LA
CONTENTION
I. PRINCIPES
GENERAUX DE LA PREVENTION DE LA RECIDIVE
A. DEFINITION
DE LA CONTENTION
B. BUTS DE LA
CONTENTION
1. Stabiliser
les dents pendant la réorganisation tissulaire
2. Favoriser
l'établissement d'une bonne occlusion
3. Limiter
les effets d'une pathogénie nouvelle ou encore existante
C. MODALITES
DE LA CONTENTION
1. Quand
poser la contention ?
2. Contention
stricte ou contention permettant la récidive ?
3. Contention
fixe ou contention amovible ?
4. Durée de
la contention
II. PREVENTION
DE LA RECIDIVE EN FONCTION DU TYPE DE MALOCCLUSION
A. PREVENTION
DE LA RECIDIVE DES DECALAGES MAXILLO-MANDIBULAIRES
1. Décalages
antéro-postérieurs
a) Décalages
antéro-postérieurs des bases traitées orthopédiquement avant la fin de la croissance
b) Décalages
antéro-postérieurs des bases traitées orthodontiquement
c) Décalages
antéro-postérieurs dus à une vestibuloversion ou à une linguoversion incisive
d) Décalages
antéro-postérieurs dus à un proglissement ou à un rétro-glissement
2. Décalages
transversaux
a) Endognathies
maxillaires traitées avant la synostose des sutures
b) Inversés
d'articulé latéraux dus à une linguoversion ou à une vestibuloversion des dents
c) La distance
intercanine
d) Latérodéviation
mandibulaire
3. Décalages
verticaux
a) Béances
antérieures
b) Supraclusion
incisive
B. PREVENTION
DE LA RECIDIVE DES TROUBLES INTRA - ARCADES
1. Manque de
longueur d'arcade
a) Mésioposition
molaire supérieure secondaire ou essentielle
b) Macrodontie
relative
c) Croissance
mandibulaire tardive
d) Faible
encombrement
2. Points de
contact défectueux
3. Rotations
a) Prévention des
rotations
b) Stabilisation
de la correction des rotations
4. Diastèmes
a) Diastèmes
localisés
b) Diastèmes
généralisés
5. Dents
incluses
III. CONCLUSIONS
LA CONTENTION
I.
PRINCIPES GENERAUX DE LA PREVENTION DE LA RECIDIVE
A. DEFINITION
DE LA CONTENTION
La contention est l'ensemble des procédés et des
appareils destinés à stabiliser les corrections orthodontiques ou orthopédiques
obtenues pendant le traitement actif.
La période de contention correspond à la phase
thérapeutique finale d'un traitement d'orthodontie.
B. BUTS
DE LA CONTENTION
1.
Stabiliser les
dents pendant la réorganisation tissulaire
D'après les travaux de REITAN, il convient de
maintenir les dents pendant la réorganisation tissulaire. Mais tous les auteurs
ne reconnaissent pas l'utilité de fixer les dents dans leur position corrigée.
Pour BURSTONE, la contention n'est pas toujours
utile ; Si les rotations sont corrigées au début du traitement actif il ne fait
pas de contention.
BEGG permet mais « dirige » la
récidive.
Pour la fondation TWEED, la contention n'est pas
souhaitable, il faut laisser l'occlusion individuelle s'établir.
2.
Favoriser
l'établissement d'une bonne occlusion
La contention maintient les dents dans leur
position corrigée pendant "le rodage occlusal".
La majorité des auteurs recommande une
équilibration occlusale qui ne doit pas tenter de masquer un traitement
orthodontique insuffisant, mais effacer une anomalie de morphologie coronaire
ou compenser une usure physiologique insuffisante.
RIEDEL élimine les contacts évidents en RC et les
contacts non travaillants.
3.
Limiter les
effets d'une pathogénie nouvelle ou encore existante
La contention s'oppose à la récidive durant la
période où une pathogénie risque de reproduire une déformation.
BURSTONE fait une contention si la direction de
croissance mandibulaire est défavorable.
