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Resorptions

Publié par Flaggada le 02-05-2008 (2710 lus)
LES RESORPTIONS RADICULAIRES EN ORTHODONTIE

 

 

 

LES RESORPTIONS RADICULAIRES EN ORTHODONTIE

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

DEFINITIONS

 

 

RAPPELS : EMBRYOLOGIQUES, HISTOLOGIQUES

           

 

ETIOPATHOGENIE

 

 

EPIDEMIOLOGIE

 

 

ETIOLOGIE :

                       

1-Facteurs de risques antérieurs au traitement

                        2-Facteurs de risques liés au traitement

                        3-Facteurs de risques après le traitement orthodontique

 

 

DIAGNOSTIC POSITIF

 

 

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

 

 

DIAGNOSTIC EVOLUTIF

 

 

TRAITEMENT 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

 

 

 

 

 

 

                        LES RESORPTIONS RADICULAIRES EN ORTHODONTIE

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

La résorption radiculaire est un problème auquel l’orthodontiste est  souvent confronté au cours de ses traitements.

C’est en 1856, citée par BATES, qu’apparaît pour la première fois la notion de résorption de dents permanentes.

OTTOLENGUI, en 1914, mentionne une relation directe entre résorption radiculaire et traitement orthodontique.

Puis, KETCHAM a été le premier à mettre en évidence, à l’aide de la radiographie, la perte de longueur radiculaire avant et après traitement orthodontique.

Depuis de nombreuses recherches histologiques, cliniques, et physiologiques ont été menées à ce sujet qui suscitent un regain d’intérêt actuellement, sans doute à cause du problème qu’il pose d’un point de vue médico-légal.

 

DEFINITIONS

 

LUCCI et al. définissent la résorption apicale comme une activité cémentolytique et éventuellement dentinolytique de la surface radiculaire de nature irréversible.

La lésion peut s’étendre d’une fraction de millimètre à plus de la moitié de la racine et compromettre ainsi gravement la stabilité de la dent.

            Pour TRONSTAD, les résorptions externes sont divisées en trois catégories:

                                   - la résorption inflammatoire externe progressive

                                   - la résorption cervicale

                                   - la résorption de remplacement ou l'ankylose

            La résorption externe qui nous intéresse en orthodontie est la résorption inflammatoire externe progressive.

 

Pour d’autres auteurs, Les résorptions externes se divisent en 5 groupes : substitutif, inflammatoire, tumoral, idiopathique et compressif.

Les résorptions orthodontiques rentrent dans le groupe des résorptions compressives.

D’un point de vue topographique, les résorptions d’origine orthodontique peuvent être latérales ou apicales.

 

 

RAPPELS

 

EMBRYOLOGIQUES : La formation de la racine

 

            Le développement radiculaire débute lorsque les dimensions de la couronne sont acquises.

 

            1-la formation de la gaine de Hertwig

 

            La gaine de Hertwig est la structure épithéliale annulaire qui prolonge l'organe de l'émail au niveau radiculaire. Elle se développe à la fin du stade de l'organe en cloche au niveau du collet anatomique de la dent à partir de la boucle cervicale. Elle résulte de l'accolement de l'épithélium dentaire interne et externe. Elle est donc formée de deux couches cellulaires qui prolifèrent en direction apicale jusqu'à la future extrémité des racines. Une membrane basale sépare la gaine de Hertwig des mésenchymes pulpaire et folliculaire.

 

            2-La formation du cément

 

            Elle débute au moment de la désagrégation de la membrane basale interne dès que les odontoblastes radiculaires se mettent à synthétiser la prédentine.

            Du fait de la composition différente des dentines coronaires et radiculaires, les cellules de l'épithélium dentaire interne ne se différencient pas en améloblastes fonctionnels mais sécrètent au contraire une fine couche de matrice extracellulaire appelée le cément intermédiaire.

            Lorsque le cément intermédiaire est déposé, la membrane basale externe (folliculaire) se désagrège et les cellules épithéliales externes (folliculaires) vont se séparer et s'éloigner de la surface dentinaire. Elles se regroupent dans le desmodonte en formation pour former les amas cellulaires que l'on appelle les débris épithéliaux de Malassez.

