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Le recul des canines

Publié par Flaggada le 30-12-2007 (8677 lus)
1) INTRODUCTION
2) RAPPELS
2.1) Historique
3) RAPPELS PHYLOGENETIQUES
4) EMBRYOLOGIE
5) ERUPTION ET TRAJET D’ERUPTION DE LA CANINE
6) ANATOMIE DENTAIRE
6.1) Caractères généraux
6.2) Caractères particuliers
7) FONCTION CANINE
7.1) Rapports intra-arcades
7.2) Rapports inter-arcades
8) BIOMECANIQUE DU RECUL CANIN
8.1) Histologie du déplacement dentaire
8.2) La migration physiologique
9) APPLICATION D’UNE FORCE
9.1) Effets immédiats de l’application d’une force
9.2) Effets biologiques à court terme
9.2.1) Le coté en pression
9.2.2) Le coté en tension
9.2.3) Facteurs influençant le déplacement dentaire provoqué
10) MECANIQUE DU DEPLACEMENT DENTAIRE
10.1) Les forces
10.2) Les situations d’équilibre
10.3) Le rapport force/moment en fonction du déplacement
10.4) Le mécanique de glissement
11) STRATEGIE THERAPEUTIQUE DU RECUL CANIN
11.1) L’ancrage
11.1.1) Contrôle de l’ancrage
11.1.2) Choix de l’ancrage
12) FORCE MOTRICE
13) BIOMECANIQUE DU RECUL CANIN
13.1) Dans le sens mésio-distal
13.2) Dans le sens vestibulo-lingual
14) DIFFERENTS APPAREILLAGES
14.1) Techniques amovibles
14.2) Techniques fixes
15) RETRACTION CANINE SUR ARCS CONTINUS
15.1) Techniques EDGEWISE
15.2) Techniques de BEGG
15.3) Techniques des arcs droits
15.4) Techniques linguales
16) CONCLUSION
17) BIBLIOGRAPHIE

Le fichier à télécharger avec les schémas se trouve ici


1) INTRODUCTION

La canine est une des pièces maîtresses de l’occlusion statique et dynamique. Son rôle esthétique est en plus très important, à la fois au repos et lors du sourire.

- En cas de DDM, elle ne trouve pas sa place en bon alignement sur l’arcade car c’est une des dernières dent à évoluer.
- Son absence est à l’origine de la disparition de la bosse canine provocant un affaissement de la région naso-génienne.

Son rôle fonctionnel est essentiel : elle assure les guidages canins qui limitent les surcharges occlusales et condyliennes.

La positionner en classe I d’Angle est donc un objectif thérapeutique primordial conditionnant la réussite et la stabilité du traitement. Cela se fait généralement par recul après extractions de prémolaires ou par des réouvertures d’espaces en cas d’agénésies de latérales.
Différentes techniques peuvent être employées et leur maîtrise est essentielle afin de pouvoir se focaliser sur la stratégie thérapeutique plus que sur la mécanique orthodontique.



2) RAPPELS
2.1 HISTORIQUE

FARRAR, en 1888 s’intéressait déjà à la mise en place des canines. Il utilise :

- La « ceinture à vis » : elle est formée par une bande d’or ou de platine qui encercle une ou plusieurs dents, dont les extrémités perforées sont reliées par une vis qui permet de les rapprocher en serrant. Elle peut soit servir d’ancrage pour l’utilisation de ressorts, d’élastiques, de vis, d’un arc vestibulaire… soit enserrer les canines.
- Les bagues ou férules.
- Les plaques de vulcanites ou d’or : elles portent des ressorts ou des vis.

HARRIS extraie la première prémolaire, applique une feuille d’or sur les deux dernières molaires sur laquelle il soude deux boutons, vestibulaire et lingual. Il utilise un fil de soie noué aux boutons, entourant la canine. Elle rejoignait la seconde prémolaire en 15 à 20 jours !

Des techniques amovibles ont été utilisées en Europe jusqu’aux années 1960.

- HOUSTON et WATERS utilisent des ressorts de rétraction canine mais les jugent peu stables.
- VIENNE utilise un distaleur de canine qui fait partie d’un ensemble d’appareillages appelés « plaque à tube».

Ils ne permettent pas d’obtenir des mouvements de gression pure et ont donc été abandonnés au profit des techniques fixes.
2.2 RAPPELS PHYLOGENETIQUES

Les premiers vertébrés étaient homodontes ( dents semblables ), haplodontes ( à tubercule unique), polyodontes. Une partie des vertébrés s’est orientée vers l’hétérodontie, la plexodontie et l’oligodontie.

C’est avec la canine que la différence entre Hominidés et Simiens est la plus significative : sa taille est fortement réduite et il n’y a pas de diastèmes pour loger la canine antagoniste.
La forme de la canine ne semble pas avoir évolué depuis le paléolithique supérieur.


2.3 EMBRYOLOGIE

L’embryogénèse de la canine ne se différencie guère de celle des autres dents : elle s’organise, de même, à partir de plusieurs feuillets et tissus embryonnaires, l’ectomé¬senchyme et l’épithélium buccal.

Le mésenchyme du premier arc branchial intègre des cellules riches en acide ribonu¬cléique, celles-ci émigrent des crêtes neurales du trijumeau et elles induisent la proliféra¬tion de la lame dentaire.

L’épithélium buccal va former la lame dentaire qui en s’épaississant progressivement s’invagine dans le mésenchyme sous jacent. Ce « mur plongeant » se dédouble pour donner naissance à deux lames, la lame vestibulaire et la lame dentaire proprement dite. Cette invagination provoque une dépression au niveau de l’épithélium buccal marquant ainsi l’amorce du sillon vestibulaire.

La lame dentaire prend une direction linguale.

C’est vers la 8ème semaine que les dix épaississements épithéliaux correspondant aux dix germes de dents temporaires sont en place. Au fur et à mesure de leur développement ils vont s’isoler de la lame dentaire.

Le développement entre les bourgeons mandibulaires et maxillaires n’est pas synchrone, les bourgeons mandibulaires apparaissent plus précocement.

Vers le 3ème mois, la lame dentaire se désagrège pour donner naissance à une lame de remplacement formée par une série de 10 lamelles. Chacune d’entre elles représente le futur germe définitif de remplacement de la dent temporaire sus-jacente.

C’est ainsi qu’apparaissent, au 4ème mois, les bourgeons des canines permanentes. Leur position initiale est très linguale par rapport aux dents lactéales, mais ces bourgeons vont migrer.

La canine supérieure présente une particularité : au moment de la calcification de la première prémolaire elle se situe au dessus de celle-ci, cette première prémolaire étant elle-même située au-dessus de la première molaire temporaire.

2.4 ERUPTION ET TRAJET D’ERUPTION DE LA CANINE

Pour LACOSTE, la cavité osseuse dans laquelle est enfermée le germe dentaire défi¬nitif est en communication avec la surface par l’intermédiaire d’un canal gubernaculaire, à contenu épithélio-conjonctif, véritable rampe de lancement, dont les parois osseuses sont relativement denses.

La canine se développe dans la zone la plus encombrée de l’arcade dentaire. D’im¬portantes modifications vont se dérouler au voisinage de la région canine supérieure, puis¬que c’est l’incisive latérale supérieure, puis la première prémolaire qui effectuent initiale¬ment leur éruption.

Il n’existe pas de régie générale pour la séquence d’érup¬tion des canines et prémolaires permanentes. La canine évolue plus vestibulairement ou plus lingualement selon les conditions offertes par l’arcade dentaire et en fonction de ses rapports avec les dents permanentes voisines.

COUSIN montre les différentes étapes du chemin d’évolution de la canine supérieure : son trajet antéro-postérieur dessine schématiquement un S allongé.


2.5 ANATOMIE DENTAIRE

Elles sont relativement rudimentair¬es chez l’homme, caractérisées avant tout par leur longueur.

Caractères généraux

 La couronne se distingue par sa forme conoïde. La face vestibulaire en forme de fer de lance est subdivisée en trois lobes, le lobe médian étant de loin le plus allongé et le plus volumineux. La face buccale est aplatie ou même légèrement concave. Les faces mésiale et distale sont fortement convexes. La face occlusale est réduite à une véritable pointe d’où partent deux bords tran¬chants l’un distal, l’autre mésial.

 La racine unique et volumineuse présente souvent un sillon médian plus ou moins accusé.

 La chambre pulpaire fusiforme, assez large se prolonge par un canal habituellement rectiligne et large.

Caractères particuliers

 La canine supérieure est caractérisée avant tout par son volume et la longueur de sa racine qui a une forme ovalaire. Elle est dans l’ensemble plus forte et plus pointue que la canine inférieure.

