage entre les os (croissance primaire), alors que les synchondroses et les structures d’origine cartilagineuses sont des sites de croissance primaires jouant un rôle moteur notamment le cartilage du septum nasal qui pour Scott est le moteur de la croissance faciale

(pour Scott, jusqu’à 2 3 ans action des synchondroses, jusqu’à 7 ans rôle du septum nasal, après 7 ans remodelages osseux uniquement)

 

 

3.3.3.3 - La théorie des matrices fonctionnelles (Moss 1968)

 

Selon MOSS, la croissance des composants squelettiques, soit enchondrale, soit membraneuse, dépend de la croissance des matrices fonctionnelles.

MOSS appelle matrice fonctionnelle l'ensemble formé par les tissus mous associés à une même fonction et unité squelettique l'ensemble des éléments squelettiques en relation avec une fonction déterminée.

 

Il existe deux types de matrices fonctionnelles :

-  les matrices capsulaires qui comprennent la capsule orofaciale et la capsule neuro-crânienne

-  les matrices périostées qui agissent au niveau du périoste et qui comprennent les muscles, les vaisseaux, les nerfs et les glandes.

 

La matrice capsulaire neuro-crânienne est formée par le cerveau, les méninges et le liquide céphalorachidien.

 

La matrice capsulaire oropharyngée est constituée par l'espace oropharyngé.

 

 

La capsule neuro-crânienne est composée par la duremère et par la peau, et la capsule orofaciale par la peau et la muqueuse.

 

Le squelette cranio-facial résulterait, pour MOSS, de la combinaison de deux types de croissance:

-  une croissance périostée ou transformative, conséquence de l'activité des matrices périostées, qui s'effectue par apposition et résorption (remodelage)

-  une croissance capsulaire ou croissance par translation, conséquence de la croissance des matrices capsulaires et qui provoque une modification de la position spatiale de l'os.

 

Il n'existe pas de centres de croissance osseuse dans les tissus squelettiques.  Le septum nasal, comme le condyle mandibulaire, s'accroît d'une manière secondaire, compensant l'expansion de la matrice capsulaire orofaciale et les altérations produites par les matrices capsulaires.

Les quantités absolues et relatives de croissance active périostée et de croissance passive capsulaire varient en fonction de l'âge et d'un individu à l'autres.

 

Pour Moss la forme et les dimensions des unités squelettiques ne sont pas sous le contrôle génétique direct, ce qui est contrôlé génétiquement c’est la matrice fonctionnelle

 

 

3.3.3.4- La théorie du servosystème de la croissance facial (Petrovic 1974)

 

Le modèle cybernétique représentant le contrôle de la croissance du cartilage condylien est basé sur le principe que les adaptations structurales régionales sont destinées à l'établissement et au maintient d'une occlusion efficace.

Dans la théorie cybernétique de PETROVIC :

-       l'arcade supérieure est la grandeur à suivre.  Sa position dépend de la croissance du maxillaire, elle-même sous la dépendance de la STH, de la somatomédine, du cartilage nasal, de la langue et des synchondroses de la base du crâne;

-       la position sagittale de l'arcade inférieure est la grandeur à réguler;

-       l'articulation entre les arcades supérieure et inférieure est le comparateur périphérique du servosystème dans ce modèle cybernétique.  En l'absence d'intercuspidation totale, il apparaît un signal d'écart dans le comparateur qui produit une augmentation de l'activité posturale du ptérygoïdien latéral et des autres muscles masticateurs, ce qui permet à la mandibule de s'ajuster à l'occlusion optimale.  Avec le temps, l'augmentation d'activité du ptérygoïdien latéral et par suite du frein rétro- méniscal induisent une augmentation de la quantité de croissance condylienne;

-       si l'avancée mandibulaire est excessive, le sur-étirement du frein provoque un arrêt de la circulation sanguine et lymphatique et il n'y a plus de croissance supplémentaire du condyle.

-       A côté du comparateur périphérique il y a un comparateur central dans le système nerveux qui détecte et corrige les écarts par rapport à l’occlusion optimale.

 

·         Les caractéristiques du cartilage condylien.

PETROVIC distingue:

-       le cartilage primaire (épiphyses, base du crâne, septum nasal), dont la croissance , résultant de la division de chondroblastes différentiés est soumise à des facteurs généraux extrinsèques.

-       le cartilage secondaire (condylien, coronoïdien), dont la croissance, résultant de la division de préchondroblastes est soumise à des facteurs régionaux et locaux.