            La séparation des cellules épithéliales va permettre à des cellules fibroblastiques issues du follicule de migrer et de venir au contact du cément intermédiaire et de la dentine et de s'y attacher.

            Les fibroblastes folliculaires attachés à la dentine vont alors se différencier en cémentoblastes. Puis, ils se polarisent en direction de la dentine et se mettent à synthétiser et à sécréter tous les composants de la matrice cémentoïde ou précément. Puis, cette matrice se minéralisera pour donner le cément. La minéralisation cémentaire est un phénomène très rapide qui a lieu par l'intermédiaire de vésicules matricielles.

            Le cément va s'apposer par couches successives parallèles entre elles et parallèles au grand axe de la racine. Au cours de cette formation, les fibres du sac folliculaire qui se trouvent dans la zone d'apposition cémentaire vont se trouver incorporées dans le cément.

 

            1-3-3-3-La formation du desmodonte

 

            Elle débute en même temps que celle du cément. On assiste tout d'abord à une augmentation des divisions cellulaires dans le mésenchyme folliculaire. Puis, les cellules acquièrent une fonction sécrétoire développée pour donner naissance aux composants fibrillaires du desmodonte ( essentiellement des collagènes de type 1, 3, 5, 6, 12 et de l'élastine). Les fibres de collagène de type 1 sont les plus importantes à la fois en taille et en quantité. Certaines d'entre elles s'insinuent à la fois entre les cémentoblastes dans la matrice cémentoïde et entre les ostéoblastes de la lame cribriforme alvéolaire dans la matrice ostéoïde pour attacher la dent à l'alvéole. Ce sont les fibres de Sharpey.

 

HISTOLOGIQUES : L’OS, LE CEMENT , LE LIGAMENT, L’EFFET DE L’APPLICATION D’UNE FORCE.

 

                        L’OS ALVÉOLAIRE

 

Il constitue le support des dents. Il naît , vit et meurt avec la dent.

La matrice osseuse est formée d’une phase organique liée à une phase minérale. L’élément majeur de la matrice organique est le collagène de type 1 (85 à 90%), le reste étant représenté par des protéines non collagèniques.

3 types de cellules sont rencontrées : les ostéoblastes, les ostéocytes et les ostéoclastes.

Les ostéoclastes sont associés à la résorption osseuse. Ils proviendraient de la fusion de cellule monocluées de la moelle osseuse. Ils se présentent comme des cellules géantes dont le diamètre varie de 20 à 100 microns et qui contiennent entre 2 et 100 noyaux.

 

L’interface entre l’os et le desmodonte se caractérise par l’existence d’un type d’os particulier : l’os fasciculé. Son originalité est d’être constitué d’une double orientation fibrillaire. Une intrinsèque formant la trame constitutive de l’os. L’autre extrinsèque, constituée par les faisceaux desmodontaux , qui s’incluant dans le tissu osseux prennent le nom de fibres de Sharpey.

Entre les fibres de Sharpey, de nombreux ostéoblastes sécrètent la trame intrinsèque de l’os alvéolaire.

Cet os fasciculé est séparé de l’os de support des maxillaires par une ligne cémentante. L’insertion des fibres de Sharpey est peu profonde et s’arrête au niveau de cette ligne.

Les zones d’ancrage sont interrompues au niveau de pertuis mettant en communication le desmodonte et les cavités médullaires de l’os support, par lesquels passent vaisseaux, nerfs et lymphatiques. Ce sont les voix de passage qui ont donné à la paroi alvéolaire le nom de lame criblée (ou cribriforme).

La paroi alvéolaire n’est pas uniforme sur son pourtour. A une face qui apparaît régulière et lisse s’oppose une face irrégulière et déchiquetée. Cette hétérogénéité est en rapport avec la migration physiologique des dents, phénomène d’adaptation à l’abrasion occlusale  et proximale. La face du côté du mouvement est la face en remaniement, où il se produit une résorption. Sur la face diamétralement opposée il se produit une apposition continue permettant de maintenir constante la largeur du desmodonte.

 

La face en apposition

son caractère principal est la présence d’une couche régulière d’ostéoblastes séparés de la surface osseuse par une couche épaisse de tissu ostéoïde. Les ostéoblastes qui élaborent ce tissu ostéoïde sont piégés dans leur production et deviennent des ostéocytes.