 La canine inférieure, plus petite et moins aiguë, a une face vestibulaire sensiblement ovalaire et inclinée légèrement en dedans.







Canines maxillaires


Canines mandibulaires




2.6 GUIDAGE CANIN

La canine joue un rôle fondamental dans la physiologie occlusale. Elle apparaît comme un des éléments clef de l’organisation de l’arcade dentaire. Elle conditionne sa forme et ses rapports d’occlusion.

Rapports intra-arcades

Situées distalement par rapport aux incisives, les canines apparaissent comme des unités transitionnelles occupant les « coins » des arcades.
Elles présentent une double inclinaison axiale : corono-mésiale et corono-vestibulaire dont les valeurs varient selon les auteurs.



Elles fixent la largeur de l’arcade.

Rapports inter-arcades

• Statiques

Ils sont organisés selon le mode de l’occlusion engrénante, caractéristique des mammifères.
En normocclusion, la denture mandibulaire est en avance d’une demi-cuspide par rapport à la denture maxillaire. Ce rapport définit la classe I d’ANGLE : la crête cuspidienne de la canine mandibulaire entre en contact :

- Par son arête mésiale, avec la crête marginale distale de l’incisive latérale maxillaire
- Par son arête distale, avec la crête marginale mésiale de la canine maxillaire.

En fait, il existe un espace d’inocclusion de 0,125 mm pour Mc HORRIS, qui permet d’éviter la surcharge occlusale en position « forcée ».


• Dynamiques

- La propulsion

La canine maxillaire participe au désengrènement postérieur des arcades. Selon SLAVICEK elle intervient dans les premiers millimètres car sa surface de glissement offre alors la pente la plus forte de l’arcade.


- La diduction

C’est au cours des mouvements latéraux que l’action des canines est prédominante. Lors des contacts travaillants la pointe cuspidienne de la canine mandibulaire glisse le long de la crête marginale mésiale puis de l’arête mésiale du bord libre de la canine maxillaire provoquant le désengrènement complet de l’hémi-arcade.

Afin d’obtenir un désengrènement immédiat, la pente de la canine maxillaire doit être plus forte que la pente condylienne. Les canines doivent offrir la surface de glissement la plus oblique de l’arcade.

L’efficacité de la protection canine sera obtenue grâce à :

- Un contact inter-canin punctiforme
- Un recouvrement vertical de la canine maxillaire évalué à 5 mm par Mc HORRIS ( de 3,5mm à 6,5mm)
- Un angle inter-canin fermé évalué à 136° par RICKETTS

Entre le schéma de protection canine stricte et la fonction de groupe complète, toutes les situations de rapports inter-dentaires sont possibles. INGERVALL en dénombre 12 chez l’adulte et 24 chez l’enfant.

Cependant, il semble que la protection canine :

- Soit le meilleur moyen de compenser une éventuelle faiblesse de la pente condylienne, qu’elle soit liée au type dolichofacial du sujet, (lNGERVALL) ou à l’existence d’un mouvement de BENNETT important.
- Représente l’unique disposition possible au cours des traitements compor¬tant l’extraction des premières prémolaires uni ou bimaxillaires.


3) BIOMECANIQUE DU RECUL CANIN

3.1 Histologie du déplacement dentaire

« La thérapeutique orthodontique consiste en quelque sorte, à intervenir sur la physiologie de l’os alvéolaire et du desmodonte, en l’orientant sur une voie différente» (BARON).

Si le déplacement des dents est « une grande aventure » (SUEUR), il peut être aussi considéré comme l’exagération des phénomènes permanents de la migration physiologique.

3.2 La migration physiologique

A l’état normal, les dents migrent en direction mésiale.
Les raisons qui provoquent cette migration sont très mal connues, on invoque l’usure proximale des dents due à la mastication, les forces occlusales, musculaires, la poussée mésialante lors de l’éruption des dents postérieures.

Plus récemment, MOSS et PICTON pensent que c’est le raccourcissement progressif des fibres transeptales qui provoquerait ce mouvement.
La face distale de l’alvéole sera globalement en apposition et la face mésiale en résorption.


 La face en apposition

L’apposition est régulière et continue (BARON et GUYOMARD).
On assiste en fait à la minéralisation progressive du desmodonte qui se transforme en os fasciculé.

Cet os fasciculé est remanié en arrière par résorption et remplacé localement par un os lamellaire et parfois haversien du coté endosté.
La largeur desmodontale reste constante grâce à la synthèse de nouvelles fibres dans la zone médiane du ligament.

 La face en résorption

Toute la paroi de l’alvéole n’est pas simultanément en résorption, on peut observer à côté des foyers de résorption, des foyers de repos, en cours d’inversion, en apposition.

Dans les foyers en résorption, les fibres collagènes sont détruites par les ostéoclastes, elles sont reconstituées au cours de la phase d’inversion et enfin ré-incluses dans l’os néoformé lors de la phase d’apposition.

Du côté endosté de la lame cribliforme, on observe une apposition osseuse tendant à maintenir constante l’épaisseur de la paroi de l’alvéole. Il y a un équilibre dans le temps, entre les phénomènes d’apposition et de résorption. C’est l’équilibre physiologique.




4) APPLICATION D’UNE FORCE

Lors de l’application d’une force, cet équilibre est rompu et toutes les réactions tissulaires entrent en jeu pour le rétablir.

4.1 Effets immédiats de l’application d’une force

Dès l’application de la force, un déplacement immédiat est apparent . Il correspond, d’une part, à la compression vasculaire d’un côté, et d’autre part, à la compression du desmodonte sur une face et à son étirement sur l’autre face de l’alvéole. (BARON).

4.2 Effets biologiques à court terme

Le coté en pression :

Le rétrécissement de l’espace desmodontal entraîne une compression du tissu conjonctif ligamentaire et un écrasement vasculaire.

Le manque d’apport métabolique vasculaire d’une part et l’action mécanique elle-même d’autre part vont entraîner une dégénérescence cellulaire. Cette zone sera alors constituée uniquement de fibres collagènes tassées: c’est la zone hyaline (REITAN). L’apparition de la zone hyaline est due à la latence cellulaire. En effet, il faut un certain temps pour que les changements mécaniques induisent les réactions cellulaires visant à recréer un équilibre tissulaire osseux et ligamentaire. Cette zone hyaline sera résorbée et réoccupée par les éléments cellulaires et vasculaires. Le rétablissement de cette zone va entraîner une perte de temps, car le mouvement dentaire ne reprendra que lorsque l’os, faisant face à cette zone, sera totalement détruit (REITAN): c’est la résorption indirecte.

En théorie, selon les travaux de BARON, on pourrait concevoir un déplacement dentaire théra¬peutique, proche de son déplacement physiologique.
Par opposition à la résorption indirecte, la résorption osseuse thérapeutique directe, utilisant des forces douces se rapprochant de celle des phénomènes physiologiques naturels, paraît la plus souhaitable. Les travaux de BARON ainsi que ceux de REITAN sont en accord avec ces conceptions.

Après la phase initiale de différenciation ostéoclasique, l’intensité de la force peut être augmentée de façon progressive. L’idéal est de faire correspondre la vitesse de recul de la canine avec celle de la résorption de l’os afin d’éviter toute nouvelle compres¬sion desmodontale, génératrice de phéno¬mènes de hyalinisation. Pour éviter l’inter¬ruption de l’activité ostéoclasique, il est conseillé d’utiliser des forces continues.

Ces principes ne sont pas admis par PETROVIC, STUTZMANN et SCHAYE qui préconisent l’utilisation de forces légères et intermittentes permettant à la circulation sanguine de reprendre au cours des phases de repos.






Le coté en tension :

Les réactions sont proches de celles observées du coté en pression, mais évidemment, de sens opposé. La traction des fibres périodontales stimule l’apposition osseuse. Elle commence par la formation d’un tissu de transition, l’ostéoïde qui n’est pas résorbable.

4.3 Effets biologiques à long terme

Si l’intensité et la durée d’application de la force ont un rôle important au cours de la période d’adaptation initiale, il est probable, que cette période passée, l’augmentation de l’intensité de la force a peu d’inconvénients (BARON BURSTONE). La seule limite est constituée par le seuil de résorption radiculaire. La résorption du cément est le plus souvent microscopique, elle se produit si on inverse trop vite le type de déplacement. Si une réparation a lieu, on a une formation d’ostéocément au 2/3 marginal de la racine ; s’il n’y a pas de réparation, une résorption apicale va apparaître. Lorsque le cap des réactions initiales et donc des latences cellulaires de division et de différenciation est franchi, il ne faut pas interrompre la force pendant une durée supérieure à la latence de dédifférenciation cellulaire, car cela entraînerait une nouvelle phase initiale avec hyalinisation du côté comprimé.