GROSS utilise des appareils de contention dans 20
% de ses cas, uniquement lorsqu'il persiste une habitude déformante ou en
présence d'une musculature anormale.
Idéalement, toutes les étiologies de la malocclusion devraient être
éliminées avant ou lors du traitement actif mais elles ne sont pas toutes
connues.
De plus, certaines causes ne sont pas maîtrisées par l'orthodontiste : croissance résiduelle, déficit parodontal,
troubles de la posture...
C. MODALITES
DE LA CONTENTION
1.
Quand poser la
contention ?
REITAN a montré que lorsqu'un dispositif actif
appliqué sur une dent était ôté, le mouvement de récidive était maximal après 2
heures, très important les 5 premières heures, puis modéré ensuite, Si une
contention stricte est souhaitée, elle doit être mise en place immédiatement
après l'arrêt de l'appareil actif
On peut aussi considérer le système multi-bague
non actif comme premier appareil de contention. L'appareil doit être laissé au
moins 2 mois sans la moindre activation avant de passer à l'exécution de la
contention définitive.
BENCH, BUCHIN, BURSTONE, GROSS
attendent une semaine afin d'observer la stabilité de la correction.
THEVENIN, HOLDAWAY posent l'appareil de
contention le jour même.
THUROW n'est pas systématique. Il maintient
immédiatement la correction des rotations et la fermeture des espaces
d'extraction après l'arrêt de traitement actif. Par contre, il laisse les
arcades s’équilibrer seules pendant une à deux semaines s'il n'y a pas de
récidive à craindre.
2.
Contention
stricte ou contention permettant la récidive ?
Les travaux de REITAN mettent en évidence que la
réaction tissulaire est favorable à un léger mouvement de retour vers la
position initiale. Dans ces conditions il semble judicieux d'hyper-corriger les
malocclusions puis d'utiliser une contention permettant une légère récidive.
Le système de contention doit être conçu pour
s'opposer aux mouvements prévisibles (PHILIPPE).
3.
Contention fixe
ou contention amovible ?
Pour BRODIE, la contention doit être fixe.
Pour OPPENHEIM, la contention ne doit pas être
fixe.
Aucune étude histologique n'a démontré la
supériorité de l'un de ces deux types de contention.
Par contre, certaines circonstances cliniques
guident le choix du praticien :
- une contention fixe fait moins appel à la
coopération du patient.
- une contention amovible, par l'intermittence
possible de son port, permet d'estimer la tendance à la récidive.
Pour PHILILIPPE, la contention doit être fixe et
de même nature à chaque arcade, pour éviter les problèmes transversaux.
4.
Durée de la
contention
Les travaux de HERBERGER montrent que la
stabilité de certaines corrections augmente avec la durée de la contention.
- IZARD et CHATEAU, recommandent une contention
jour et nuit pendant quelques semaines ; après cette période la contention
est uniquement nocturne pour permettre de roder le nouvel articulé.
- THEUVENY, THEVENIN, MAGILL, arrêtent la
contention au bout d'un an.
- SCHUDY, BONNOT, poursuivent la contention
jusqu'à la fin de la croissance et l'évolution de la 3° molaire.
II. PREVENTION DE LA RECIDIVE EN FONCTION
DU TYPE DE MALOCCLUSION
A. PREVENTION
DE LA RECIDIVE DES
DECALAGES MAXILLO-MANDIBULAIRES
Les expériences de MAC NAMARA amènent à penser
que le complexe crânio-facial s'efforce de maintenir une homéostasie
fonctionnelle.
En vertu d'un processus de régulation, la taille
du maxillaire et de la mandibule tendent à devenir ce qu'elles auraient été
sans traitement.
Ces processus n'interviennent plus lorsque la
croissance est terminée. L'avance ou le retard de croissance est définitif ;
c'est pourquoi, il faudrait maintenir la contention jusqu'à la fin de la
croissance.
1.