 

La face en remaniement

3 activités se succèdent dans le temps dans un foyer d’activité, mais coexistent ans des foyers voisins.

            Une phase de résorption, assurée par des ostéoclastes, cellules multinucléées, qui creusent dans l’os des cavités appelées lacune de Howship  par l’intermédiaire d’une zone spécialisée de leur membrane, la bordure en brosse.

Dans cette zone en résorption, l’ancrage des fibres desmodontales est rompu au niveau de la surface osseuse par les ostéoclastes.

Selon RODAN et MARTIN,  les ostéoblastes contrôleraient et réguleraient localement la résorption osseuse par les ostéoclastes.

            Une phase dite d’inversion au cours de laquelle se reforme l’ancrage ligamentaire probablement sous l’action des fibroblastes desmodontaux. Lorsque la cavité de résorption a atteint une profondeur de 60 microns sur les surfaces trabéculaires, la résorption s’arrête à cet endroit, et des ostéoblastes sont recrutés pour réparer la perte osseuse.

            Une phase d’apposition au cours de laquelle des ostéoblastes synthétisent du tissu ostéoïde qui se minéralise en englobant les fibres de Sharpey reformées au stade précédent.

L’apposition dans les lacunes reste incomplète par rapport à l’action des ostéoclastes. De ce fait la balance osseuse est négative sur la face en remaniement.

La quantité de mouvement comme l’a montré BARON, est égale à la sommation des différences entre la quantité d’os résorbé et la quantité d’os en apposition dans les foyers.

 

 

 

                        LE CEMENT

 

            C'est un tissu minéralisé de couleur jaune clair, qui recouvrant la partie radiculaire de la dent, dont l'épaisseur est maximale dans la région apicale et qui va en diminuant dans la région du collet.  

 

            On a deux types de cément: le cément primaire et le cément secondaire :         

 

            Le cément primaire ou acellulaire se trouve essentiellement dans les deux tiers supérieurs de la racine et son épaisseur très faible (20 à 50 microns) va en diminuant vers l'apex où il n'y en a plus en général.

 

            Le cément secondaire ou cellulaire se trouve dans le tiers apical et a une épaisseur assez importante (200 à 250 microns) qui va en augmentant en direction apicale.

            Le cément cellulaire a une structure qui ressemble fortement à celle de l'os mais sans la vascularisation.

            Des cellules mésenchymateuses indifférenciées du desmodonte sont capables de se différencier en cémentoblates pour sécréter du néocément.

 

            Les couches de cément acellulaire et cellulaire peuvent alterner de manière erratique. Du cément acellulaire borde ordinairement la dentine, mais est parfois remplacé par du cément cellulaire au niveau du tiers apical de la racine. Les deux céments sont séparés par des stries de croissance, signant une formation périodique.

 

            On distingue dans le cément deux types de fibres:

            - Les fibres intrinsèques, synthétisées par les cémentoblastes, qui constituent la trame cémentoïde et qui sont formées principalement de collagène de type 1. Elles sont parallèles au grand axe de la racine.

            - Les fibres extrinsèques qui sont synthétisées par les fibroblastes desmodontaux et sont incluses au fur et à mesure de la formation du cément. Elles sont perpendiculaires au grand axe de la racine et sont formées de collagène de type 1 et 3. On les appelle aussi les fibres de Sharpey.

            Les fibres de Sharpey traversent le cément primaire et secondaire et arrivent presque au contact de la dentine radiculaire. Elles forment l'ancrage cémento-desmodontal de la dent.

 

            La vascularisation et l’innervation sont nulles et le cément se nourrit par diffusion d'éléments provenant des vaisseaux du desmodonte.

 

            Le cément a un rôle dans l'attachement de la dent, la protection de la dentine radiculaire, la réparation et la compensation verticale et horizontale.

 

                        LE DESMODONTE

 

            C'est un tissu conjonctif dense qui entoure les racines des dents et qui relie le cément à la corticale interne de l'os alvéolaire.

            Sa largeur moyenne est de 0,25 mm; et on note une zone d'étranglement du ligament à la jonction 1/3 apical - 2/3 cervical de la racine qui correspond à l'hypomochlion.