Pour effectuer un déplacement dentaire dans des conditions optimales, il faut que la force appliquée initialement soit très légère (REITAN) pendant le temps nécessaire à la différenciation des ostéoclastes; la hyalinisation sera ainsi minimum. Une fois le processus d’ostéoclasie mis en marche, on peut augmenter progressivement l’intensité de la force (BARIL) de façon à ce que la vitesse de déplacement soit égale à la vitesse de résorption osseuse; on évite les compressions excessives et donc, les phénomènes de hyalinisation. La force doit être entretenue pour éviter une cessation de l’activité ostéoclastique. Si la force utilisée est intermittente, la phase de repos doit être inférieure au temps de cessation de l’activité ostéoclastique.

Dans nos déplacements thérapeutiques, la vitesse doit être constante, l’accélération nulle, et la distance parcourue, régulièrement croissante (BARON).

4.4 Facteurs influençant le déplacement dentaire provoqué :

Les facteurs principaux sont: les variations de réaction tissulaire individuelles, les modalités d’application de la force, les principes mécaniques utilisés.
Ces facteurs sont très étroitement liés.

Les variations individuelles :

• L’os alvéolaire :

Plus l’os est dense, plus la quantité d’espaces médullaire est réduite, plus le tissu sera difficile à résorber, et plus la hyalinisation sera importante.

• Le tissu fibreux :

Selon les individus, son élasticité est variable et cela provoque une réaction également variable du déplacement dentaire.


• La dent :

Plus les surfaces subissant la pression sont grandes, plus la dent se déplacera facilement, car la hyalinisation sera moindre, étant donné que la force est mieux répartie. Cependant, pour LANGLADE s’appuyant sur les travaux de JARABAK, plus la surface radiculaire est grande, plus la résistance offerte est élevée : c’est donc un problème de dosage de la force par mm².



• L’âge du sujet :

- Chez les adolescents, les tissus péri dentaires sont en cours d’élaboration et on trouve de nombreux espaces médullaires. Dans le ligament jeune, le nombre de cellules conjonctives est important. Ces deux facteurs font que les conditions de déplacement dentaire sont très favorables.

- Chez les adultes, 1’os devient plus dense, riche en fibres, pauvre en éléments cellulaires. Le déplacement dentaire dans l’os alvéolaire, étant lié aux réactions cellulaires, il faut attendre que les éléments cellulaires prolifèrent. Cette prolifération intervient après l’afflux sanguin, provoqué par les forces orthodontiques. Par là même, on obtiendra une hyalinisation initiale, et le phénomène d’apposition-résorption sera plus lent à apparaître que chez l’adolescent. D’autre part, les fibres péri-dentaires ont un délai de réorganisation allongé, ce qui freine le déplacement dentaire.

D’après STUTZMANN, la vitesse de déplacement jusqu’à 50 ou 60 ans serait équivalente à celle observée chez le jeune adulte de 20 à 25 ans. Il semble cependant à AKNIN que les possibilités de réparation tissulaire allant en diminuant avec l’âge, le parodonte vieillissant, il serait préférable d’employer chez l’adulte des forces orthodontiques faibles et continues en accord avec FONTENELLE et MELSEN.

De plus, il ne suffit pas que les forces employées soient légères, il est tout aussi important qu’elles soient bien réparties le long de la racine afin d’éviter des pressions localement exagérées, notamment au niveau de l’apex, susceptibles de provoquer des rhizalyses.

• les rapports occlusaux :

Les interférences cuspidiennes augmentent les forces appliquées sur une dent et donc les pressions sur le ligament. Pour REITAN, les interférences provoquent plus de traumatismes que le traitement lui-même.

4.5 Modalités d’application de la force

Intensité de la force :

L’intensité de la force influe à la fois sur la vitesse du mouvement et le type de mouvement. Les forces légères faciliteront le déplacement en gression.

Les forces lourdes entraîneront plus fréquemment un mouvement de version. JARABAK estime que la force idéale pour obtenir un mouvement de gression est de 2 g à 2,5 g par mm2 de surface radiculaire.

La détermination de la force optimale de recul d’une canine est difficile à réaliser, du fait de la grande diversité des réactions indi¬viduelles, telles que :

- La rigidité de la substance fondamentale intercellulaire
- Le degré de minéralisation et de matura¬tion osseuses
- Le comportement biologique du pério¬donte et de la muqueuse gingivale

D’après OPPENHEIM, la pression idéale est celle qui provoque la prolifération cellulaire sans provoquer la compression du ligament. Il s’agit donc d’une pression égale au maximum, à la pression des capillaires sanguins (25g-30g). Une telle pression permet d’obtenir une prolifération cellulaire sans hyalinisation.

PICTON (in PHILIPPE) a observé une flexion des tables alvéolaires pour des forces supérieures à 50 g et PARFITT (in PHILIPPE) a situé cet effet à partir de 30 g.

Dans la mesure où les forces lourdes entraînent des phénomènes de hyalinisation importants, qui ne se produisent pas avec des forces légères, le déplacement est plus rapide avec ces dernières.
BEGG estime que la force maximale pour reculer une canine est de 300 g. Au-dessus, il pense que la canine se comporte comme une dent d’ancrage, et ce sont les dents postérieures qui se déplacent. ( AKNIN n’a jamais observé ce phénomène.)

Pour HIXON et coll. cette force est de l’ordre de 3 à 4 g / mm2.
BARIL propose une intensité différente pour chaque phase du mouvement. Au stade initial de compression ligamentaire, la force appliquée ne devra pas être douloureuse pour le patient.

Pour TWEED : 500g avec des forces directionnelles
Pour ANDRESEN : 250g
Pour JARABAK : 150g
Pour ISAACSON : 50 à 75g

On admet néanmoins en règle générale que l’on peut employer au cours du recul de la canine une force de 100 g pour la phase initiale, qui peut aller ensuite jusqu’à 150 g lorsque le recul a commencé. AKNIN


Rythme d’application de la force :

 Le rythme d’application de la force peut être :

- Continu et permanent. Il soumet les tissus péridentaires à de longues pério¬des d’activité sans aucun repos, les privant du temps nécessaire à la réorganisation. Le déplacement se fait habituellement dans ce cas par à-coups.
- Continu interrompu. C’est une force qui diminue avec le déplacement qu’elle réalise. Le mouvement dentaire n’est pas ralenti pour autant. Il est plus lent, mais plus régulier pour une force égale au précédent.

- Intermittent. C’est le cas des forces extra-orales ou des appareils mobiles. L’action nocturne de la force est accompagnée d’une récidive diurne qui diminue avec le temps. L’hyalinisation est plus faible avec une telle force malgré des intensités importantes, pouvant atteindre 1 à 3 livres. LANGLADE


 Principes mécaniques utilisés :

Les conditions mécaniques sont susceptibles d’augmenter considérablement la force employée. C’est ainsi que des forces qualifiées de légères, imposent parfois à la dent une pression extrêmement élevée avec bien plus de dommages que les forces dites lourdes.

Une force réellement active par centimètre carré de surface radiculaire pourra être très différente dans un déplacement en version et dans un déplacement en gression. La force s’appliquant dans le cas de la version sur une surface faible, tandis que dans le cas de la gression, la force se répartit sur la surface totale de la racine, (côté pression).

En orthodontie il vaut mieux une force régulière et que le déplacement se fasse régulièrement. Il faut donc des fils avec un rapport charge-flexion le plus bas possible et une charge maximum la plus élevée possible. Il faut donc trouver un compromis.


5) MECANIQUE DU DEPLACEMENT DENTAIRE

Lors de la rétraction canine, il est impératif de contrôler parfaitement l’action mécanique induite par notre appareillage. Nous devons contrôler le système de force utilisé dans les trois sens de l’espace et connaître les effets parasites de nos appareillages.

5.1 LES FORCES

 Définition :

On appelle force toute cause capable de produire ou de modifier le mouvement d’un corps ou de le déformer.

Elle est caractérisée par :

- Sa ligne d’action
- Son sens
- Son intensité
- Son point d’application

Les effets d’une force dépendent à la fois des caractéristiques de la force, du mobile sur lequel elle s’applique et du milieu dans lequel évolue le mobile.