Décalages
antéro-postérieurs
a)
Décalages antéro-postérieurs des bases traitées
orthopédiquement avant la fin de la croissance
· Contention
après correction d'une promaxillie :
Une plaque de Hawley ne peut contrebalancer la force mésialante de la
croissance ou du jeu musculaire
Ø
Force extra-orale
La stabilisation, jusqu'à la fin de la croissance, peut être obtenue
par le maintien de l'appareil utilisé pendant la phase de réduction de la
malocclusion.
Ø
Bumper
Conseillé par PHILIPPE, pour s'opposer au
déplacement mésial des molaires supérieures.
L’appareil comprend 2 bagues scellées sur les
1ères molaires sup munies de tubes pour arcs faciaux et d'un arc métallique de 1,1 mm de diamètre dont la
partie postérieure présente un décrochement vertical au niveau du tube molaire
et la partie antérieure est enveloppée dans un manchon de résine situé 5 à 7 mm en avant de la gencive.
Un élastique faible s'accroche sur les extrémités
du bumper qui dépassent des tubes molaires et s’applique sur les faces
vestibulaires des incisives supérieures.
Principe : la pression de la lèvre inférieure ne
s'applique plus sur les incisives. Elle est transmise aux molaires sup. et
s'oppose à leur déplacement mésial.
Cet appareil convient bien à la contention des
traitements précoces, car il n’est pas affecté par la chute et le
remplacement des molaires temporaires.
L'appareil est porté 14 heures par jour.
Ø
Appareils fonctionnels
Ils réalisent une contention active jusqu'à la
fin de la croissance. Ce sont les activateurs, mais aussi les gouttières de
positionnement (tooth positionner).
Un tooth positionner comprend 2 gouttières
soudées ensemble qui entourent les couronnes des dents des 2 arcades, les
maintenant en occlusion corrigée.
Les gouttières de positionnement peuvent être
préfabriquées, ce qui permet de les poser le jour du débaguage, mais les
déterminants de l'occlusion sont alors standardisés. De plus, elles ne sont pas
utilisables dans les cas avec extraction asymétrique et dans les cas de DDM.
La gouttière peut aussi être individualisée, la
technique du montage de travail (set-up) a été décrite la première fois par
KESLING.
Le positionner doit être porté le plus possible
pendant les premières 48 heures, puis, pendant le sommeil et 4 heures de
veille. Le port pendant la période de veille est plus efficace que pendant le
sommeil, car c'est la tension musculaire qui enfonce les dents dans les
alvéoles de la gouttière.
PHILIPPE conseille même de mâchonner l'appareil.
Selon lui, elle est peu efficace pour maintenir les rapports
antéro-postérieurs.
THUROW remédie à cela en lui ajoutant une F.E.O.
· Contention
après correction d'une brachygnathie maxillaire :
DELAIRE et VERDON hypercorrigent avec un masque
de Delaire pour tenir compte d'une récidive partielle inéluctable.
· Contention
après correction d'une prognathie mandibulaire non chirurgicale :
Ø
Fronde
Selon CHATEAU, les frondes mentonnières peuvent
freiner ou plus exactement dévier la croissance sagittale de la mandibule.
Ø
Appareil fonctionnel
Il est aussi possible de réaliser une
"contention active" jusqu'à la fin de la croissance avec des
appareils fonctionnels.
· Contention
après correction d'une rétrognathie mandibulaire :
La contention naturelle par l'engrènement
dentaire peut être suffisante, mais le plus souvent, une contention mécanique
passive par plan incliné rétro-incisif est nécessaire.
Pour PETROVIC, la contention de choix semble être
le maintien de l'appareil de réduction jusqu'à la fin de la croissance.
b)
Décalages antéro-postérieurs des bases traitées
orthodontiquement
Certains auteurs (BEGG, TWEED,...)
ne croient pas à l'action orthopédique. Ils adaptent la position des dents au
décalage des bases grâce à des élastiques intermaxillaires de Cl II ou de Cl
III en denture adulte.
Lorsque ces malocclusions ont été traitées par
des élastiques intermaxillaires, chaque arcade va tendre à revenir en sens
opposé. La contention ne peut être inter maxillaire.