 

·         La croissance du cartilage condylien.

PETROVIC et STUTZMANN ont mis en évidence la possibilité de stimuler ou de réduire la quantité de croissance condylienne, modifiant ainsi la longueur mandibulaire

Les mécanismes de croissance mandibulaires sont d'une part l'activité périostée subordonnée aux facteurs locaux comme les contractions musculaires, et d’autre part la croissance cartilagineuse (condylienne, angulaire, coronoidienne, ) qui est plus facilement régulable et plus soumise à des systèmes de contrôles locaux par l'intermédiaire de feed-back existant dans la région mandibulaire.

WOODSIDE et coll., en 1987, trouvent que la propulsion mandibulaire provoque un remodelage de la partie antérieure de la cavité glénoïde qui participe à un repositionnement antérieur de la mandibule.

 

·         Le rôle du ptérygoïdien latéral.

Il semble être le relais commun de toutes les actions régulatrices de la croissance condylienne.  Quand la tension contractile de ce muscle augmente, la croissance du cartilage condylien s'accélère.  C'est le chaînon commun final.

Le frein ménisco-temporal ou rétromém'scal paraît être l'intermédiaire de ce muscle dans le contrôle de la croissance condylienne chez le rat.

PETROVIC et STUTZMANN ont trouvé que la résection du ptérygoïdien ou du ligament n'arrête pas la croissance mais la diminue.

Mac NAMARA (1982) a constaté des modifications adaptatives certaines au niveau de l'ATM lors de la protrusion mandibulaire expérimentale chez de jeunes singes adultes.  Les résultats de cette étude remettent en question l'hypothèse selon laquelle l'ATM des adultes jeunes est stable et résistante aux interventions cliniques.

 

 

3.3.3.5- La théorie de Van Limborg (1970)

 

C’est une théorie synthétique qui tente d’expliquer toutes les autres théorie et de les harmoniser.

Van Limborg classe les facteurs de croissance en 3 familles et 5 groupes :

·         Les facteurs génétiques intrinsèques

·         Les facteurs épigénétiques   -locaux

                                                    -généraux

·         Les facteurs environnementaux     -locaux

                                                             -généraux

 

 

 

 

Pour Van Limborg ces différents facteurs interviennent à des étapes différentes.  Les facteurs épigénétiques et génétiques agissent précocement et, plus on s'éloigne dans le temps, moins ils sont importants, alors que les facteurs environnementaux vont être de plus en plus influents.

IL considère que la croissance du chondrocrâne est gouvernée principalement par des facteurs génétiques intrinsèques et le desmocrâne par des facteurs épigénétiques locaux et des facteurs environnants.

 

 

 

4-   L’EFFET MONOBLOC

 

L’effet monobloc produit une force réciproque entre les arcades.  La force crée par les muscles rétracteurs étirés de la mandibule est transmise au maxillaire par l'activateur et le desmodonte des dents maxillaires entraiment un effet inhibiteur sur le développement sagittal de l'os maxillaire Il y aurait en plus un effet de bascule en bas et en avant du maxillaire.

Lors de la propulsion mandibulaire, le condyle se déplace en avant et en bas, produisant une stimulation de l'ossification enchondrale dans l'ATM par stimulation de la multiplication des préchondroblastes.  Suivant la nouvelle position du condyle, il peut se produire une ossification oppositionnelle adaptative sur la paroi post de la cavité glénoïde.

L'avancée de la mandibule produirait un nouvel équilibre de la musculature sus hyoïdienne et par suite une augmentation du volume des voies aériennes sup.

 

 

4.1- LES DETERMINANTS DE L’EFFET MONOBLOC

 

La nouvelle position de morsure induite par l’effet monobloc est donc responsable d’une chaîne de réactions dont les déterminant ont été classés par Lautrou (1994) en 3 grands groupes :

-       Les déterminants squelettiques

-       Les déterminants musculaires

-       Les déterminants articulaires

 

 

4.1.1-Les déterminants squelettiques

 

Les études descriptives de BJORK et SKIELLER et les travaux de LAVERGNE et GASSON conduisent à définir les composants des rotations de croissance (totale, matricielle et intramatricielle), . Ces auteurs reconnaissent à la mandibule la possibilité de changer de forme (rotation morphogénétique de LAVERGNE et GASSON ou contrebalançante de DIBBETS).

