La BiretrusionPublié par Flaggada le 24-11-2008 (3754 lus)
DIC ET TTT DE LA BIRETRUSION INCISIVE
1 INTRODUCTION
2 DEFINITION
3 HISTORIQUE
4 RAPPELS
5 DIAGNOSTIC 5.1 Diagnostic positif 5.2 Diagnostic étiologique 5.3 Diagnostic évolutif
6 TRAITEMENT 6.1 Traitement précoce 6.2 traitement orthodontique
7 CONCLUSION
1 INTRODUCTION
Cette typologie marquée apparaît préoccupante par la difficulté de son traitement, dont la stabilité dépend d’un équilibre qui peut sembler précaire dans un contexte neuro-musculaire tonique.
2 DEFINITION
C ‘est une pathologie antérieure du sens sagittal, isolée ou associée. Elle est caractérisée par une linguo-version des incisives supérieures et inférieures, avec ou sans disto-clusion molaire. Synonymes : deckbiss, ( terme allemand signifiant « fermeture en toit »), classe II,2.
3 HISTORIQUE
Mayhoffer utilise le terme « deckbiss » pour des pathologies de classe I d’Angle avec supraclusion et linguoversion incisives. Pour Logan « deckbiss » est plus pathognomonique pour une classe II,2.
4 RAPPELS
Critères dans l’évaluation esthétique de profil La croissance faciale( en rot ant ) condylienne ( verticale) et dento- alvéolaire L’équilibre labio-jugual
5 DIAGNOSTIC
5.1 Diagnostic positif
511 Interrogatoire
- hérédité : une étude allemande a montré chez le caucassien une composante héréditaire de la classe II,2, et un diamètre mésio-distal plus petit des incisives latérales supérieures.
512 Examen clinique Examen exobuccal
- de face : - visage carré, avec diminution de la hauteur naso-mentonnière et distance intergoniaque large - - lèvres au contact avec une musculature fine, la lèvre inférieure est souvent tonique, intimement plaquée sur les incisives supérieures - stomion haut situé, sourire gingival - pommettes développées - sillon labio-mentonnier marqué, houppe du menton tonique avec fossette mentonnière caractéristique
- de profil :
- la convexité générale du visage est variable : le nez est très développé, le menton est peut être en retrait ou en avant, avec une éminence mentonnière très importante.
- La concavité de l’étage inférieur caractéristique est dû à : - une rétrochélie - une progénie
Examen endobuccal
Intra-arcade :
- arcade supérieure : en vue occlusale : courte, carrée, large avec des situations variables : - linguoversion de toutes les dents liée à une voute palatine profonde - vestibulo-version des incisives latérales - ectopies vestibulaires ou inclusion des canines
en vue sagittale : courbe d’occlusion inversée et brisée en arrière des canines.
- arcade inférieure : en forme de U, la courbe de Spee est accentuée ou brisée en arrière des canines
Inter-arcades :
Transversaux : R A S Antéro-postérieur : - classe II molaire inconstante ou classe I - classe II canine - linguoversion des incisives sup. avec surplomb diminué - linguoversion des incisives inférieures Verticaux : - plan d’occlusion brisée - supraclusion incisive importante due, soit à une infra alvéolie molaire, soit à une égression incisive, avec morsures palatine et vestibulaire inférieure variables.
Position du stomion
Il conditionne le degré d’égression, de linguo version incisives
513 Examen fonctionnel
Espace libre d’inoclusion : il est très augmenté habituellement Dynamique mandibulaire : elle est pertubée, les CL II,2 sont de grandes pourvoyeuses de pathologies du système manduccateur. L’équilibre musculaire : - la lèvre inférieure est très tonique, fortement appuyée sur les incisives sup - la langue est normale sauf dans les cas d’infraalvéolie molaire ou elle s’interpose latéralement entre les arcades - les muscles mentonniers sont toniques - la musculature masticatrice est puissante La respiration : elle est de type nasale La déglutition : normale ou interposition linguale latérale La mastication : elle est à composante veriticale Les parafonctions : bruxisme, tics labiaux Algies : problèmes parodontaux, SADAM
514 Examens complémentaires
Les photographiesLes moulages
Ils confirment l’impression clinique.
Les radiographies :
OPG
La téléradiographie de profil :
Elle précise l’importance de la pathologie.