PHILIPPE conseille, après correction des cas de
CI II, de laisser en bouche les attaches sur les 1° et 2° molaires
mandibulaires. Ces attaches portent un segment d'arc coupé en avant de la 1°
molaire. Un élastique est tendu d'un côté à l'autre en passant sur les
incisives supérieures, le sujet étant bouche fermée.
Le dispositif inverse convient pour les
malocclusions de Cl III. Mais
l'élastique glissant sur les incisives mandibulaires, celles-ci doivent être
munies de petits boutons pour le maintenir.
La fondation TWEED, ne conseille pas de
contention après ce type de correction.
BEGG observe rarement un retour des dents postérieures vers des
relations de Cl II lorsqu'il utilise du fil léger. C'est pourquoi, selon lui,
aucune forme de contention n'est requise.
Les seuls cas de récidive qu'il a noté étaient
liés à la persistance d'une déglutition infantile.
c)
Décalages antéro-postérieurs dus à une
vestibuloversion ou à une linguoversion incisive
Si le facteur étiologique a disparu, le nouvel
équilibre musculaire est favorable au maintien de la correction.
Ø
Plaque de Hawley
Une plaque de Hawley simple stabilise la
correction des linguoversions incisives, une plaque de Hawley munie d'un
bandeau vestibulaire celle des vestibuloversions incisives.
Elle présente 2 inconvénients majeurs : elle
favorise l'apparition de caries sur les faces palatines si l'hygiène n'est pas
rigoureuse, et elle est encombrante.
Ø
Mini-positionneur
Un mini-positionneur (spring retainer) est un
appareil amovible de faible encombrement, limité en général au secteur
incisivo-canin. Son caractère amovible favorise le maintien d'une bonne
hygiène, mais réclame une grande constance de la part du patient qui doit le
porter régulièrement.
Ø
Attelle fixe
Dès 1971, ROCHETTE présente des attelles de la
région antérieure mandibulaire ou maxillaire unies aux dents par collage.
Ø
Arc lingual collé
Dans le même esprit, il est possible de coller un
arc, en acier inoxydable de 0,9
mm de diamètre, qui s’adapte au contour des faces
linguales des dents et se termine par deux boucles au niveau des canines.
THUROW limite la contention aux 4 incisives pour
laisser les canines s'équilibrer spontanément.
ZACHRISSON : arc souple torsadé, adapté sur
le modèle d'étude.
Ø
Grilles collées
La grille d'ELLMAN est mince, souple, et offre
une grande prise au composite en raison de sa texture en maille.
Selon TRILLER, il est souhaitable de procéder à
un traitement fluoré pour accélérer les processus de reminéralisation des zones
d'émail attaquées par l'acide lors du mordançage.
d)
Décalages antéro-postérieurs dus à un
proglissement ou à un rétro-glissement
Aucune contention n'est nécessaire si le
recouvrement incisif est satisfaisant.
2.
Décalages
transversaux
a)
Endognathies maxillaires traitées avant la
synostose des sutures
Lors d'une disjonction du maxillaire supérieur, l'élargissement basal
est moindre que celui réalisé au niveau de l'arcade dentaire.
En raison de ce fait, tous les auteurs réalisant une disjonction
reconnaissent la nécessité d'une contention immédiate dans une situation
hypercorrigée.
Mais ils divergent sur le but de cette contention :
- Selon KOEFF, l'appareillage de contention ne doit pas empêcher les
dents de prendre la position que leur fonction exige.
- Pour SHAPIRO, la contention s'oppose aux forces élastiques de la
suture médiopalatine. Il estime qu'une intervention chirurgicale au niveau de
cette suture peut augmenter de façon significative la stabilité de l'expansion.
- Pour certains auteurs, 6 à 8 semaines semblent suffisantes pour
éliminer les forces élastiques existant après étirement des fibres de la
suture.
- Pour TIMMS, une contention de longue durée est nécessaire pour
assurer la stabilité de la correction.
- Pour HAUENSTEIN, 2 années de contention sont indispensables pour
obtenir une augmentation de la distance inter-radiculaire.