La croissance cranio-faciale examinée au travers des différents éléments du « puzzle » des rotations révèle les différents mécanismes sur lesquelles les activateurs peuvent agir :

 

 

-  la direction de croissance du condyle mandibulaire, responsable en partie de la rotation totale et en totalité de la rotation contrebalançante, peut être modifiée par la position de morsure induite expérimentalement chez l'animal (CHARLIER 1969 ; STUTZMANN 1976 ; PÉTROVIC 1981 1983 ; ROWE et CARLSON 1990) ou de façon thérapeutique chez l'Homme (KORKHAUS 1960 ; SALVADORI 1977 ; LAUTROU 1993)

-  la rotation intramatricielle est aussi modifiée par les appareils orthodontiques et ROWE et CARLSON (1990) considèrent même qu'elle « est un témoin majeur des effets du traitement, car elle est une des composantes révélatrices de la résistance que l'hôte oppose aux changements».

Les activateurs sont donc capables de s'introduire dans la dynamique de ces rotations de croissance et de dévier leur direction (PANCHERZ et FACKEL 1990 ; ROWE et CARLSON 1990 ; PANCHERZ 1991 ; LAUTROU 1993).

 

 

4.1.2- Les déterminants musculaires

 

L'introduction de l'appareil avec une position de morsure thérapeutique différente de la morsure habituelle induit des changements dans l'équilibre établi, notamment au niveau des muscles qui changent de longueur et d'orientation et réagissent à cette nouvelle position mandibulaire.  Pour RAKOSI (1985), l'appareil orthopédique transfère les forces musculaires d'un endroit de la face à un autre.

 

NORTON et MELSEN (1991) ont bien étudié les positions de morsure prescrites par ANDRESEN.  A l'origine, ANDRESEN ne recherchait pas d'effet orthopédique et construisait son activateur en position neutre (Classe I), de manière qu'il n'interfère pas verticalement avec la position de repos mandibulaire, pour qu'il soit actif uniquement pendant les mouvements fonctionnels.  Ce n'est qu'à l'occasion de son association avec HAÛPL qu'il va augmenter l'activation verticale au-delà de la position de repos pour que les contractions réflexes fournissent les forces qui permettent de rediriger la croissance et de remodeler les os (HAMANO et AHLGREN 1987).  Cette évolution de la pensée d'ANDRESEN est aussi soulignée par GRABER et NEUMANN (1985) qui disent que l'appareil «myodynamique» d'ANDRESEN qui agit sur le développement de la mastication devient l'appareil « myotonique » d'ANDRESEN et HAUPL qui interfère avec la position de repos mandibulaire pour activer le réflexe myotatique d'étirement.

 

En fait, au niveau du muscle, il faut distinguer deux réponses aux changements de longueur et de direction :

-  d'une part les réponses immédiates qui délivrent des forces,

-  d'autre part les réponses retardées adaptatives de l'interface muscle-os, de l'organisation et de la composition du muscle.

 

 

4.1.3- Les déterminants articulaires

 

Deux composants articulaires jouent un rôle majeur dans le mode d’action des activateurs : l’articulation temporo-mandibulaire et l’articulation dento-dentaire.

 

 

·         L’articulation temporo-mandibulaire :

L'articulation temporo-mandibulaire, dans l’exercice de sa fonction articulaire normale, est sensible à l'environnement dynamique et peut répondre à des sollicitations fonctionnelles (MOSS).  Au cours du jeu articulaire, elle est soumise à des contraintes qui provoquent des réactions du condyle en fonction du point d'application, de la direction, du sens, de l'intensité et du rythme de la résultante des forces exercées sur l'articulation.

Plusieurs expériences ont montré que la fonction articulaire est nécessaire à la morphogenèse des A.T.M. Les modifications des conditions biomécaniques et biophysiques sont responsables des réponses adaptatives.  Le processus de maturation du cartilage condylien est régulé par la fonction.

Des expérimentations animales de propulsion mandibulaire ont montré que le succès dépend de la non surcharge articulaire (DEGROOTE).  Une alternance de sollicitations et de repos est également nécessaire afin de permettre l'expression des adaptations musculaires et articulaires (PETROVIC).

 

·         L'articulation dento-dentaire

De la qualité de l'intercuspidation maximale pendant le traitement dépend la répartition des forces au niveau des récepteurs desmodontaux.

Ce facteur influence favorablement le contrôle du chemin de fermeture et permet le renforcement de la morsure isométrique.  De même, l'interposition de résine doit respecter les règles du tripode dentaire afin d'éviter l'existence de surcharges des A.T.M.