 

           

 

            La substance fondamentale conjonctive

 

            C'est l'un des composants principaux de la matrice conjonctive extra cellulaire, elle est composé

d'eau et de sels minéraux sous forme dissoute liés au sein de la substance fondamentale et de composants organiques qui sont essentiellement représentés par le collagène de type 1 et 3.

 

            Les éléments cellulaires

 

            On a, du côté osseux, des ostéoblastes en période d'apposition et des ostéoclastes en période de résorption. Du côté du cément, on a des cémentoblastes en période d'apposition et des cémentoclastes en période de résorption.

            Dans la masse du ligament, nous trouvons des fibroblastes, des cellules épithéliales au niveau des débris épithéliaux de Malassez, et des cellules inflammatoires lors d'inflammations qui sont représentées par des mastocytes, des leucocytes et des plasmocytes.

 

            Les éléments fibrillaires

 

            Le desmodonte est surtout composé d'éléments fibreux qui sont représentés à 99% par le collagène de type 1 et 3.

            Le collagène de type 1 va former de grosses fibres desmodontales visibles au microscope optique et que l'on classe en fibres ayant un rôle dans le système d'attache de la dent ; en fibres interstitielles qui cheminent verticalement ou obliquement  et qui soutiennent les nerfs et les vaisseaux dans l'espace desmodontal; et en fibres du plexus intermédiaire qui est un épaississement de fibres de collagène se trouvant à égale distance entre le cément et l'os et qui est la zone où le renouvellement (turn over) du collagène est le plus important.

            On note aussi d'autres fibres qui sont des fibres élastiques (uniquement dans les parois des vaisseaux) et des fibres oxytalanes isolées résultant de l'association de microfilaments).

 

            La vascularisation et l’innervation suivent le même schéma et se situent à trois niveaux

Au niveau inférieur, elles traversent l'os et arrivent dans le tiers apical du ligament

Au niveau moyen, elles traversent la corticale interne des septa osseux

Au niveau supérieur, traversent le septum et d'autres arrivent du tissu conjonctif gingival.

On note aussi la présence d'amas capillaires de Welb qui sont spécifiques du desmodonte, ainsi que des centres de la proprioception

Le drainage lymphatique suit le trajet des nerfs et des vaisseaux, et aboutit aux ganglions sous-maxillaires.

 

            Le ligament a un rôle dans la fixation à l'os, dans la défense et la réparation, dans la proprioception et dans le soutien des tissus gingivaux.

 

 

EFFET DE L’APPLICATION D’UNE FORCE

 

Dès l’application de la force, on note un déplacement immédiat de la dent surtout d’origine hydraulique avec une compression vasculaire côté pression et un dilatation vasculaire côté tension.

 

Du côté pression, lorsque la force est de faible intensité, la vascularisation est perturbée mais permet tout de même aux éléments cellulaires d’atteindre la zone en compression. Par contre, lorsque la force est d’intensité importante, on aura un écrasement vasculaire entraînant une diminution partielle ou totale de l’apport vasculaire métabolique et une dégénérescence cellulaire. Il se produit à ce niveau une nécrose aseptique qui a un aspect acellulaire et que l’on appelle la zone hyaline.

La hyalinisation en empêchant la formation et la migration des cellules notamment des ostéoclastes va empêcher la résorption directe et donc bloquer le mouvement, même si à la périphérie la résorption osseuse indirecte débute. C’est au niveau des espaces médullaires de l’os spongieux situé en regard de la zone hyaline que l’on aura une activité ostéoclastique.

La zone hyaline est éliminée après une période de 3 à 5 semaines.

 

Du côté tension, il existe un temps de latence beaucoup plus faible des réactions tissulaires. On observe au bout de quelques heures une augmentation importante de l’activité mitotique des cellules desmodontales qui est maximum au bout d’un jour pour se stabiliser au troisième jour.

Il se produit donc une réorganisation ligamentaire avec une augmentation de la synthèse fibrillaire et une apposition osseuse d’os fibreux immature, l’ostéoïde, qui sera ensuite remanié par apposition remodelante. Cette trame organique ne commence à se calcifier qu’après 10 à 15 jours et l’os n’est mature qu’à partir de 3 à 4 semaines.