- Pour MEW, l'augmentation de la largeur inter molaire est stable
après 2 ans 1/2 de contention.
- HASS préconise 7 ans de contention.
- HIXIN pense que l'appareil de contention maintient les dents mais
n'empêche pas la récidive des maxillaires. En dépit d'une contention d'un à
deux ans, il observe une récidive à long terme après 5 ans.
- A l'opposé, MACARY, PLANAS, STOCKFISH, estiment que l'expansion
transversale sera durable si la suture médiopalatine n'est pas synostosée et
s'il y a normalisation des sollicitations fonctionnelles.
b)
Inversés d'articulé latéraux dus à une
linguoversion ou à une vestibuloversion des dents
Une contention n'est pas nécessaire après la correction d'un inversé
d'articulé postérieur si l'inclinaison des dents reste raisonnable, mais une
hypercorrection est souhaitable.
PHILIPPE recommande le port d'une gouttière de positionnement et la
surveillance des mouvements de latéralité.
La récidive après correction d'un articulé croisé aura lieu si la
déglutition arcades séparées persiste, s’il y a persistance d'un déséquilibre
musculaire entre muscles linguaux et jugaux, si la hauteur d'engrènement cuspidien
est inférieure à 2 mm
ou si la respiration est buccale.
c)
La distance intercanine
LUNDSTROM, MAC CAULEY, RIEDEL, REITAN, DEBLOCK et BOLENDER, THUROW,
CANAL,
insistent sur la nécessité impérieuse de conserver la distance intercanine
inférieure.
Par contre, SCHULHOF cité par BASSIGNY estime qu'il est possible de
gagner de l'espace.
D'après HERBERGER, la stabilité des modifications de la largeur de
l'arcade supérieure augmente avec la durée de la contention.
Selon SUEUR, la contention doit être maintenue le plus souvent jusqu'à
la fin de la croissance mandibulaire.
Le maintien des canines dans le sens transversal peut être assuré par
un « 3/3 », ou un « 4/4 », arcs linguaux soudés sur
bagues ou collés.
d)
Latérodéviation mandibulaire
La latéromandibulie est due à des troubles occlusaux.
Le pronostic dépend de la stabilité de la correction du défaut
morphologique occlusal.
Si les contacts prématurés sont engendrés par une asymétrie de
fonction des muscles, ils réapparaissent inéluctablement.
3.
Décalages
verticaux
a)
Béances antérieures
Ø
Par
infraéruption antérieure :
La correction reste toujours stable lorsque
l'étiologie est supprimée.
Dans les cas où les incisives ont dû être
égressées mécaniquement, une contention est indiquée.
LAGER préconise l'utilisation d'une plaque en
résine avec un bandeau vestibulaire métallique.
SHAPIRO conseille le port d'une gouttière de
positionnement pour éliminer les interférences des tissus mous.
Ø
Par
égression postérieure :
Selon CHATEAU, la récidive est de règIe si la langue
continue à s'interposer entre les dents antérieures.
REITAN recommande une plaque en résine recouvrant
les faces occlusales des molaires mais dégageant le bord libre des incisives.
RIEDEL et SHAPIRO, contrairement à PHILIPPE,
pensent que les gouttières de positionnement peuvent être utilisées dans la
stabilisation de la correction des béances.
b)
Supraclusion incisive
RIEDEL, PHLIPPE, BJÖRK conseillent de maintenir
la contention au moins jusqu'à la fin de la croissance dans les cas de rotation
antérieure.
Mais quels que soient la durée et le type de
contention, la récidive sera de règle si le plan occlusal a été basculé pendant
le traitement.
Ø
Si la supraclusion est traitée par une simple
version vestibulaire des incisives, PHILIPPE préconise l'emploi d'un
"bumper" placé devant les incisives inférieures mais ancré sur les
molaires supérieures.
PHILIPPE utilise aussi un fil collé de 13 à 23,
avec butées rétro-incisives.
Pour SIMONS et JOONDEPH, le fait de vestibuler
les incisives mandibulaires pendant la correction de la supraclusion aboutit à
une récidive.