 Centre de Résistance :

Le centre de résistance de la dent (ou barycentre) est le point par lequel on doit faire passer la ligne d’action d’une force pour obtenir un mouvement de translation pure. Sa position dépend de la surface radiculaire, de la hauteur d’os alvéolaire, et de la densité de l’os alvéolaire.
BURSTONE situe ce point à la limite des 40% apicaux de la hauteur radiculaire.


 Moment d’une force :

M=Fxd (g/mm)

L’application d’une force dont la ligne d’action ne passe pas par le centre de résistance engendre un moment de rotation du mobile. Toute force appliquée à un mobile peut se décomposer au centre de résistance en une force et un moment.

 Centre de Rotation :

C’est le point autour duquel tourne la dent si on lui applique une force ayant une ligne d’action qui ne passe pas par son centre de résistance.
Lorsque la force générée par l’appareillage est appliquée sur l’attache, donc, à distance du centre de résistance, la dent se déplace en version (translation + rotation)
Le centre de rotation dépend du système de forces, sa situation n’est pas une propriété de la dent ou du milieu.

 Couple :

C’est un système de deux forces parallèles, de sens opposé, non confondues et de même intensité. Il provoque toujours une rotation de la dent autour de son centre de résistance, quelque soit le lieu de son application.
L’effet du couple dépend de l’intensité des forces et de la distance qui sépare les lignes d’action des forces.
Selon le point d’application de la force, on obtiendra différents mouvements :


Le mouvement de translation pure ou de gression sera le plus souvent recherché.



5.2 LES SITUATIONS D’EQUILIBRE

« Toute action entraîne une réaction égale et opposée » 3ème loi de NEWTON.

Il y a équilibre dans un système quand :

- La somme des forces verticales en présence est nulle.
- La somme des forces horizontales en présence est nulle
- La somme des moments en présence est nulle.

Il existe schématiquement 3 situations d’équilibre :

- Le V symétrique
- Le V asymétrique
- La situation en escalier.


 Le V asymétrique (BURSTONE) ou courbure centrée (MULLIGAN)

La courbure est à égale distance des deux attaches nivelées.
Les couples créés donnent des moments de même amplitude et de sens opposé à chaque extrémité.
Le système est en équilibre sans déploiement de forces.

 Le V asymétrique (BURSTONE) ou courbure décentrée (MULLIGAN)

La courbure est plus proche d’une attache que de l’autre.
Le moment créé dans l’attache la plus proche de la courbure est supérieur à l’autre.
Le système n’est pas en équilibre ; pour qu’il le soit, il faut ajouter une force verticale qui annulera le moment.

 La situation en escalier

Elle comporte deux courbures décentrées à égale distance des deux attaches mais inversées.
Le système n’est pas en équilibre ; pour qu’il le soit, il faut ajouter deux forces verticales égales et opposées.

5.3 LE RAPPORT M/F EN FONCTION DU DEPLACEMENT

Quelque soit la technique, l’appareillage orthodontique doit être capable de délivrer le système de forces nécessaires au déplacement de la dent, et au maintien de l’ancrage tel que l’a prévu le plan de traitement.

Le déplacement des dents dépend des systè¬mes de forces, de la forme des arcs, de la nature de l’alliage servant à confectionner les dispositifs orthodontiques.
L’intensité de la force nécessaire pour obtenir un déplacement est indépendante de l’importance de ce déplacement.

Les fils utilisés sous forme d’arc ou de ressort servent à emmagasiner de l’énergie, qui est restituée en fonction du déplacement désiré.
Ces fils sont soumis à des contraintes de compression de traction, de torsion ou de flexion suivant le type de force ou de moment qui leur sont appliqués.

Le rapport charge/flexion représente la force délivrée en fonction de l’activation c’est-à-dire la force que restitue un arc pour une déformation donnée.
Plus le rapport est faible, plus la force délivrée est faible et plus elle restera constante au cours de la désactivation.
Au cours du traitement orthodontique, il est souhaitable de délivrer une force constante pendant tout le déplacement. Le rapport charge/flexion doit être le plus bas possible.

Le type de mouvement dépend du rapport M/F.
Le rapport sera différent sur les dents d’ancrage et sur les dents à déplacer. Il ne sera pas le même pour une translation, une version coronaire ou un mouvement de racine.

La permanence de ce rapport permet de garder le même centre de rotation pen¬dant le déplacement et d’éviter ainsi les mouvements inutiles, mais le rapport est difficile à conserver car les forces et les moments ne se désactivent pas symétriquement :

- Si le moment diminue plus vite que la force, un mouvement de version distale apparaît
- Si la force diminue plus vite que le moment, l’apex recule plus que la couronne en fin d’activation.

La con¬servation du rapport M/F dépend du type d’arc ou de ressort, autrement dit du type d’al¬liage et de la conformation de l’arc ou du ressort (longueur, section, boucles, courbures d’activation, modifiant le rapport charge/flexion et la charge maximum).

Pour abaisser le rapport charge/flexion, on augmente la longueur du fil en incorporant des boucles ou en utilisant un fil avec un module d’élasticité plus faible.

5.4 LA MECANIQUE DE GLISSEMENT

En même temps que se développent les techniques “d’arcs droits “, les mécaniques de glissement sont plus couramment utilisées.

Ces mécaniques de recul sur arc continu engendrent des forces de frottement ou fric¬tion qui gênent le mouvement dentaire et obligent à utiliser des forces plus lourdes pour vaincre ces frictions.

Les effets de friction sont aggravés en cas de :

- Version corono-distale de la canine pen¬dant la rétraction ;
- Rotation axiale mésio-vestibulaire ;
- Torque actif pendant la rétraction.


A l’origine, ces forces de friction sont pro¬voquées par :

- L’état de surface microscopique et la qualité du polissage des surfaces en pré¬sence. Les fils en acier offrent le minimum de friction. Les fils en alliage nickel-titane et, plus encore en bêta-titanium (T.M.A.) sont moins favorables. Pour DRESHER, la force de frottement absorbe la moitié de la force appliquée si le fil est en acier, et les 5/6 pour un fil en T.M.A. Cependant, le T.M.A. “basse friction” diminuerait ces effets de friction pour se placer au niveau de l’acier.

- Le type de boîtier

Le meilleur glissement est assuré par un boîtier en acier. La céramique augmente le frottement de 30 à 50% selon TANNE.
De nombreux boîtiers ont été modifiés afin de limiter la surface de la gorge en contact avec le fil.

- La forme de l’arc
Les arcs aux bords arrondis facilitent le glissement (arc Speed en forme de D)

- Les ligatures
Le diamètre des ligatures élastomériques ainsi que la section des ligatures métalliques intervient.
Selon BEDNAR, les ligatures en acier légèrement serrées créent moins de friction que des ligatures élastomériques. De plus, ces dernières vieillissent en bouche et se détendent : le glissement n’est pas constant.


6) STRATEGIE THERAPEUTIQUE DU RECUL CANIN

6.1 L’ANCRAGE

Contrôle de l’ancrage :

En biomécanique orthodontique, l’ancrage est la résistance d’un corps au déplacement. L’action engendre la réaction. Lorsqu’un corps se déplace, il est habituel de dire que les forces motrices l’emportent sur les forces résistantes.

En orthodontie les forces de résistance sont de 2 ordres
• La résistance stabile c’est-à-dire le point d’ancrage de la force.
• La résistance mobile : point d’application et résistance de la dent à dépla¬cer.

La résistance stabile peut être constituée par une ou plusieurs dents pour permettre le mouvement dentaire d’une canine. C’est là qu’intervient la notion d’ancrage récipro¬que ou de forces différentielles. C’est la valeur réciproque des résistances qui com¬mande le déplacement suivant le trinôme de De Nevreze.

Trois cas sont possibles :

1) La résistance stabile est égale à la résistance mobile
— si FM < RS + RM pas de déplacement
— si FM > RS + RM déplacement égal et symétrique.

2) La résistance stabile est plus grande que la résistance mobile
— si FM > RS > RM déplacement double et inégal. La résistance mobile se déplace davantage que la résistance stabile.
— si RM < FM < RS déplacement correct désiré.

3) La résistance stabile est plus petite que la résistance mobile
— si FM RS aucun déplacement
— si FM > RS < RM la résistance stabile (la dent d’ancrage) se déplace.

La valeur d’an¬crage d’une dent correspond à sa résistance au mouvement. Cette résistance est propor¬tionnelle à la surface de la racine, ce qui cor¬respond à la « surface » de ligament parodon¬tal qui sera sollicitée par la traction. C’est la pression appliquée par unité de surface qui commande la nature du déplacement de la dent. FREEMAN a établi une moyenne des surfaces radiculaires en millimètres carrés.
JARABAK, en partant de cette notion, a attri¬bué des valeurs guides d’ancrage pour cha¬que dent.