 

 

ETIOPATHOGENIE

 

 

            Lors des traitements orthodontiques, on observe des résorptions de surfaces ou des résorptions inflammatoires transitoires.

            Les forces orthodontiques appliquées agissent de la même façon sur l'os ou le cément, qui sont séparés par le ligament alvéolo-dentaire. S'il n'y avait pas de différences entre ces deux tissus, ils se résorberaient de la même façon, mais le cément est plus résistant à la résorption. En effet, les forces orthodontiques causent en général la résorption de l'os qui conduit au déplacement de la dent. Cependant la résorption du cément et de la dentine peut aussi survenir.

            Les cellules résorbantes de la racine, les odontoclastes, ont les mêmes caractéristiques cytologiques et fonctionnelles que les ostéoclastes. Leur origine est à la fois systémique et locale. La résorption des tissus dentaires calcifiés arrive lorsque les ostéoclastes ont un accès au tissu minéralisé par l'intermédiaire d'une "brèche" dans la couche formatrice qui les recouvre. Les zones de la racine minéralisées ou dénudées attirent les cellules résorbantes qui vont venir coloniser la région endommagée de la racine (TRONSTAD en 1988). La dégradation de la matrice organique n'est pas encore entièrement comprise. D'après JONES et BOYDE en 1988 les ostéoclastes seraient responsables à la fois de la déminéralisation et de la dégradation de la matrice organique. La production de protons et l'acidification de la bordure en brosse jouerait un rôle dans la déminéralisation. Les cystéines protéinases d'origine ostéoclastique auraient un rôle important dans la dégradation de la matrice organique.

            L'activité de résorption, comme réponse aux stimuli mécaniques ou chimiques par les cellules du ligament, est caractérisée par la synthèse de prostaglandine E avec l'augmentation concomitante de l'AMPc. Ce phénomène est régulé par des hormones (parathyroïde et calcitonine) des neurotransmetteurs (substance P, VIP, CGRP), et des cytokines ou des monokynes. Des auteurs ont aussi suggéré que les ostéoclastes pouvaient être contrôlés par les ostéoblastes.

            Pour ANDREASEN (1988) la résistance à la résorption est due à la couche cellulaire la plus interne du ligament alvéolo-dentaire. Cette couche permet les mécanismes de protection de la racine ainsi que le potentiel de réparation . Elle contient des cémentoblastes, des fibroblastes, des ostéoblastes et des cellules endothéliales et péri-vasculaires. ANDREASEN n'envisage pas le rôle de la partie périphérique du ligament, les fibres de Sharpey du cément, du cémentoïde et des débris épithéliaux de Malassez dans les mécanismes de prévention de la résorption. JONES et BOYDE n'excluent pas que la couche cellulaire recouvrant la racine, les fibres de Sharpey, la couche superficielle de la matrice non minéralisée (le cémentoïde et la prédentine) et les éléments de la matrice organique prennent part dans la résistance à la résorption radiculaire.

            Il est prouvé que les tissus non encore minéralisés, l'ostéoïde, le cémentoïde et la prédentine sont résistants à la résorption et ils doivent initialement prévenir la perte des tissus de la racine (REITAN). Cependant, une pression continue peut éventuellement conduire à la résorption de ces zones (REITAN, TRONSTAD). Plus tard, il a été démontré que la résorption radiculaire survenait même dans les dents où la déposition de matériel minéralisé était empêchée (WESSELNICK et coll. en 1988).

            Les lacunes de résorptions apparaissent surtout du côté pression et plus rarement du côté tension.

            Les recherches sur l'homme et l'animal démontrent que l'hyalinisation parodontale précède le processus de résorption radiculaire pendant les traitements orthodontiques (REITAN en 1964, RYGH en 1977, KVAM en 1972). La perte du matériel radiculaire survient à ce niveau.

Trois stades sont décrits dans la zone d'hyalinisation: dégénération, élimination des produits de destruction et réorganisation. L'élimination du tissu hyalinisé correspond au processus de résorption radiculaire (RYGH).