 

 

 

4.2- MODIFICATIONS FACIALES PROVOQUEES PAR L’EFFET MONOBLOC

 

 

 

PETROVIC STUTZMANN et coll. (1962) ont montré que la longueur mandibulaire de rats ayant portés un hyperpropulseur est plus importante de 5 à 8%que celle des rats du groupe témoin, avec de plus aucune récidive à la dépose de l’appareillage

 

Mac NAMARA (1987)a montré les effets de l’activateurs sur un échantillon de 23 singes juvéniles comparé à un groupe témoin de 12 singes non traités par hyperpropulseur. Il a montré que la croissance mandibulaire était augmentée de façon significative chez les singes traités par rapport au groupe témoin. Après 144 semaines de traitement la longueur mandibulaire des singes traités présente une augmentation 6 à 7% supérieure au groupe non traité.

 

WOODSIDE (1984) a mis en évidence chez les primates adolescents un remodelage antérieur et un repositionnement de la cavité glénoïde suite à une propulsion mandibulaire progressive et continue. Une augmentation de croissance mandibulaire a également été observé. Ces modifications squelettiques permettent le repositionnement antérieur de la mandibule et la modification des relations intermaxillaires.

 

 

S’il est impropre de faire une comparaison directe entre la croissance cranio-faciale observée chez le primate et celle observée chez l’homme, des corrélations significatives ont cependant pu être établies.

 

De nombreux auteurs ont tenté d'expliquer le mode d'action des activateurs. SALVADORI et MARTIN-LACOMBE (1983) ont fait la synthèse de la revue de la littérature et ont montré les effets biologiques de ces traitements:

-  réduction du décalage squelettique sagittal par freinage de la croissance du maxillaire et libération de la croissance de la mandibule;

-  bascule en bas et en avant du complexe maxillaire ;

-  ouverture de l'angle goniaque;

-  mouvement distal de l'arcade dentaire maxillaire;

-  mouvement mésial de l'arcade dentaire mandibulaire;

-  contrôle de l'éruption verticale des dents.

 

Les activateurs mettent sous tension en permanence les muscles rétropulseurs de la mandibule; il s'ensuit une transformation tissulaire aboutissant à une morphologie nouvelle.

Cet effet de traction a tendance à solliciter la croissance condylienne comme cela a été montré expérimentalement.  Il faut aussi remarquer le glissement de l'os basal alvéolaire par l'intermédiaire des dents liées à l'activateur.  L'arcade alvéolo-dentaire mandibulaire se trouve mésialée, l'incisive inférieure en vestibulo-version coronaire.

Cet effet, sur le plan fonctionnel, peut être considéré comme néfaste car il peut avoir

une incidence sur la stabilité post-thérapeutique quant à l'équilibre de l'incisive mandibulaire ou quant à son avenir parodontal.

 

En ce qui concerne l'esthétique, ce type de traitement, s'il n'est pas géré avec précaution, peut être générateur de biproalvéolies.

 

L'activateur, sous l'effet de la musculature, accélère la croissance mandibulaire et entraîne distalement l'arcade alvéolo-dentaire maxillaire.

 

La combinaison de ces différentes actions sagittales permet, avec l'aide de la croissance normale, de faire correspondre dans le sens sagittal les deux arcades dans la mesure où elles sont congruentes dans le sens transversal.

 

Dans l'espace vertical créé par l'interposition de résine, le fait de la meuler sélectivement permet de guider l'éruption verticale des dents.

 

Cette éruption verticale améliore le sens vertical chez les hypodivergents et corrige la supraclusion incisive du fait de régression molaire.  Cette agression selon certains auteurs (MERRIFIELD) présente un risque de récidive post-thérapeutique.  En effet, les molaires sont sous la dépendance de l'équilibre neuro-musculaire et d'une puissante musculature massétérine chez les hypodivergents.

 

La construction de l'activateur doit être individualisée selon le type facial vertical et sagittal du sujet.

 

 

 

Dans le sens sagittal, plus grande est la propulsion mandibulaire, plus importantes sont les réponses tissulaires.  Les objectifs à atteindre conditionnent la construction de l'appareil.

 

 

Toujours dans le but d'améliorer l'efficacité thérapeutique et le résultat esthétique, de nombreux cliniciens utilisent maintenant un activateur et une force extra-orale combinés.

 

 

5- CLASSIFICATION DES APPAREILS MONOBLOCS

 

5.1- LES MONOBLOCS RIGIDES

 

Ils possèdent une interposition de résine qui constitue une position de morsure isométrique de référence.  Cette interposition est le composant principal de l’activation qui permet de positionner la mandibule en bas et ou en avant

 

5.1.1- Le monobloc d’ANDRESEN

 

·         Description

C'est le plus utilisé des activateurs.  Il est fait en résine d’un seul morceau.