Valeurs guides d’ancrage

Il s’agit de moyennes statistiques : en effet, HIXON et CLARK ont établi que sur un échantillon de 18 canines, leur sur¬face radiculaire varie de 190 mm2 à 345 mm2. La même force de 150 g entraînera une pres¬sion par millimètre carré qui peut varier qua¬siment du simple ou double selon la surface radiculaire.

6.2 LE CHOIX DE L’ANCRAGE

Chaque cas entraîne une stratégie particulière et individualisée de la gestion de l’espace d’extraction des prémolaires en fonction :

- De la DDM
- De la sévérité de la classe II initiale
- De la valeur de l’ancrage
- De la densité osseuse
- Du potentiel et de la direction de croissance du patient
- De sa coopération .


MERRIFIELD distingue :

- Un ancrage minimum
- Un ancrage modéré : une partie seulement de l’espace est utilisé pour le recul des canines et le repositionnement incisif
- Un ancrage maximum : tout l’espace est utilisé pour le recul des canines et le repositionnement incisif
- Un ancrage critique : L’objectif d’obtention de la classe I d’ANGLE étant prioritaire, il pourra y avoir un compromis au niveau du repositionnement de l’incisive inférieure.

L’ancrage peut être de deux types :

- L’ancrage passif : il utilise les valeurs d’ancrage des dents.

La surface moyenne d’une canine maxillaire est de 282 mm2, la surface moyenne d’une canine mandibulaire est de 270 mm2.

Pour FREEMAN la surface radiculaire d’une première molaire est d’environ 500 mm2. Cette surface, pour une seconde molaire est de 450 mm2, et pour une prémo¬laire, de 250 mm2. L’ancrage passif offert par ces trois unités dentaires présente une surface d’en¬viron 1200 mm2 contre 280 mm2 pour une canine. Si ces trois unités dentaires posté¬rieures sont utilisées lors du recul canin, cet “ancrage passif” offre une résistance stabile fiable. Si la force est bien dosée (150 g), l’emploi sup¬plémentaire d’une force extra-orale répon¬drait plus à l’inquiétude du praticien face à la perte d’ancrage qu’au besoin de la mécani¬que de recul de la canine d’après AKNIN.

- L’ancrage actif : il utilise différents moyens mécaniques.

Parmi ces moyens on distingue :

• Les courbures anti version, anti rotation des arcs.
• Les butées ou stop sur les arcs.
• Les ligatures de plusieurs dents pour additionner les valeurs d’ancrage.
• Les élastiques utilisés de façon différentielle pour éviter le déplacement des dents d’ancrage.
• Les arcs palatins, linguaux.
• Les forces extra buccales : pour AKNIN, la règle serait de rechercher la correction de la classe II molaire dès le début du traitement par FEO sur 16 et 26 et de ne commencer la rétraction des canines qu’en fil de section .019’’x.025’’ alors que la supraclusion initiale est corrigée.


6.3 FORCE MOTRICE

La “force motrice” peut être délivrée par différents dispositifs :

 Un ressort en compression de canine à canine, installé sur un arc rectangulaire alors que les incisives ne sont pas baguées;

 Un ressort de PLETCHER, en néo-senta¬loy, accroché d’un côté sur la molaire et de l’autre sur la potence de la canine. Ce ressort délivre une force légère et continue. Il pré¬sente le gros inconvénient d’être volumi¬neux, irritant pour les muqueuses et crée une rétention de la plaque dentaire;

 Des barrettes en “J”: ces barrettes sont apparues dans les années 70 avec l’avène¬ment des forces directionnelles utilisées par MERRIFIELD, et sont directement appli¬quées sur les canines, permettant le recul de ces dents sans solliciter l’ancrage, tout en contrôlant le plan occlusal; la rotation des canines doit cependant être asssurée par une chaînette élastomérique linguale tendue entre molaire et canine ;

 La traction extra-orale: le maintien de l’ancrage molaire est assuré par une traction extra-orale (force extra-orale avec système de sécurité), couplée à un arc facial, alors que la traction de la canine est assurée par une chaînette d’ “Alastik”, tendue entre molaire et canine; un arc transpalatin ren¬force l’ancrage;

 La chaînette élastomérique: elle n’a pas un comportement élastique et biomécani¬que idéal puisque nous pouvons noter d’une part un certain vieillissement, lié à une dégradation des propriétés physiques et chi¬miques, qui se produit dans la salive, et d’au¬tre part une relaxation de ce matériau qui entraîne une diminution de la force pour un allongement constant.

7) BIOMECANIQUE DU RECUL CANIN

La fermeture d’un espace d’extraction nécessite au moins l’application d’une force sur l’attache de la dent à déplacer. Il y a formation d’une force égale et opposée sur la dent d’ancrage. Les dispositifs de rétraction comportent de plus des courbures d’activa¬tion qui rendent le système de forces plus complexe.

Nous allons examiner les conséquences de ces activations d’une part au niveau du centre de résistance de chaque dent, d’autre part sur l’équilibre du système, en ce qui concerne les courbures du deuxième ordre puis du premier.



7.1 DANS LE SENS MESIO DISTAL

a) 1ère situation

Le ressort de rétraction est introduit dans les attaches parallèlement à celles-ci. Si nous supposons la friction nulle le système comporte deux forces pures.
A : molaire B : canine



b) 2ème situation

Pour éviter la version des deux dents, nous devons ajouter au niveau des attaches, des moments inverses aux précédents qui tendront à mésioverser la canine et dïstover¬ser la molaire. Nous allons donc incorporer au ressort des courbures de mésio-version canine
(tip forward) et de distoversion molaire (tip-back)






Si l’on exerce sur une canine une traction distale de 160 g, cette action est exercée sur le boîtier, dont le centre est à une distance de 10 mm du centre de résistance. Cette force donne au centre de résistance un moment de 1600 g/mm. La largeur du boîtier est de 4 mm. Pour annuler ce moment, il faut exer¬cer sur le verrou un couple de direction opposée et de même intensité, soit 1600 g/mm.

On applique donc une force d’égression de 400 g à la partie distale du boîtier et d’in¬gression de 400 g à la partie mésiale du boî¬tier. La largeur du boîtier étant de 4 mm, le couple ainsi créé est de 1600 g/mm. Ce cou¬ple est de même intensité et de direction opposée au moment initialement créé par la force distalante de 160 g.

Grâce à ce couple, seule persiste, appli¬quée au centre de résistance de la canine, cette force distalante de 160 g qui provo¬quera le mouvement de gression recherché.
Le centre de rotation est repoussé à l’infini .






S’il s’agit d’un boîtier monoplot d’un dia¬mètre mésio-distal de 2 mm (au lieu d’un diamètre de 4 mm pour un boîtier siamois) la force du couple, pour compenser le moment de version de 1600 g/mm, ne doit plus être de 400 g mais de 800 g. La friction sera alors augmentée dans les mécaniques de glissement.


7.2 DANS LE SENS VESTIBULO LINGUAL

Dans le sens vestibulo-lingual, le point d’application de la force distalante est situé vestibulairement par rapport au centre de résistance, et provoque une rotation axiale mésio-vestibulaire de la canine.




La création d’un couple dont l’action sur le centre de résistance provoque une rota¬tion mésio-linguale de la canine permet de maîtriser ce mouvement parasite. Le fond de la gorge du boîtier est situé à 5 mm de l’axe central de la canine, où est localisé le centre de résistance.



Une force de 160 g, exercée sur le boîtier, crée un moment de 800 g/mm (160 g x 5 mm), qui entraîne la rotation axiale mésio-vestibulaire de la canine.

Afin d’annuler cet effet parasite, il faut exercer un couple au niveau du boîtier, de direction opposée et de même intensité. On applique donc sur le côté mésial du boîtier (de 4 mm) une force horizontale de rotation mésio-linguale de 200 g, et sur le côté distal du boîtier une force de rotation disto-vesti¬bulaire de 200 g. Le couple ainsi créé est éva¬lué à 800 g/mm (200 g x 4 mm); il annule le moment parasite de 800 g/mm créé par la force distalante. Le “toe-in” effectué sur le ressort rétracteur crée ce couple, qui permet d’annuler cet effet de rotation .





Il est classique de coller sur la canine reculée un bouton lingual sur lequel on accroche une chaînette élastomérique pour annuler l’effet parasite de rotation, ce qui a comme inconvénient de solliciter l’an¬crage.