            Après application de la force orthodontique, la lacune de résorption met entre 10 et 35 jours pour apparaître. Cliniquement ce degré de résorption ne peut être détecté avec les radiographies surtout lorsqu'il survient sur les surfaces vestibulaires ou linguales de la racine.

            Selon SCHWARTZ (1932), lorsque la pression diminue en-dessous de la valeur optimale de la force (20 à 26g/cm²), la résorption radiculaire cesse. REITAN et RYGH sont d'avis que le cémentoïde remplit ces lacunes de résorption. Ce phénomène retarde la survenue d'une nouvelle résorption radiculaire et initie le processus de réparation.

            La réparation des lacunes de résorption est visible 35 à 70 jours après l'application de la force (HARRY et SIMS en 1982, STENVICK et MJÖR en 1970). Les lacunes de résorption cémentaire sont entièrement anatomiquement réparées. Les lacunes profondes sont réparées par une fine couche engendrant une forme radiculaire irrégulière. A la suite de ces deux types de réparation, la largeur du ligament est en général normale.

 

            Il faut savoir que ces résorptions radiculaires intéressent soit la partie interne de la racine c'est à dire la dentine: c'est la résorption interne ; soit la partie externe de la racine, c'est à dire le cément et la dentine: c'est la résorption externe.

 

En ce qui concerne la résorption interne.

           

Traditionnellement, la résorption interne a été associée avec la présence d'une inflammation chronique dans la pulpe. Cependant, les mouvements orthodontiques peuvent engendrer une dégénérescence au niveau de la pulpe de telle façon que l'on ait plus de couche protectrice (odontoblastes) ainsi qu'un arrêt concomitant de la sécrétion de prédentine. Dans ce cas, on aura affaire à une résorption inflammatoire transitoire qui en l'absence d’évolution vers la chronicité, d'infection de la pulpe, va s'arrêter d'elle-même (TRONSTAD en 1988). Par contre, dans le cas contraire, on aura une persistance de la résorption, on aura alors une résorption inflammatoire progressive qui peut aboutir à la destruction de la racine.

            Les résorptions inflammatoires transitoires sont fréquentes. Il faut savoir qu'elles n'ont pas de manifestations cliniques et que les défauts liés à la résorption sont trop petits pour être vus à la radiographie. Le tissu de réparation est du cémentoïde.

            Les résorptions inflammatoires progressives sont très rares et très peu étudiées (TRONSTAD en 1988).

 

EPIDEMIOLOGIE

 

A la lumière des différents travaux, le pourcentage de patients atteints de résorption apicale varie d’un minimum de 20,6% à un maximum de 100%, alors que le pourcentage des dents intéressés par le processus varie de 13,3% à 86,4%.

Selon BREZNIAK et WASSERTEIN (1993), les dents les plus affectées par la sévérité des résorptions sont les incisives latérales et centrales supérieures, les incisives mandibulaires, la racine distale de la première molaire, la deuxième prémolaire inférieure et supérieure.

 

ETIOLOGIE

 

Les conditions locales et générales qui président à l’apparition des résorptions apicales orthodontiques sont multiples et multifactorielles. Dans un but de clarification, GIGANTI et al.(1997), à l’issu d’une revue de la littérature, les ont classés en 3 groupes.

 

                        1-Facteurs de risques antérieurs au traitement

 

Facteurs de risques, d’ordre général, antérieurs au traitement

 

- Hérédité (HARRIS et al. 1997, AJO)

- Troubles endocriniens

- Désordres métaboliques

- Susceptibilité individuelle

 

Facteurs de risques, d’ordre loco-régional, antérieurs au traitement

 

- Malposition 

- Surplomb

- Indice de Wits (quand AO-BO augmente)

- Dents incluses

- Forme des apex (lorsque l’apex est émoussé et effilé)

- Anomalies radiculaires (racines courtes, fines, ou globuleuses, la taurodontie)

- Granulomes et kystes dentaires

- Bruxisme (HARRIS  et BUTLER en 1992)

- Traumatisme dentaire (fractures radiculaires)

- Habitudes pernicieuses (succion de doigt, onychophagie, fumeurs de pipe)

- Angle du plan de Francfort avec le plan occlusal de Downs (quand il augmente)

- Inclinaison du plan palatin vers le haut

- Modalité de résorption de la denture temporaire

- Orthodontie pré et post-chirurgicale

- Agénésie (LEVANDER et al. 1998)

- Ectopie

- Proximité des apex des incisives supérieures de la corticale palatine (HORIUCHI et al. 1998, AJO (3) )

- Degré de fermeture de l’apex (les dents à apex ouverts sont plus résistantes voire insensibles à la résorption apicale.)

