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Un cas tastrophique
Tout commence par une reprise de traitement, aprés "interception" d'un autre praticien. La patiente a 16 ans et bien l'intention d'en finir avec son sourire disgracieux. Ca tombe bien moi aussi, et en plus je suis dans une forme intellectuelle redoutable.
Le cas en images
La patiente m'a apporté les documents de départ. Comme d'habitude je ne regarde pas les documents en question en me disant que je m'y pencherai avec un nouveau bilan.
Nouvelles photos, nouvelles radios et nouvelles empreintes:

La déviation du menton est perceptible, et la photo du sourire ne sert à rien, car on n'y voit rien (elle est nulle).
Un petit étage inférieur qui contraste avec l'angulation de sa mandibule, Une classe III squelettique plutot par rétromaxillie avec une latérognathie.
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La 36 n'est pas vraiment en forme

Classe II molaire d'un coté, Full classe III de l'autre
Jettons un oeil aux moulages:

Mmhhh, il y a un encombrement antérieur mais le palais me semble déja large. Il ne manque pas grand chose comme place en bas pour avoir un alignement. Je me dis bien qu'il y a un truc qui ne va pas la dedans mais je ne saurais dire quoi.
Sur ce je reprends les anciens modéles:

En voyant le moulage maxillaire on comprend l'interception qui a été faite (vous savez, la petite vis qu'on tourne plusieurs fois par jour). Au départ donc une insuffisance du prémaxillaire traitée par disjonction, forcément ça fait de la place.

Plan de traitement
Mais comment rattrapper une disjonction euh... inappropriée? Comment traiter cette insuffisance du prémaxillaire?
16 ans, je pense alors qu'elle a quasiment fini sa croissance, donc je range le Delaire et je me dis qu'avec un profil aussi disgracieux un passage au bloc ne sera pas de trop. Les parents sont prévenus.
Vu la tête de la 36 et le fait que la 46 soit traitée, mon choix se porte sur l'extraction des 16, 26, 36, 46, pour diminuer le diamétre transversal et délester le prémaxillaire de sa fonction de vitrine à dents. Les 8 étant présentes, il y aura le compte à l'arrivée.
En pensant extraction des 6 je me dis que peut être, avec un secret espoir, en biomécanicien de l'espace, je résoudrai tout seul la classe III et du coup je serais un super héros auprés des parents même si le profil est disgracieux. A l'arrivée, ce qui compte, non de non c'est la sainte classe I.
Ce qui était stupide vous en conviendrez, les incisives migrant trés mal d'un coté à l'autre de la symphyse.

Aprés 4 mois de nivellement et un recul par sectionnel coté droit on arrive à cela:

Je commmence à enfiler ma cape et mon collant...
La ou je me plantais ce n'est pas dans le fait que je sois un super héros mais c'est de penser que la croissance était terminée. 2 mois plus tard, même en ayant augmenté le torque pour faire passer les centrales:

Regardons dans le même temps, l'évolution du maxillaire (mon miroir intrabuccal était un peu court pour la taille éléphantesque du maxillaire)

En fin de préparation (22 mois quand même), et encore quelque diastèmes que je me garde pour la déconne..

Je vais donc insérer, avec délicatesse, dans mes bracketts Ice pas du tout fragiles, mon arc chirurgical acier fait sur mesures.

La prochaine fois je souderais les pitons directement en bouche...
La chirurgie
La patiente a alors 18 ans, et une chirurgie de Lefort 1 avec ostéotomie de recul mandibulaire est effectuée:

Une gouttière de repositionnement postchirurgicale est mise en place. Une autre a été utilisé en perchirurgicale pour permettre un positionnement idéal du maxillaire lors du Lefort.

Fin de traitement
Résultats 6 mois plus tard le jour de la dépose.



Le problème de surdimensionnement transversal est réglé.
L'histoire pourrait se terminer idéalement (vu l'endroit d'où l'on partait, car tout n'est pas parfait) si les 18 et 28 n'avaient du être extraites en cours de chirurgie.
Encore un aléa...
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