Ø
Si la supraclusion est traitée par ingression,
RICKETTS insiste sur l'importance d'une hypercorrection.
La contention mécanique d'une ingression incisive
peut être obtenue grâce à une plaque de SVED. C'est une plaque en résine qui
recouvre le bord libre et la face vestibulaire des incisives supérieures.
RIEDEL propose d'utiliser un plan rétroincisif
supérieur pour stabiliser l'ingression des incisives inférieures.
L'égression de l'incisive supérieure n'est pas
influencée par l'angle que fait son axe avec celui de l'incisive inférieure.
Par contre, l'égression de l'incisive inférieure dépend en partie de l'angle
interincisif : si cet angle est trop ouvert, les incisives inférieures
égressent jusqu'au cingulum des incisives supérieures.
Ø
Si la supraclusion est corrigée par une
égression molaire, la contention doit être maintenue jusqu'à la fin de la
croissance.
Pour CHATEAU,
le respect d'un espace libre molaire de repos est une condition nécessaire mais
pas suffisante, il faut aussi que l'interposition jugale et surtout linguale
cesse au repos.
B. PREVENTION
DE LA RECIDIVE DES
TROUBLES INTRA - ARCADES
1.
Manque de
longueur d'arcade
a)
Mésioposition molaire supérieure secondaire ou
essentielle
Que le manque de longueur d'arcade soit dû à une
mésioposition molaire secondaire à l'extraction précoce d'une dent temporaire
ou à la succion d'un doigt, ou à une mésioposition molaire essentielle, la
stabilité de la correction peut être assurée par une force extra-orale portée
jusqu'à évolution complète de la seconde molaire supérieure (DEMOGE).
b)
Macrodontie relative
Selon TWEED, les cas de macrodontie relative
doivent être traités par la réduction du nombre de dents. L'allongement et
l'expansion sont voués à la récidive.
La DDM
peut se révéler après l'arrêt du traitement actif lors de l'évolution des 3°
molaires.
Le contrôle de leur évolution fait partie du
traitement orthodontique.
Lorsque leur avulsion est nécessaire celle-ci
doit être réalisée 2 ans avant leur évolution présumée.
Pour TURLEY:
Si Xi - face distale de la 2° M = 25 mm à 20 ans, évolution
probable de la 3° M.
Si Xi - face distale de la 2° M = 30 mm à 20 ans, évolution
certaine de la 3° M.
Si Xi - face distale de la 2° M = 20 mm à 20 ans, l'extraction
s'impose.
CHATEAU mesure la distance entre l'extrémité
distale de la 1° M et la face postérieure de la tubérosité sur les moulages.
S’il mesure 8 mm à 8 ans, 12 mm à 12 ans, 15 mm à 16 ans, il conclut
qu'il n'y a pas d'encombrement tubérositaire.
Pour la fondation TWEED, le sort de la 3° M
dépend de la comparaison entre espace nécessaire et espace disponible.
c)
Croissance mandibulaire tardive
Lors de la croissance, une rotation mandibulaire
antérieure peut bousculer les incisives inférieures contre les incisives supérieures.
Pour prévenir ce chevauchement il faut maintenir
la contention des incisives inférieures jusqu'à la fin de la croissance
mandibulaire.
d)
Faible encombrement
Selon BEGG, aucune contention ne peut empêcher la
récidive si la substance dentaire en excès n' a pas été éliminée.
Dans les cas de faible encombrement, traités par
vestibuloversion légère, la contention doit être maintenue de façon définitive.
Les appareils employés pour contenir les
incisives inférieures sont la plaque de Hawley et le minipositionneur. Si le
patient a une bonne hygiène, mais une constance douteuse, une contention fixe
linguale est envisageable.
2.
Points de
contact défectueux
Un chevauchement peut aussi apparaître si les
points de contact n'assurent pas un équilibre mésiodistal des dents à
l'intérieur de l'arcade.
En présence de dents triangulaires, il est
possible de réaliser un stripping qui augmente la stabilité de l'alignement
incisif inférieur en transformant les points de contact en surfaces de contact.