 

Facteurs de risque incertains antérieurs au traitement :

 

- Densité de l’os alvéolaire

- Proximité des apex des incisives et de la corticale osseuse

 

Facteurs antérieurs au traitement n’entraînant aucun risque de résorption :

 

- Type de malocclusion

- Angle de Collum

- Angle interincisif

- Infraclusion incisive

- Traitement endodontique

- Sexe

- Age

- Patients traités en orthodontie

 

2-Facteurs de risques liés au traitement

 

Facteurs de risque certains liés au traitement :

 

- Orthodontie fixe

- Forces extra-orales

- Disjonction rapide

- Correction du surplomb

- Durée de port des élastiques de classe II  (LEVANDER et al. 1998)

 

Facteurs de risque incertains liés au traitement :

- Intensité de la force

- Durée du traitement

- Importance du déplacement  et type de déplacement.

- Arcs rectangulaires  (LEVANDER et al. 1998)

 

Facteurs sans incidence :

 

- Traitement par extraction

- Mécanique avec arc continu/arc sectoriel(ALEXENDER, 1996)

 

 

3- Facteurs de risque après le traitement orthodontique

 

Pour la plupart des auteurs, la résorption radiculaire cesse après le traitement actif lorsque les appareils sont déposés. Cependant, certains auteurs rapportent des cas où la résorption se poursuit après ce terme. Ce qui prouve que le parodonte souffre encore des forces appliquées. Pour DOUGHERTY, si la résorption continue après la dépose de l’appareil, cela peut être dû à un traumatisme occlusal, à une contention encore active, à un échec  du traitement. A ce sujet, SHARPE et al. ont trouvé l’existence d’une relation entre la récidive d’un traitement et l’importance de la résorption.

 

 

 

 

 

DIAGNOSTIC POSITIF

 

En ce qui concerne le diagnostic clinique de résorption apicale chez un patient , il faut savoir que l’examen endo-buccal n’étant significatif que pour des lésions avancées, il faudra se référer aux examens complémentaires.

Classiquement, avant de débuter un traitement d’orthodontie, une orthopantomographie est réalisée. Il peut être intéressant de réaliser un bilan long cône avant traitement de façon à visualiser la forme des apex et l’existence d’éventuelles résorptions.

RUPP (1995) recommande de réaliser régulièrement des radiographies péri-apicales pendant le traitement.

LEVANDER et al.(1998) recommandent des radiographies de contrôle tous les 3 mois chez les sujets déterminés comme étant à risque.

 

En ce qui concerne les moyens d’étude, l’étude radiologique est le moyen le plus communément adopté. Il nécessite une méthode d’analyse standardisée et ne peut qu’être comparatif, utilisant une radiographie avant et après traitement.

La plupart des auteurs utilisent la radiographie intra-buccale rétro-alvéolaire en utilisant la technique de la bissectrice, les porte-films individuels.

La radiographie panoramique, n’est pas un moyen d’examen de grande précision, soit à cause de la distorsion existante, soit à cause des modifications de l’inclinaison dentaire en fin de traitement.

Certains auteurs ont utilisé des examens téléradiographiques et des incidences occlusales.

 

Mais c’est l’examen histologique des racines en voie de résorption qui reste certainement le meilleur critère par la précision des résultats que l’on obtient. On observe aisément la résorption (souvent invisible aux examens radiologiques) sur toutes les faces de la racine.

 

 

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

 

Le diagnostic différentiel devra se faire avec les différentes formes étiologiques des résorptions. Mais surtout avec les images radiologiques des modifications d’inclinaison ou les erreurs d’incidence.

A ce sujet, JOHNSTON a pu conclure, dans une étude in vitro concernant l’utilisation de la radiographie panoramique, qu’un changement d’angulation d’environ 20°, entre le début et la fin du traitement n’entraînait pas de modification significative de la longueur radiculaire.

