[fr]Critères esthétiques[/fr][en]Aesthetic criteria[/en]Publié par Flaggada le 02-05-2008 (5831 lus)Rappels :
Critères de l’esthétique du visage 1. Classification anthropométrique typologique
La
typologie anthropométrique est basée sur des indices : ·
Indice céphalique de RETZIUS, qui compare la
largeur et la hauteur du crâne ; ·
Indice facial de KOLLMAN, qui compare la
hauteur et la largeur de la face (leptoprosope, mésoprosope,
euryprosope) ; ·
Indice facial nasal qui donne les proportions
du nez ; ·
Indice buccal qui objective l’épaisseur
relative des lèvres ; ·
Indice arcade-face d’IZARD qui détermine la
forme des arcades ; ·
Indice zygomato-mandibulaire qui caractérise
la largeur des maxillaires. La
typologie basée sur la morphologie somatique : THOORIS distingue quatre
types morphologiques et constitutionnels en rapport avec la corpulence.(fig. 1). 2. Critères raciaux et géographiques
Les
différents canons esthétiques font tous référence à des races caucasiennes. Certaines
normes céphalométriques sont cependant utilisées abusivement comme références
universelles, pour le traitement de populations racialement éloignées de celles
qui ont servi à établir la norme. a)
La demande esthétique en fonction des races
MARTIN,
cité par DORIGNAC, montre qu’un jury composé d’hommes nord-américains noirs et
blancs choisit dans une population de femmes noires et blanches celles dont les
traits se rapprochent du type caucasien. A l’inverse, un jury nigérien
retiendra pour la même population les femmes de type nettement négroïde. Les
critères de sélection semblent donc basés sur une image esthétique propre à
chaque culture. b)
La variation des caractères morphologiques
Selon
VALLOIS, les critères morphologiques à retenir pour identifier une race sont la
stature, la forme du crâne (dolicho-, brachy-, ou méso-céphalie)et la forme du visage (pro-, ortho-, ou eury-gnathisme). (1)
Variations
raciales de la forme du crâne
On
remarque une tendance à la dolichocéphalie pour la race noire, et à la
brachycéphalie pour la race jaune. Pour
RICHARDSON (1980), ce sont les paramètres les plus près des zones
alvéolo-dentaires qui présentent les plus grandes différences raciales. OLIVIER
(1988) détermine même une tendance mésocéphalique dans le nord de (2)
Variations
raciales du profil
·
Le
nez : SAINT-HILAIRE
puis DENICKER ont proposé les premiers d’utiliser la variabilité de la forme du
nez pour classer les races. Ce
dernier confère à l’indice nasal une valeur de classification
schématique : -
Les blancs ont le nez étroit, saillant, au
dos convexe ou concave, et la distance inter-orbiculaire est réduite ; -
Les jaunes ont un indice nasal moyen, le nez
est petit au dos concave et aux orifices circulaires ; -
Les noirs ont un nez plus large et aplati, au
dos concave et à l’ensellure nasale accusée par un torus sous-orbitaire. ·
Les
lèvres : De
nombreux auteurs (BJÖRK 1950, JACOBSON 1978, BACON 1979) mettent en évidence
une biprocheilie en association avec une bivestibuloversion incisive constante
chez les noirs. Pour
BISHARA (1990), les Caucasiens nord-américains et les Egyptiens ne présentent
pas de différence significative quant à la position de leurs lèvres. Plusieurs
auteurs (FUKUHARA, VESATO, ENGEL, COOKE) ont également mis en évidence une
tendance à la biprotrusion des populations japonaise et chinoise par rapport à
la moyenne caucasienne. ·
La
hauteur des étages : MUZJ
distingue le prognathisme de race négroïde de celui de la race caucasienne par
la position inclinée du front, caractère typique racial, à l’aide de la mesure
de son angle fronto-facial. FONSECA
et KLEIN (1978) indiquent une hauteur faciale inférieure plus importante chez
les populations noires que chez les populations blanches. ENGEL
(1981) rapporte une largeur faciale plus importante de la population japonaise. ·
Le
prognathisme racial : COOKE
et WEI (1989) mettent en évidence un prognathisme mandibulaire plus fréquent
chez les enfants chinois que chez les Caucasiens. Les
critères raciaux esthétiques possèdent des différences incontestables,
significatives au niveau des positions labiales et des autres éléments du profil. Cependant,
la demande esthétique et l’uniformisation des goûts entre les races se généralise, et on constate que les types de beauté raciale
tendent à disparaître. Le brassage des races fait que la beauté type devient un
modèle stéréotypé à consonance caucasienne. 3. Critères morphopsychologiques
CORMAN(1970), pense qu’il existe un rapport très
étroit entre la morphologie faciale et la psychologie, une corrélation
constante entre forme et fonction. Pour
LUSTERMAN : « le visage influence et façonne la personnalité et
le comportement ». GRABER,
cité par HOLDAWAY, pense « qu’un physique attrayant stéréotypé par les
conceptions esthétiques sociales permet l’épanouissement intellectuel et par
conséquent de s’intégrer complètement à la société ». Les
répercussions des traitements orthodontiques seront donc d’ordre esthétique et
psychique par modifications morphologiques externe et « interne ». L’expérience
clinique montre que la demande du patient est rarement dirigée vers une partie
du visage que l’orthodontiste souhaiterait normaliser. De
même, le patient sur- ou sous-évalue sa « disgrâce ». L’évaluation
psychologique du patient doit donc être approfondie par l’orthodontiste afin de
connaître les motivations et objectifs esthétiques et de prévoir son comportement
après la modification thérapeutique. 4. Perception de l’esthétique par la société et
par l’orthodontiste
De
nombreux auteurs rapportent des concordances dans la perception de l’esthétique du profil par des profanes et
par des orthodontistes : ·
H et S PECK (1970), COX, VAN DER LINDEN
(1971) concluent qu’un déficit esthétique facial
s’observe avec des faces plus convexes et des incisives plus protrusives. Ils
ont aussi mis en évidence qu’une esthétique satisfaisante pouvait être associée
à des malocclusions ; ·
SASSOUNI et WEISSMAN (1973), puis DONGIEUX et
SASSOUNI (1980) montrent que les visages des classes II sont préférés à ceux
des classes III, et que les cas deep-bite sont plus appréciés que les cas
open-bite ; ·
Selon P et R LINES, les profils féminins sont
préférés avec des lèvres plus protrusives, alors qu'un menton accentué
représente un caractère esthétique masculin. Une
différenciation sexuelle des critères de beauté apparaît dans l’ensemble des
travaux, dont on doit tenir compte dans les analyses céphalométriques des
tissus mous. Cependant,
le concept d’esthétique faciale de la société actuelle ne coïncide pas
forcément exactement avec celui des orthodontistes ; en particulier, le
public aime un profil plus protrusif que celui admis par les standards céphalométriques ;
il faut donc en tenir compte. LW
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