D’autre part, la force de traction linguale doit être égale à la force de traction vestibu¬laire et la somme de ces deux forces ne doit pas dépasser 150 à 160 g.
Pour éviter les rotations, nous pouvons incorporer au ressort des courbures de rotation mésio-linguale de la canine et disto-linguale de la molaire (toe-in).


8) DIFFERENTS APPAREILLAGES

8.1 TECHNIQUES AMOVIBLES

a) Plaques :

Elles ne sont plus utilisées car elles ne permettent pas de faire de mouvements de gression.

b) FEO :

Le recul des canines à l’aide de forces extra orales semble être une technique en voie de disparition.



8.2 TECHNIQUES FIXES

a-Rétraction canine en techniques segmentées :

Les arcs sectionnels délivrent des forces discontinues. Ces arcs comportent des boucles de fermeture.

Les arcs sectionnels de rétraction canine sont des portions d’arc allant de la canine
à la molaire d’ancrage. Cela nécessite:

- Un contrôle excellent de l’ancrage molaire
- Des courbures de compensation particulières à réaliser au moment de l’exécution des arcs sectionnels (pour contrôler le mouvement dentaire dans les trois sens de l’espace)
Cela limite la friction.

En technique EDGEWISE :

Le sectionnel de rétraction canine est réalisé en fil rectangulaire .017x.025. Il comprendra les déformations suivantes :

• courbures de 1er ordre

- Un offset en avant du tube molaire qui permet de placer la dent d’ancrage dans un plan plus vestibulaire que la deuxième prémolaire
- Un “toe in” molaire, pour éviter une rotation disto-vestibulaire de la molaire et la vestibuloversion canine.
- Une courbure anti-rotation canine, pour éviter une rotation mésio-vestibulaire de la canine.

Si en dépit de cette courbure anti rotation, un mouvement mésio-vestibulaire de la canine se produit, il sera possible de tendre une chaînette élastomérique entre les boutons soudés sur les faces palatines de la molaire et de la canine.

• courbures de 2ème ordre

- Une boucle oméga distante de 1,5 à 2 mm du bord mésial du tube molaire (elle peut être remplacée par un crochet de laiton soudé sur l’arc).
- Une boucle verticale fermée à la base à direction gingivale, située au milieu de l’espace d’extraction de la prémolaire. Il est préférable que la boucle travaille en se déroulant, il faut donc réaliser une boucle croisée.
- Une plicature à angle droit constituant un blocage à la partie antérieure du verrou de la canine.

Le sectionnel présente également un “tip back” molaire et un “tip forward” canin, pour éviter la mésio-version coronaire de la molaire et la disto-version coronaire de la canine.

• courbures de 3ème ordre

- Un torque anatomique passif progressif en arrière de la canine (corono-lingual)
- Si nécessaire un torque actif, notamment dans la région canine, en fonction de son orientation.


• ancrage

La distalisation des canines par arcs sectionnels, nécessite un contrôle rigoureux de l’ancrage. Des auxiliaires de traitement, comme l’arc de NANCE ou l’arc de GOSHGARIAN sont utilisés afin d’éviter toute perte d’ancrage antéro-postérieure ou transversale.
Dans les cas d’ancrage maximum, une FEO doit être portée 12 heures/jour.


• activation du sectionnel

L’arc est mis en place : la boucle doit être située au milieu du site d’extraction. La canine est ligaturée en premier, puis on pousse la boucle oméga vers le tube molaire et on ligature la molaire de façon à ce que la “bull-loop” s’entre-ouvre de 1 à 1,5 mm.
La dent se déplaçant progressivement, la boucle de rétraction se désactive, la force exercée devient nulle.
Le sectionnel doit-être réactivé toutes les 3 à 4 semaines.


En technique bioprogressive de RICKETTS :

• généralités

La technique de RICKETTS est une technique segmentée qui utilise des forces légères et continues. La particularité de cette technique est qu’elle utilise un fil carré .016 x 016 en ELGILOY BLEU. C’est un fil demi mou, élastique, facile à travailler, non traité thermiquement, produisant des forces légères . Actuellement on utilise plus volontiers du fil en TMA.

Propriétés des forces légères
Les forces exercées sont relativement constantes. Le fil est fortement fléchi, lorsqu’il se redresse, il entraîne la dent qui lui est attachée sur une grande distance ce qui permet d’espacer le nombre d’activations.


• L’ancrage

Dans cette technique, le contrôle de l’ancrage est assuré par des auxiliaires :

- Un arc de base : il est appliqué sur la région incisive, en prenant appui sur la molaire, sur laquelle un tip-back, un toe-in, et un torque radiculo-vestibulaire ont été donnés.
- Un arc de NANCE
- Un arc de GOSHGARIAN
- Une FEO

• la rétraction

Les rétracteurs de canines sont des segments d’arcs faits en Elgiloy bleu .016x.016 comportant une boucle fermée, placée distalernent à la canine, au milieu du site d’extraction.
La boucle doit être vestibulaire par rapport à la partie du fil ajusté dans l’attache canine.
Pour tous ces dispositifs de rétraction, toutes les courbures d’activation devront être incluses et l’activation elle-même devra être douce et peu fréquente (toutes les 6 semaines environ)

La forme de préactivation du rétracteur supérieur dépend de la position de la canine en vue occlusale et vestibulaire

- Si la canine est normalement placée sur l’arcade, il faudra une courbure antirotation de 45° avec une courbure anti-extrusion de 45° supérieur et inférieur et le segment d’arc antérieur est recourbé lingualement.
Le verrou de la canine supérieure possède un torque de 7°, ce qui évite à l’apex de la dent de se loger dans la corticale externe.

- Si la canine est en infra-vestibulo-position, il faudra une courbure anti-rotation de 60° parfois plus.

Par contre la courbure anti-extrusion antérieure et postérieure sera supprimée.

Lors de sa mise en place, le sectionnel n’est pas activé. Pendant 3-4 semaines, seuls les courbures anti-rotation et anti-extrusion vont être actives. Ensuite les activations peuvent-être espacées de 4 à 8 semaines.

A chaque activation, le sectionnel sera déposé remis en forme avant d’être activé, ceci afin d’éviter l’apparition de mouvements parasites.
Du fait de la présence de la courbure anti-rotation, il est inutile d’équilibrer le sectionnel du coté lingual par une chaînette élastomérique.

Comme moyen d’ancrage Ricketts utilise des appareils accessoires tels que FEO et arc palatin de Nance. Toutefois la philosophie de l’ancrage de Ricketts ne se borne pas à faire intervenir des actions purement mécaniques. Les courbures imprimées aux extrémités distales de l’arc de base, en l’occurrence le tip back (45°) et le toe-in (2O°) auxquelles s’ajoutera un mouvement de torque progressif corono-lingual sont destinées à verser la molaire distalement et surtout lingualement de façon à ce que les apex situés viennent se loger dans le corticale vestibulaire dense.

Il s’avère que les apex situés dans ces zones osseuses denses sont difficiles à déplacer. Ricketts a donc basé son ancrage sur cette propriété.



• cas particuliers

- Si le vestibule est peu profond, on pourra employer à l’arcade supérieure des rétracteurs inférieurs (en plaçant à droite le rétracteur inférieur gauche).
- Dans le cas de canines en vestibulo-position, la boucle du rétracteur qui est externe par rapport au segment d’arc blessera la face interne de la joue. On peut alors utiliser pour le côté droit un rétracteur de gauche et inversement, la position de la boucle sera plus favorable.

Par la suite, quand la vestibulo-position sera atténuée, le rétracteur devra être remplacé par celui du côté correspondant.
On peut également faire un décrochement en baïonnette, juste devant la boucle pour qu’elle soit interne par rapport à l’extrémité de l’arc ajusté dans le verrou de la canine.

- Dans les cas exceptionnels, on mettra un segment d’arc rectiligne et une chaînette “élastomérique” placée du coté lingual et du coté vestibulaire.

Avantages :

- Pas de bagues antérieures
- Contrôle rigoureux du mouvement dentaire
- Absence de friction car technique segmentée
- Recul rapide de la canine ne nécessitant aucune coopération du patient.

Inconvénients :

- Il faut être vigilant au niveau largeur canine (mettre assez de courbure anti-rotation)
- Attention à l’égression
- Augmenter le toe-in au niveau molaire, ne permet pas une maîtrise de l’ensemble de l’arcade : en cas de vestibulo-version de la canine il y a perte de la forme d’arcade.
- Blessures possiblesde la muqueuse dues au volume de la boucle.


Technique d’arc segmenté de BURSTONE :

L’arcade est divisée en trois secteurs ou segments indépendants :
- Un antérieur (de canine à canine),
- Deux latéraux reliés par un arc palatin

Un appareillage remplira une fonction passive pendant que l’autre remplira une fonction active.