Le modèle pour les sujets deep-bite ne comprend pas d’empreintes des molaires inférieures.  Ces molaires vont alors égresser pour venir en occlusion, ce qui provoque la correction de la supraclusion.  Mais s'il n'y a aucune supraclusion, les molaires sont prises dans la résine.

Il possède un arc vestibulaire qui passe sur les incisives sup et qui le maintient en place. Cet arc tient de plus les incisives et évite leur linguoversion.

 

·         Mode d'action.

-       dans le sens sagittal: effet monobloc;

-       dans le sens vertical: égression molaire;

-       dans le sens transversale: aucun effet

 

·         Effets:

-       squelettiques:

-       - dans le sens sagittal, on obtient une normalisation de la classe II par freinage de la croissance maxillaire et stimulation de la croissance mandibulaire pour certains auteurs, ou par un effet alvéolaire en tiroir selon d’autres auteurs.

-       dans le sens vertical: ouverture de l'étage inférieur.

-       dans le sens transversal, il n'y a aucun effet.

 

-       esthétiques:

on obtient une diminution de la procheilie supérieure, une correction de la rétrogénie.

 

 

-       dentaires:

on obtient une correction de la classe Il en classe I, une linguo-version des incisives supérieures et une vestibulo-version des incisives inférieures. Dans le sens vertical, on a une correction de la supraclusion.

 

·         Age, temps et durée du port.

L age idéal est juste avant le pic de croissance.

L'appareil doit être porté 12 à 14 h par jours .

La durée du port est de 8 à 10 mois pour avoir un effet orthopédique.  Les premiers résultats apparaissent au bout de 3 à 4 mois et si aucun effet est visible, c'est que l'appareil n'est pas assez porté.

 

·         Indications.

Les principales indications sont les classes Il squelettiques par rétrogénie, chez des sujets deep-bite.

Chez des sujets normodivergents, ces appareils sont à utiliser avec attention.

D'un point de vue, esthétique, les indications sont les rétrogénies, les procheilies sup ou les rétrocheilies inférieures.

D'un point de vue dentaire, l’indication absolue est la classe Il avec supraclusion.

 

·         Contre-indications.

Les contre-indications absolues sont les open-bite et les classes III. 

Une progénie ou une prochélie inf. ne doivent pas être traitées avec ce type d’appareil.

Les respirateurs buccaux ne peuvent porter ce type d’appareil.

 

 

5.1.2- Le monobloc de BALTERS ou Bionator de BALTERS.

 

Ce monobloc utilise les muscles d’une façon plus efficace que l'ANDRESEN selon BALTERS.

 

·         Description.

Il comprend 2 parties en résine, l'une supérieure et l’autre inférieure, unies entre elles, avec la marque des dents.  La partie sup est évidée et laisse libre toute la zone du palais.

Une barre palatine avec un oméga ouvert distalement, permet couverture de l'appareil et en plus une stimulation linguale.

La présence d'un arc vestibulaire avec 2 prolongement latéraux assure l’éloignement de la musculature externe (buccinateur) et permet l'expansion transversale des arcades.  Cet arc réalise en outre diverses fonctions selon son point d'appui sur les incisives; par exemple il les linguale s'il repose sur le tiers incisif

Il est donc libre en bouche et ne doit être fixé à aucun élément dentaire.

 

·         Mode d'action.

La correction de la malocclusion est obtenue par différents modes d’actions:

-  par rétrusion maxillaire: elle est produite par les forces réciproques engendrées en repositionnant la mandibule dans une position plus antérieure.

 

-  par expansion maxillaire: elle est réalisée en éliminant les forces restrictives de la musculature péri-orale.  WHITNEY et coll. ont obtenu une augmentation de la longueur d’arcade maxillaire, de la largeur inter-canine et inter-molaire sup.  La largeur inter-molaire inf a également augmentée.  Certains auteurs pensent que cette expansion est &autant plus stable quelle est obtenue tôt car le développement ultérieur des arcades se fera en fonction de ces nouvelles dimensions.

-  par migration distale des dents maxillaires: elle est réalisée grâce à l'élimination de le résine en distal des dents sup.

-  par migration mésiale des dents mandibulaires, même procédé mais en enlevant la résine dans les zones mésiales.