Le meulage se fait à l’aide d’instruments
rotatifs ou à la main avec des bandes métalliques émerisées.
3.
Rotations
a)
Prévention des rotations
Pour prévenir l'apparition des rotations, RIEDEL
libère la place nécessaire à une évolution harmonieuse des dents permanentes
grâce à un auxiliaire orthodontique ou à l'extraction des dents déciduales.
b)
Stabilisation de la correction des rotations
·
Points de contact :
Il est généralement admis que
la présence de points de contact serrés n'est pas suffisante pour prévenir
l'apparition de la récidive des rotations.
· Prématurités occlusales :
Une équilibration fonctionnelle évite les récidives engendrées par les
prématurités occlusales.
· fibres parodontales :
Pour REITAN une rotation précoce des incisives inférieures en
malposition assure une position stable puisqu'il se forme des fibres nouvelles
au tiers apical de la racine pendant son développement.
BOESE pense que l'étirement des fibres supra-alvéolaires persiste
jusqu'à la récidive totale. La surcorrection des rotations et la contention
prolongée sont inefficaces pour prévenir la récidive des rotations.
De nombreux auteurs ont proposé des techniques chirurgicales pour
éviter cette récidive.
Dès 1927, SKOSBORG présente une technique de septotomie.
En 1959, KOLE propose une corticalectomie.
Pour EDWARDS, aucune technique pour diminuer la récidive après
rotation n'est acceptable si elle doit léser le parodonte. Il préconise
d'introduire l'extrémité d'une lame de bistouri dans la profondeur du sillon
gingivo-dentaire jusqu'à une profondeur d'environ 3 min en dessous de la crête
alvéolaire.
EDWARDS note que la correction de rotations récidive de 27 à 36 % avec
cette procédure au lieu de 80 % sans chirurgie parodontale.
VANARSDALL utilise une incision à biseau interne s'étendant de l'attache
épithéliale jusqu'au niveau de la crête alvéolaire.
Pour CHATEAU, l'innocuité de ces interventions reste à démontrer.
4.
Diastèmes
a)
Diastèmes localisés
·
Entre les incisives centrales supérieures :
- Lorsque le diastème est lié à
la présence d'un germe surnuméraire, la contention, après l'avulsion du germe
et la fermeture de l'espace, doit être prolongée. Une plaque de Hawley munie
d'un bandeau vestibulaire élastique permet de tester la stabilité de la
correction.
- Si le diastème est dû à une DDD, deux solutions sont
possibles :
*augmenter le diastème mésio-distal des dents supérieures
*réaliser un stripping à l'arcade inférieure
- Si le diastème est lié à la présence d'un frein labial
hypertrophique, EDWARDS préconise son ablation puis la fermeture immédiate des
espaces.
· Au niveau des sites d'extraction :
La fermeture des espaces d'extraction s'accompagne parfois d'une
accumulation de tissu gingival.
Pour remédier à cette situation, EDWARDS, MAC COLLUM, PFUND
préconisent l'élimination de l'excès de gencive immédiatement après la
fermeture de l'espace d'extraction.
DURAND, PERDRIX, MAGLOIRE et CAULK : élimination du tissu fibreux
cicatriciel avant le déplacement des dents.
Selon REITAN, la récidive peut être évitée par la mise en place de
deux bagues soudées l'une à l'autre, puis par une plaque munie de crochets.
Après extraction des prémolaires, ZACHRISSON recommande un fil collé
sur les faces vestibulaires de la canine et de la prémolaire en plus du fil
lingual collé sur les canines et les incisives.
b)
Diastèmes généralisés
- Si ceux-ci sont dus à
une DDD, il faut soit augmenter le diamètre mésio-distal des dents réduites,
soit réaliser un stripping des dents de l'arcade opposée.
- En
cas de microdontie, on peut mésialer toutes les dents, mais la récidive est de
règle, même si elle s'atténue progressivement avec le temps de contention.