Plan antéro-postérieur : - base du crâne augmentée- décalage des bases squelettiques non obligatoire on peut avoir une tendance classe III . En général ANB est petit. - Signes structuraux de rotations antérieure mandibulaire de BJORK
DARQUE distingue : - les classes II,2 primitives avec maxillaire en avant et mandibule en arrière et progénie - les classes II,2 secondaires avec un maxillaire bien en place, la mandibule en retrait et ANB augmenté avec une progénie moins marquée, une rétroalvéolie maxillaire
Plan vertical
En général il y a hypodivergence avec parallèlisme des plans mandibulaire et maxillaire. DARQUE pour les cl II,2 primitives trouve un étage inf diminué et un étage moyen augmenté, pour les cl II,2 secondaires c’est le contraire.
Analyse dentaire :
- I/F << 107° - I/i>> 135 ° - IMPA << 90° forme primitive - >> 90° forme secondaire
5.2 Diagnostic étiologique
Il est essentiel pour la conduite thérapeutique
521 L’hérédité
L’hérédité est incontestable et sûrement primordiale ( TUAL 1973 ). Elle intervient sur : - le schéma squelettique - la musculature, avec prédominance des muscles élévateurs, une forte activité du temporal postérieur et un déséquilibre labio-lingual de type concentrique. - le système dentaire
Les facteurs acquis
Le facteur fonctionnel, illustré par le déséquilibre concentrique de Mme MULLER ou le syndrôme hypertonique antérieur de Mme KOLF ( tonicité du carré du menton et de l’orbiculaire des lèvres, la langue n’équilibre pas cette hypertonicité, ce qui favorise le déplacement de la zone d’équilibre ) est sous le contrôle de l’hérédité qui est difficile à distinguer d’une habitude pernicieuse
522 Etiologie de la linguoversion incisives supérieures
La position de l’incisive sup semble être conditionnée par la position trop basse de son bord libre ; elle est prise en charge par la lèvre inf et selon NICOL, la pression linguale apicale non compensée par la pression labiale inférieure coronaire entretiennent et accentuent l’orientation verticale des incisives sup en cours d’éruption. Cette pression importante de la lèvre inf conditionne pour de nombreux auteurs la position des incisives par rapport au plan d’occlusion.
5.3 Diagnostic évolutif
Le retentissement de cette pathologie non traitée se retrouve : - au niveau dentaire abrasion des incisives et canines - au niveau parodontale si le terrain est favorable mobilité du bloc incisivo-canin mandibulaire récession en cas de morsure des tissus mous - au niveau articulaire Le verrouillage antérieur de l’occlusion favorise la position distale du condyle mandibulaire, aggrave la dysmorphie au cours de la croissance, et est génératrice de dysfonction de l’appareil manduccateur.
6 TRAITEMENT
6.1 Le traitement précoce
Il trouve son indication dans la correction de la suproclusion pathologique et dans la correction de la rétrognathie mandibulaire secondaire. Le déverrouillage de l’occlusion s’effectue grâce au remodelage de l’arcade maxillaire associé si nécessaire à une préparation mandibulaire. Le verrou antérieur étant libéré, la croissance mandibulaire antérieure peut être sollicitée par l’intermédiaire d’un activateur de classe II. Cette étape corrective précoce permet d’optimiser les résultats esthétiques et fonctionnels, ainsi que de minorer les risques de troubles de l’ ATM et de récidive. La finition par un multiattache en denture permanente reste le plus souvent indispensable
6.2 Le traitement orthodontique
Chez l’adolescent le traitement multiattache peut être conduit avec ou sans extraction ( dans une cl Ii,2, il vaut mieux éviter d’extraire ). Il peut faire suite à une interception. Chez l’adulte, la contention fixée à long terme est la règle pour éviter la récidive. Des procédures chirurgico-orthodontiques peuvent être envisagée pour les pathologies sévères. Des génioplasties isolées peuvent aider à corriger l’esthétique.
7 CONCLUSION
L’analyse des déplacement de croissance de la CL II, 2, doit inciter le praticien à intercepter ces malocclusions quand ellles s’établissent, en évitant notamment le blocage de la croissance mandibulaire par le recouvrement incisif exagéré.
BIBLIOGRAPHIE
Revue d’ODF, 33, 4, 1999
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