-  par repositionnement mandibulaire: CARELS et coll ont observé que les réflexes neuro-musculaires ont changés après ttt avec un Balters provoquant un déséquilibre qui agirait comme un déclencheur pour la mandibule qui va se dans une nouvelle position fonctionnelle.  C'est cette nouvelle position qui produira des changements morphologiques.  En ce qui concerne la quantité de propulsion, certains auteurs préconisent une avancée progressive tandis que d’autres pensent qu'une avancée en une seule fois, même si la quantité est importante, est plus efficace.

-       Nivellement de la courbe de SPEE.

 

Le repositionnement de la mandibule engendre, à travers la musculature, le parodonte, l’ATM, un réflexe d’adaptation de la musculature à cette nouvelle position.  La force de la musculature est transmise au maxillaire et à la mandibule, produisant un effet inhibiteur sur l’un et accélérateur sur l'autre.

 

·         Effets.

Le Bionator freine la croissance du maxillaire, accélère celle de la mandibule et peut lever des supraclusions si l'on évide la résine au niveau des molaires inf afin de les laisser s'agresser.

D’un point de vue dentaire et esthétique les effets sont sensiblement les mêmes qu'avec un ANDRESEN.

 

·         Age, temps et durée de port.

Idem que l'ANDRESEN.

 

·         Indications.

-       Mandibule trop post avec un défaut de développement et un encombrement faible ou nul;

-       un décalage squelettique pas très sévère;

-       vestibulo-version des incisives supérieures,

-       hauteur faciale réduite;

-       bonne coopération.

 

·         Contre-indications.

-      décalage squelettique de classe Il dû à un prognathisme maxillaire;

-      schéma de croissance verticale;

-      incisives inférieures avec une vestibulo-version importante;

-      potentiel de croissance faible ou nul;

-        pas de coopération.

 

 

 

 

5.2- LES MONOBLOCS SOUPLES

 

5.2.1- Gouttière de SOULET-BESOMBES.

 

C'est une gouttière standard, préfabriquée, en caoutchouc, dont l'élasticité provoque une stimulation de la mastication, car l'enfant à tendance à le mordiller.  Elle est en générale portée en alternance avec un monobloc rigide.

 

 

5.2.2- Monobloc de MACARY

 

C'est un monobloc construit avec une indentation incisive et molaire. IL est fendu et muni de 2 ressorts réunissant les valves, ce qui lui procure une élasticité transversale.  Cet appareil est conçu en hyperpropulsion.

Deux anneaux antérieurs vont permettre au patient, par l'intermédiaire de 2 sandows, d’activer lui-même le système.  L'enfant place l’extrémité de chaque sandow dans une boucle et tire sur ces ressorts en un mouvement transversal.  Cette gymnastique qui développe la cage thoracique fait partie de "l'orthopédie maxillo-thoracique" de MACARY.

 

 

5.2.3- Monobloc de BIMLER.

 

Il comprend au maxillaire 2 valves palatines, reliées par une anse transversale et d’où partent: - une anse palatine et un arc vestibulaire au maxillaire;

- une anse qui court sur les faces linguales des molaires inf et qui les amène à propulser.

Les mouvements de latéralité restent possibles avec cet appareil.

Il en existe plusieurs catégories: pour les classes I, les classes Il 1, les classes II 2 et même, du fait de son élasticité, une sorte pour les classes Ill.  Il est cependant peut utilisé dans ce cas.

 

 

5.2.4- Le kinétor de STOCK-FISH

 

Il est composé d’une plaque palatine au maxillaire et d'une plaque linguale à la mandibule, réunies par une anse jugale qui sert d’écran anti-joue.

Entre ces 2 plaques s'interpose un tube en caoutchouc qui sollicite les mouvements de mastication et stimule ainsi la croissance.

 

 

 

 

 

 

 

6-LES DIFFERENTES CONCEPTIONS DES APPAREILS MONOBLOCS

 

selon Lautrou 1994 il y a en fait trois grands courants de pensée pour les activateurs monoblocs.  Ils se distinguent par leurs origines et par la mise en jeu des déterminants du mode d'action.

 

 

6.1- CONCEPTION D’AHLGREN

 

AHLGREN (1960, 1978, 1979) a une démarche qui s'inscrit dans la logique de l'école norvégienne d'ANDRESEN.  Sa conception de l'utilisation des activateurs est fondée sur l'étude électromyographique des réponses réflexes myotatiques au port de l'appareil.