Il est important de signaler que la totalité de la racine de la dent doit être comprise dans le plan de coupe de l’orthopantomographie afin que l’image radiographique soit significative. Sachant que la taille de cette coupe est d’environ 1cm, il est facile de se rendre compte qu’un fort décalage des bases maxillaires, une version marquée des dents, la sélection d’un plan de coupe inadapté ou une orientation inadéquate du patient lors de la prise du cliché peut entraîner des images radiographiques erronées.

 

 

DIAGNOSTIC EVOLUTIF

 

Sans arrêt du traitement orthodontique, la résorption de la racine va persister, pouvant occasionner à plus ou moins court terme la perte des dents intéressées par la résorption.

Cependant de nombreux auteurs soutiennent que la résorption d’origine orthodontique est, le plus souvent, modérée ou qu’elle ne dépasse pas le tiers de la longueur radiculaire.

KALWARF rappelle qu’une perte de support radiculaire de 3mm équivaut à une perte de 1mm de crête alvéolaire, et que l’essentiel du support dentaire se situe dans les 2/3 coronaires de la racine.

Cela amène certains auteurs comme BRODIE à penser qu’on attache trop d’importance à la résorption radiculaire.

Il n’en n’est pas moins vrai qu’une résorption sévère reste dangereuse pour la pérennité de la dent sur l’arcade

Un léger degré de résorption de 2 à 3 mm semble donc être acceptable en fin de traitement.

 

 

TRAITEMENT

 

            Ce traitement est essentiellement préventif de part la nature irréversible du phénomène.

Mais il convient avant tout de déterminer la nature et l’étiologie de la résorption. Afin de savoir si la simple suppression de la force orthodontique suffira à faire cesser la résorption.

 

Cette prévention jouera sur les différentes phases du traitement. A savoir la phase pré-thérapeutique, la phase de traitement actif et la phase post-thérapeutique.

 

1-Phase préthérapeutique

 

Il faut absolument connaître les situations à risque que nous avons cité dans «les facteurs de risques antérieurs au traitement» et ainsi orienter le plan de traitement vers des choix  thérapeutiques les moins iatrogènes possibles voir l’abstention thérapeutique.

Pour cela, un interrogatoire approfondie du patient ainsi qu’une orthopantomographie et un bilan radio long cône sont indiqués. La réalisation d’un scanner peut aussi être nécessaire, dans certains cas de figure, afin de déterminer le rapport précis de certaines dents entre elles ou avec leur environnement.

 

2-Phase de traitement actif

 

De la même façon, on se doit de connaître les facteurs de risques liés au traitement d’autant plus que l’on a affaire à un cas que l’on a déterminer à risque.

Certains auteurs recommandent de réaliser des radiographies de contrôle régulièrement afin de constater la présence d’éventuelles résorptions et ainsi de réorienter le plan de traitement orthodontique.

Dans ce cas, le traitement doit interrompu afin de favoriser le renouvellement cellulaire qui va permettre à du cément secondaire, beaucoup moins résorbable, de se déposer.

REITAN suggère d’utiliser que des forces légères ou discontinues.

La réalisation de traitements endodontiques à l’hydroxyde de calcium ( par son côté fortement alcalin) pendant le traitement orthodontique a fait ses preuves.

 

3-Phase post-thérapeutique

 

La résorption orthodontique étant une résorption de type compressif, elle devrait s’arrêter après l’arrêt de l’application des forces orthodontiques. Cependant, on peut envisager que sa cessation soit tributaire de la stabilité du traitement réalisé, d’où l’intérêt, entre autre, de réaliser une phase de contention et de maîtriser les fonctions du patient.

L’utilisation de Ca OH intra-canalaire, est envisageable pendant cette phase.

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

Les résorptions apicales sont un inconvénient, difficile à éviter, de l ‘orthodontie. Le devoir de l’orthodontiste est de dépister et de maîtriser en permanence tous les facteurs de risques susceptibles d’augmenter la fréquence et la gravité de ce processus.

Devant les signes radiologiques d’alarme se pose la question de l’abstention ou de la responsabilité du traitement qui reste à discuter.

 

 

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