• L’ancrage

Il est contrôlé dans le sens antéroposterieur, par une FEO; dans le sens
transversal, par un arc transpalatin qui relie les deux secteurs latéraux.

• La rétraction

La rétraction de la canine se fera:
- soit en masse avec tout le secteur antérieur
- soit individuellement (BOURGOIN et GAUMONT)


Rétraction individuelle :

En cas d’encombrement antérieur, on doit souvent créer de l’espace en procédant à une rétraction canine individuelle.

On doit dans ce cas utiliser les mêmes objectifs individuels que pour la rétraction
antérieure et avoir les mêmes impératifs concernant l’ancrage :

- si l’ancrage doit être préservé, version contrôlée de la canine
- si l’ancrage n’est pas un problème majeur, translation de la canine.

Le recul des canines en mésio et vestibulo-position est effectué par un ressort préfabriqué, engagé dans le tube auxiliaire de l’unité postérieure et dans le verrou de la canine.


La canine n’est pas solidarisée à l’unité antérieure par un arc continu. Le ressort de rétraction est formé à partir d’une boucle en T en fil rond .018 TMA soudée à un arc de base en .017x.025 TMA.
Les étapes de préactivation sont les mêmes que pour la fermeture d’espace en masse et des courbures antirotation sont placées.
La distance intercanine devra être conservée en courbant lingualement le ressort.

Rétraction antérieure en masse :

Les ressorts de rétraction possèdent trois caractéristiques importantes :

- le moment antérieur exercé par le ressort
- le moment postérieur exercé par le ressort
- la force horizontale produite

Le ressort est solidarisé ou soudé à l’arc de base.



L’activation distale de ce ressort est de 6 mm lors de l’activation complète produisant une force de 200 g.
Les déformations sont incorporées. Une hypercourbure est tout d’abord réalisée puis on procède à une activation d’essai.


L’activation béta est de 30 à 35°. L’activation alpha est de 110°.



Le ressort rétracteur de racine incorpore des moments sur les dents, le centre de rotation étant situé au niveau des boîtiers. Les moments nécessaires pour obtenir ce mouvement, sont de l’ordre de 2400 à2500 gr/mm. Deux problèmes particuliers peuvent apparaître :
- une rotation de la canine. Il faut alors ligaturer la dent cotés vestibulaire et lingual.
- une perte d’ancrage. Il faut associer une force extra orale.

b-rétraction canine sur arcs continus :
Techniques EDGEWISE


En technique Edgewise, les arcs rectangulaires, rigides, utilisés, induisent des forces lourdes qui sont appliquées à un rythme continu, mais intermittent; elles sont importantes lors des activations, mais diminuent rapidement avec le déplacement qu’elles induisent.


• Avantages :

- Bon contrôle de la longueur d’arcade.
- Déplacement rectiligne, parallèlement à son axe (gression) sous réserve de l’incorporation de ligatures anti-rotation et de courbures de compensation.
- Bon contrôle de l’ancrage. La perte d’ancrage, si elle n’est pas souhaitable, peut être évitée par l’utilisation d’élastiques inter maxillaires de classe II dont l’accrochage supérieur se fait mésialement à la deuxième prémolaire
- D’une force extra-orale maxillaire.


La mécanique utilisée fait appel à un arc continu et à des ressorts. Sur un arc continu, on fait glisser la canine en utilisant deux types de ressorts :

- Des ressorts à spires fermées, placés distalement à la canine, ils travaillent en traction.
- Des ressorts à spires ouvertes, placés mésialement à la canine, ils travaillent en compression.

• dispositifs utilisés

-L’arc :

Il s’agit d’un arc continu, idéal, ce qui suppose un nivellement et une mise à plat préalable de l’arcade. Il comportera en outre des boucles oméga, en butée contre l’entrée des tubes molaires, ce qui permettra de le solidariser aux molaires en ligaturant ces dents aux omégas.
Il est en fil rectangulaire, de section .018x.025.On lui donnera les déformations classiques de premier, deuxième et troisième ordre. Un polissage électrolytique réduira légèrement sa section de façon à diminuer les frictions.


-Les ressorts :

~ travaillant en extension. Le ressort de type PLETCHER

C’est un ressort de traction à spires jointives (fermées) comportant une boucle à chacune de ses extrémités. Il est tendu d’un crochet soudé au niveau de la canine (placé gingivalement), à un crochet soudé sur la bague molaire. L’accrochage de ce ressort se fait sur la face vestibulaire des dents.

Un arc continu guide le mouvement distal de la canine. L’activation du ressort va exercer sur la molaire d’ancrage une force mésialante. Une traction extra-orale devra être appliquée si l’on désire renforcer l’ancrage.
La force distalante provoque une rotation axiale de la canine. Elle sera neutralisée par l’adjonction d’une traction élastique tendue, lingualement, de la canine à la molaire.

Dans le plan antéropostérieur, la force distalante induit au niveau du centre de résistance de la dent un moment de rotation corono-distal (M). L’arc par réaction induit un moment inverse
(M 1). Si l’arc n’est pas suffisamment rigide, M 1 sera inférieur à M, l’arc se déformera, le déplacement de la canine sera alors une version corono distale. D’où la nécessité de rendre l’arc capable de résister aux déformations, on dispose de deux moyens:

1) le soumettre à un traitement thermique,
2) ou utiliser un arc lourd, ce qui n’est pas sans inconvénient car les forces de friction sont alors maximum, et impose alors d’utiliser des forces de traction plus lourdes. On pourra effectuer une réduction électrolytique de l’arc au niveau de la canine et en arrière d’elle.

~ Ressorts travaillant en compression

- Ressorts réciproques
Le ressort coulissant librement sur l’arc est comprimé entre les verrous des canines droite et gauche, exerçant ainsi une action distalante réciproque sur les deux dents.
Cela suppose que les dents de la région incisive ne soient pas baguées. Pour que le recul des canines se produise, il faut que l’arc remplisse deux conditions:
- Etre ligaturé sur les tubes vestibulaires des molaires d’ancrage afin de maintenir le ressort comprimé.
- Ne pas être trop ajusté dans les verrous pour permettre aux dents de coulisser sur celui-ci en se distalant.

Comme avec le ressort de type PLETCHER, la force distalante provoque une rotation axiale de la canine et si l’arc n’est pas suffisamment rigide, une version corono-distale.
Une nouvelle génération de ressorts utilisent les propriétés du NiTi; ils exercent des forces légères et continues. Leur désactivation est lente et progressive.

- Ressorts en compression sur la face mésiale de la canine

Le déplacement de la canine est guidé par un arc continu comportant des boucles oméga en butée contre l’entrée des tubes molaires. Le ressort est maintenu en compresion par une ligature attachée à l’oméga, lequel est lui-même ligaturé à la molaire. Après l’activation, le ressort comprimé se détend, exerçant une force distalante sur la canine.

Cette méthode permet un bon contrôle de la longueur d’arcade.
La canine peut se déplacer en gression sous réserve de l’incorporation de ligatures anti-rotation et de courbures de compensation.
La perte d’ancrage peut être évitée au maxillaire par le port d’une FEO.


-Les chaînettes élastomériques :

La rétraction canine peut-être réalisée par l’intermédiaire de chaînettes élastomériques tendues de la canine à la molaire.

Pour neutraliser la rotation mésio-vestibulaire de la canine, une chaînette élastomérique doit être mise en place de la face linguale de la canine à la face linguale de la molaire.

Un arc continu va servir de rail au déplacement de la canine. Il peut-être exécuté en fil rond ou en fil rectangulaire. Dans le dernier cas l’arc devra être réduit électrolytiquement dans la région des canines afin de diminuer les forces de frottement, et ainsi faciliter la rétraction.
Des courbures de compensation peuvent-être incorporées à l’arc dans le but de neutraliser la composante de version corono-distale de la canine.

Dans la mesure où le système est suffisamment rigide, où l’arc comporte des courbures de compensation, où la chaînette linguale est en place, la canine peut être déplacée en gression.
L’activation de la chaînette se fait toutes les trois semaines.
Le plus gros défaut : l’hygiène est difficile.

Technique de TWEED

-Utilisation des forces directionnelles :

Le recul canin est commencé lors de la première phase de traitement: la phase de préparation de la denture. La rétraction canine et le nivellement des arcades peuvent être commences simultanément.