La position de morsure préconisée par AHLGREN et BENDÉUS (1985) consiste à avancer la mandibule de 5 mm et à l'abaisser de 3 mm afin de rester dans les limites de 20 % pour les coefficients d'étirement ou de raccourcissement des chefs musculaires autour de la position de repos.  Cette position de morsure garantit une réponse optimale de morsure.

 

En résumé, la conception d'AHLGREN repose sur les points suivants:

- l'activateur augmente l'activité posturale (tonique) diurne des muscles élévateurs et propulseurs de la mandibule, tout en diminuant progressivement celle du temporal postérieur rétracteur,

- l'activateur augmente l'activité phasique (de mouvement) diurne des muscles élévateurs (masséter et ptérygoïdien médial) et sus-hyoïdiens, ainsi que les mouvements linguaux et labiaux en accroissant le nombre des déglutitions;

- l'activateur répartit d'une manière plus homogène les contacts occlusaux et donc l'activation des récepteurs desmodontaux dont l'action inhibitrice sur les muscles élévateurs diminue ;

- l'activateur intervient de jour comme de nuit en augmentant la tension passive des muscles masticateurs étirés au-delà de la position de repos mandibulaire, mais AHLGREN (1960, 1970, 1978) préfère limiter le port de l'appareil à la journée pour susciter, en priorité, une réaction réflexe d 'étirement.

 

 

6.2- CONCEPTION D’HERREN

 

HERREN (1959 1980) a une conception différente de la précédente dans la mesure où il recherche essentiellement, en positionnant horizontalement la mandibule en hyperpropulsion, une réponse passive, visco-élastique de la musculature masticatrice.  Les travaux de GRAF, en 1962 montrent qu'une propulsion de 8 mm développe une réponse de 500 à 800 grammes de force rétrusive. Les études cliniques de SALVADORI (1977), SAVOYE (1978) concluent également à une meilleure réponse thérapeutique avec la position d'hyperpropulsion mandibulaire comparée à une propulsion plus modérée.

HERREN (1980) ne fait porter son appareil que la nuit, car il considère que si la réaction visco-élastique se développe quand l'appareil est en bouche, les périodes de non-port ont aussi une importance car, le jour, il y a une avancée réflexe de la mandibule qui a été maintenue en hyperpropulsion toute la nuit.

 

Une discussion s'est développée sur ce dernier point et des auteurs comme INGERVALL et THUER (1991) pensent que l'instabilité occlusale induite par les modifications thérapeutiques est responsable d'un déficit d'activité du temporal rétracteur.  A l'inverse, d'autres, parmi lesquels Mac NAMARA et coll (1973) ainsi que PÉTROVIC (1985) estiment qu'il y a une véritable réponse ptérygoïdienne due à une hyperactivité de ce muscle ou, à plus long terme, une adaptation du chef musculaire qui réduit l'adjonction de nouveaux sarcomères au muscle en cours de croissance, en réponse à la position nocturne avancée de la mandibule.  L'hyperactivité ptérygoïdienne et/ou le raccourcissement relatif du muscle ont pour conséquence de positionner la mandibule plus en avant pendant la journée, quand l'appareil n'est pas en bouche.

HERREN a fait école aux Etats-Unis et SHAYE (1983) a popularisé son appareil, qui est devenu l'activateur L.S.U. (Louisiana State University).

 

 

6.3- CONCEPTIONS D’HARVOLD ET DE WOODSIDE

 

HARVOLD (1974) a des idées bien différentes de celles d'AHLGREN et de HERREN. 

On peut résumer les bases théoriques de l'action des activateurs qu'il utilise de la manière suivante:

-  la croissance et la posture oro-faciale fixent la distance entre les bases osseuses et engendrent un système de forces qui contrôle la quantité et la direction de l'extrusion dento-alvéolaire.  Donc, l'activateur peut s'introduire dans cette posture, exercer les muscles et guider la croissance dentoalvéolaire;

-  la fonction de la musculature orofaciale participe au positionnement des dents qui occupent une position neutre par rapport au système de forces qui s'exercent sur elles.  Donc, l'activateur peut s'introduire dans ce système pour le modifier.

 

HARVOLD (1974) précise qu'il cherche à utiliser les propriétés des muscles étirés, aussi bien pour les réponses actives de la contraction isométrique que pour les réponses passives de l'étirement.  Il ne cherche pas à stimuler la croissance, il veut renforcer l'activité des muscles faciaux et masticateurs, créer une véritable « matrice musculaire de contention», en exerçant les muscles et en obtenant des migrations des insertions musculaires sur les surfaces osseuses en cours de croissance, et guider le système dento-alvéolaire en utilisant les forces engendrées par la position de morsure thérapeutique.