RIEDEL et PHILIPPE, proposent d'accumuler les
espaces dans les secteurs postérieurs et de placer un bridge pour combler les
espaces ainsi créés.
-
En cas de pulsion linguale persistante, la
correction des diastèmes est vouée à l'échec. La contention n'est d'aucun
secours.
-
En présence de lèvres atoniques, la contention doit être permanente.
5.
Dents incluses
En général, il n'y a pas de mouvement d'ingression
après la suppression de la force d'égression.
Dans les cas d'égression vestibulaire, les dents
doivent être maintenues pendant la réorganisation tissulaire.
Pour RIEDEL, toutes les dents incluses mises en
place sur l'arcade tendent à se réinclure. Il faut les stabiliser pendant
plusieurs mois.
La contention peut être assurée par
l'appareillage multibague utilisé pour la traction de la dent ou par une plaque
en résine munie d'un bandeau vestibulaire sur lequel sont soudés de petits
éperons de part et d'autre de la dent mise en place. De la résine est placée
sur les éperons et appliquée dans les espaces interproximaux gingivalement par
rapport à la ligne du plus grand contour.
III. CONCLUSIONS
En
1919, HAWLEY déclarait : » si quelqu’un veut s’occuper de mes cas
quand je les termine et prendre la responsabilité de ce qui suit, je serai
heureux de lui donner la moitié de mes honoraires ».
Lorsqu'un
cas est terminé, l'orthodontiste ne peut se satisfaire d'avoir atteint les
objectifs qu'il s’était fixés. Il doit essayer de contrôler la manière dont
l'occlusion va évoluer à court et moyen terme. La diminution de la longueur
d'arcade qui est plus importante chez les filles que chez les garçons aboutit
chez tous les individus du type caucasien observés à un encombrement incisif
inférieur.
Lorsque
le traitement actif est terminé, il est possible d'adopter différentes
attitudes dépendant du type de cas traité et des conceptions de
l'orthodontiste : plusieurs théories s'affrontent :
1.
Théorie de l'équilibre:
Si
le traitement est bien terminé un équilibre s'établit à la fin du traitement.
La croissance résiduelle va s'appuyer sur cet équilibre et s'effectuer
harmonieusement. La contention est donc inutile.
2. Théorie du
décalage:
Il
existe à la fin du traitement un décalage entre la position correcte des dents
et l'environnement oral immature. Il est donc nécessaire de maintenir une
contention jusqu'à la fin de la croissance.
Il est possible de rattacher à cette situation les cas où
il est établi que la stabilité ne sera jamais obtenue. Une contention
permanente est alors obligatoire.
3. Théorie de
l'assistance partielle
En
fin de traitement, l'équilibre est presque établi et nécessite une aide
temporaire durant la réorganisation tissulaire.
Il
ne faut pas oublier qu'il existe des techniques complémentaires qui apportent
une aide importante à la stabilisation des résultats :
- Toutes les
recherches concordent pour mettre en évidence une nette diminution des
récidives des rotations après section des fibres supra-alvéolaires.
- De
même, l'excision de l'excès de tissu gingival après fermeture des sites
d'extraction diminue le risque de réouverture des diastème à ce niveau.
- Le
risque de récidive de certaines malocclusions peut être diminué en évitant
quelques pièges.
- Si
l'on craint l'évolution tardive de la face, par exemple dans les cas de Cl III,
il est toujours possible de différer le début du traitement en attendant la fin
du pic de croissance.
-
D'autre part, avec RIEDEL, il est permis de penser qu'un traitement précoce des
macrodonties relatives par pilotage et éventuellement germectomies permettra
d'éviter la formation de certaines rotations unitaires.
- Il
semble souhaitable de ne pas modifier l'inclinaison du plan mandibulaire et du
plan d'occlusion.
La
situation est beaucoup plus inquiétante lorsque l'étiologie de la malocclusion
semble être un déséquilibre musculaire, fonctionnel ou hormonal. Une question
peut alors être posée : est - ce qu'il existe des malocclusions dont les
risques de récidive sont si grands qu'il soit préférable de ne pas les traiter
?