Il s’effectue à l’aide de forces extra-orales directement appliquées sur la dent à distaler, par l’intermédiaire de barrettes en forme de crochet, s’insérant sur un arc ligaturé aux dents d’une arcade entièrement baguée. L’ensemble de ces forces et des mécaniques auxiliaires, parfaitement contrôlées en intensité et en direction, permettent le contrôle du mouvement dentaire dans les trois sens de l’espace. DECOSSE HORN

• Description :

Les forces extra-orales utilisées dans la technique des forces directionnelles sont
de type antéropostérieur. Elles comprennent trois éléments :

- Un ancrage extra-oral postérieur qui détermine la direction de traction.
- Un élément de transfert de la force extra-orale à son point d’application intra¬oral, la barrette de WHITMAN ou” J H00K “, une droite et une gauche.
- La force extra-orale elle-même.

- l’ancrage :

L’utilisation des forces directionnelles est particulièrement indiquée pour rétracter les canines dans les cas d’ancrage maximum. Le principe mécanique de base repose sur la notion « d’ancrage réciproque » : toutes les dents sont baguées et chacune sert d’ancrage à sa voisine. Au niveau des molaires, sont réalisés des tip back et toe-in pour s’opposer à leur version mésiale (perte d’ancrage) et à leur rotation disto vestibulaire.

- la force extra-orale :

La force extra-orale proprement dite est délivrée par la mise en tension de deux élastiques tendus entre les crochets du casque et les crochets distaux de chaque barrette. Trois type de traction extra-orale sont disponibles. Leur direction varie dans. le plan sagittal en fonction de leur inclinaison par rapport au plan d’occlusion

* Horizontale, ou straight-pull ( 5° au dessus du plan d’occlusion). Réservée au recul canin mandibulaire.
* Basse, ou low-pull ( 20° au dessus du plan d’occlusion). Réservée au recul canin maxillaire avec infraclusion antérieure, les canines mandibulaires étant alors prises en charge par une traction haute.
*Haute, ou high-pull (40° au dessus du plan d’occlusion). Réservée au recul canin maxillaire avec supraclusion antérieure.

Pour une force de même intensité, les composantes horizontales, passant par le plan d’occlusion, varient avec la direction de traction. Plus celle-ci diverge du plan d’occlusion, plus la composante horizontale sera faible et plus la composante verticale sera importante. La variabilité dans le sens et l’intensité de cette dernière permet de choisir le casque le mieux adapté à chaque phase thérapeutique. A chacune de ces tractions correspond un type de casque extra-oral.

Techniques de BEGG

Dans les traitements avec extractions, le recule des canines ne représente pas une phase distincte : les incisives sont reculées en même temps que les canines.

• forces utilisées :

Ce sont des forces légères effectuées à l’aide d’élastiques intermaxillaires puis intramaxillaires.


• l’ancrage :

L’ancrage est réalisé au moyen de courbures d’ancrage (type tip-back) destinées à disto-verser les molaires pour leur permettre de résister au déplacement mésial.

• le mouvement effectué est une version.

Le « STRAIGHT WIRE APPLIANCE » d’ANDREWS :

L’attache canine est différente dans les cas avec ou sans extractions :
- sans extraction : angulation anti-version de 11°
- avec extractions : angulation anti-version et courbure anti-rotation

• cas sans extraction :
- port d’une FEO
- recul à l’aide d’élastiques de classe II

• cas avec extractions :
- distalage par ressort hélicoïdal ou chaînette élastomérique ou ligature de BENNETT


- port possible d’élastiques de classe II

Le « LEVEL ANCHORAGE SYSTEM” de ROOT:

Les canines supérieures sont reculées en même temps que les incisives par un ressort hélicoïdal tendu du crochet mésial de la molaire au crochet mésial de la canine, des élastiques de classe II étant appliqués sur ce même crochet.


« Technique VARI SIMPLEX » d’ALEXANDER :

Après une phase de nivellement sur un arc en fil torsadé rond ou un fil tressé rectangulaire, un arc rond .016 Respond sur lequel on a fait des omégas 1 ou 2 mm en avant des tubes molaires est mis en place. A ce stade, on amorce la réfraction des canines à l’aide d’une chaînette” élastique “. Un segment de trois modules est utilisé.
Un module est posé autour du tube double de la première molaire, un autre passe au-dessus de l’attache de la prémolaire et le troisième est tendu jusqu’à la canine.
Les chaînettes sont changées une fois toutes les cinq semaines. La traction peut être réalisée en l’espace de trois rendez-vous à cinq semaines d’intervalle. On constate parfois un mouvement de version ou de rotation des canines pendant leur mobilisation distale. Il faut veiller à ce que l’arc rond ne se dégage pas des attaches canines pour éviter ces mouvements indésirables.
Le cas échéant, il est indispensable de ligaturer complètement à ce niveau avant la mise en place des chaînettes. Cette ligature aidera la canine à reprendre sa position normale. Si, une fois les canines tractées, il subsiste quelques versions ou rotations, elles sont facilement corrigées en laissant le fil .016 en place, le temps d’un rendez¬-vous supplémentaire. Le fil est introduit à fond dans la lumière de l’attache et ligaturé. La canine est ligaturée en huit avec la prémolaire et la molaire.

Techniques linguales

Dans un cas d’encombrement important, il n’est pas toujours possible de coller sur les canines une attache linguale. ALEXANDER et coll conseillent alors de coller un bouton vestibulaire transparent sur la canine et de la distaler légèrement avec un élastique de molaire à canine jusqu’à pouvoir coller en lingual.
PAIGE préfère un demi-cleat-lug dans la résine et collé distalement sur la face vestibulaire, la canine étant distalée avec un élastique de classe II très léger. Une fois l’attache mise en place les systèmes habituels de rétraction peuvent être utilisés. PAIGE préconise la rétraction par élastiques de classe II (placés par le patient) ou par une chaînette fixe sur le fil australien .016 ou .018.
Dans certains cas, il emploie un fil élastique tendu entre l’enroulement de l’arc et la canine.
KELLY utilise des élastiques classe II et des forces directionnelles.

Pour tous ces auteurs, des précautions d’ancrage sont prises en fonction de ce qui est désiré ( arc transpalatin, et/ou force extra orale).
*Le recul est fait par l’emploi de forces directionnelles (en l’absence de force extra buccale au niveau des 1ère molaires). Le J Hook étant inséré lingualement et mésialement à la canine sur un arc .017x.022 suffisamment rigide pour éviter les versions.
*Le segment antérieur peut être reculé en bloc avec forces directionnelles reliées à une gouttière en résine acrylique transparente allant de canine à canine.
*Ce recul pourra également se faire sur fil d’acier .016x.022, les secteurs postérieurs étant ligaturés pour former une unité d’ancrage.

Les canines seront reculées par une chaînette d’élastomère tendue du crochet boule de la canine à la dent la plus mésiale du secteur postérieur. En cas de version canine , des ressorts de redressement seront utilisés. Ce redressement pourra également se faire par des arcs plus lourds (en T.M.A. par exemple).

FONTENELLE effectue la rétraction des canines après l’extraction des premières prémolaires. Suivant les principes de BURSTONE, il réalise un appareillage passif
- pour l’unité antérieure, un arc transpalatin en nickel chrome collé aux canines sur leur face palatine,
- pour l’unité postérieure, deux attelles collées sur les 15, 16, 17 et 25, 26, 27, ces attelles comprenant sur la face linguale de 16 et 26 des attachements permettant d’engager depuis le distal un arc transpalatin collé.

L’appareillage passif porte en extension une prémolaire postiche placée dans l’espace d’extraction qui sera meulée en fonction du recul canin. Cet appareillage passif lingual est invisible extérieurement.
L’appareillage actif est constitué par un ressort à boudin enfilé dans un tube solidarisé par construction, à la barre transpalatine postérieure. Un crochet en fil .014 soudé à une extrémité du ressort, permet de l’accrocher à l’unité antérieure. La force appliquée passe par le centre de résistance de l’unité antérieure et postérieure. FONTENELLE obtient donc un mouvement de gression.



9) CONCLUSION

Les techniques de recul canin sont nombreuses mais toutes obéissent à un même objectif : mettre les canines en classe I. De plus, des axes radiculaires corrects devront être obtenus.
La gestion de l’ancrage sera une des parties importantes de la stratégie de traitement. D’après AKNIN, il faut parfois privilégier la classe I canine aux détriments du repositionnement incisif inférieur.



BIBLIOGRAPHIE :


AKNIN JJ. Le recul des canines. Rev Orthop Dento Faciale.n°29:441-458,1995

BERY A. CANAL P. La canine permanente en orthodontie ; Rapport SFODF. Orthod Fr
vol 55,1984.

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