Les études cliniques de HARVOLD et coll (1971, 1974, 1983, 1985) précisent les prescriptions thérapeutiques.  L'activateur de HARVOLD déplace la mandibule en articulé incisif, bords libres contre bords libres, vers l'avant et de 5 à 6 mm au-delà de la position de repos vers le bas.  HARVOLD et VARGERVIK (1971) précisent qu'il s'agit d'avancer la mandibule pour exercer les muscles rétracteurs afin d'éviter les risques de double occlusion et pour faciliter et entraîner le scellement labial en augmentant la pression des muscles faciaux sur les incisives.

 

L'amélioration des relations dentodentaires n'est pas due à un changement de la croissance mandibulaire, mais plusieurs effets s'associent :

-  le blocage de la migration mésiale et occlusale des dents maxillaires, du fait de la présence de crochets en avant de la première molaire, de la préservation de l'interposition de résine occlusale maxillaire et de l'effet activateur;

-  la libération de l'éruption des dents jugales mandibulaires dans le sens occluso-mésial par un meulage systématique de l'interposition de résine mandibulaire à la fabrication de l'appareil;

-  l'éviction de la langue et des joues de l'espace interocclusal par la conservation des volets linguaux et le développement d'un bandeau vestibulaire vers les dents jugales, afin de favoriser le mouvement occluso-mésial des dents mandibulaires.

 

WOODSIDE (1985) reprend en partie les idées d'HARVOLD sur l'étirement musculaire et sur les manipulations du plan d'occlusion fonctionnel, mais il tire encore plus d’avantages de la visco-élasticité des muscles et des tissus péribuccaux, en augmentant l'interposition de résine qu'il porte à 10 ou 15 mm au-delà de la position de repos. GAUMOND (1985, 1986) utilise aussi un tel dispositif.

 

Le but avoué d'une telle activation est d'obtenir une autorotation relative antihoraire de la mandibule en contenant, par l'étirement musculaire des muscles élévateurs, la progression en bas et en avant de la face moyenne.

 

 

 

7- CONCLUSION

 

Le grand nombre de modèles d'appareils activateurs destinés à la correction des malocclusions de la Classe Il se trouve encore accru, tant par la diversité des auxiliaires que par les prescriptions thérapeutiques variées que leur attribuent leurs utilisateurs.

L'analyse des déterminants du mode d'action de ces activateurs, qui ont la propriété d'abaisser et/ou d'avancer la mandibule, permet de reconnaître des points communs dans l'exercice de l'activation et dans les mécanismes du mode d'action de ces appareils.

Les progrès réalisés dans le diagnostic orthodontique, dans l'établissement des objectifs et du plan de traitement, l'association simultanée ou successive de phases thérapeutiques fonctionnelles et mécaniques, la compréhension sans cesse améliorée des résultats des études expérimentales et cliniques doivent nous conduire à simplifier et à mieux codifier l'utilisation de ces activateurs pour corriger les malocclusions de Classe Il chez le patient en cours de croissance.

Il n'est plus imaginable aujourd'hui de vouloir traiter intégralement un patient avec un activateur.  La phase thérapeutique fonctionnelle s'inscrit dans un plan de traitement global où l'activateur a sa place avec ses objectifs et ses limites, mais en gardant toujours à l'esprit que la durée de cette étape doit laisser suffisamment de temps à l'harmonisation et à la coordination des arcades, seules garantes d'un bon résultat esthétique et fonctionnel durable.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

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KOLF J. « Le traitement fonctionnel des rétromandibulies » R ODF 1991 n°4 p401-416

 

LAUTROU A. « Le mode d’action des activateur dans le traitement des malocclusions de la classe II : proposition d’une classification des activateurs » R ODF 1994 n°1 p85- 114

 

LAUTROU A. « Les appareils orthodontiques fonctionnels, outils biomécaniques de l’orthopédie dento-faciale chez le patient en cours de croissance » OF 1993 p148-152

 

Rapport de l’OF 1992 « Interactions entre la musculature et la thérapeutique »

 

SALVADORI A. CANNONI Ph. « Utilisation et construction de l’activateur d’Andresen » R ODF 1991 n°4 p489-497

 

SALVADORI et coll. « Appareils amovibles à action orthopédique et orthodontique » EMC 23-493-A-10, 1998

 

TOSUN H. « Orthopédie fonctionnelle » EMC 23-494-A-10, 1993

 

 

 

 

 


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